logo
140227SerignanDowns
  AGENDA CRITIQUES  
RECHERCHER


ART | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image Jan Fabre
L’Ange de la métamorphose
11 avril-07 juil. 2008
Paris 1er. Musée du Louvre
S'infiltrant dans la collection des Ecoles du nord du Louvre, Jan Fabre se confronte à l'histoire  et traverse la distance qui le sépare de ses prédécesseurs, pour tracer un chemin marqué par la mort et la métamorphose.  
fleche suivante1/1
Par Julia Peker

Les «Contrepoints» organisés par le Musée du Louvre proposent de vastes parcours dans le dédale des collections permanentes, infiltrées d'œuvres contemporaines, chamboulées dans leur ordre et leur dialogue traditionnels. Après avoir invité en 2007 Sarkis, Anselm Kiefer, Christian Milovanoff, et onze artistes dans le département des sculptures, le Louvre laisse à Jan Fabre l'initiative de tisser un fil d'Ariane, dans les salles de peinture consacrées aux Ecoles du Nord.

A l'entrée de l'immense collection, une installation déconcertante brise le tabou de la distance conventionnelle, qu'est tenu de respecter le spectateur face à l'œuvre : un petit homme vêtu d'un pardessus se casse littéralement le nez sur un tableau d'un de ses lointains prédécesseurs, Rogier Van der Weyden, et se vide lentement de son sang.
En s'approchant, on reconnaît la silhouette et le profil de Jan Fabre, représenté en nain, mais d'un réalisme troublant. A se tenir trop loin de l'œuvre, on la fige dans une histoire momifiée par la révérence, mais à se placer trop près et à vouloir s'imprégner d'elle, on se vide de soi-même. Je me vide de moi-même est le titre de cette installation inaugurale : l'abandon sans réserve à l'œuvre et la confrontation immédiate sont ainsi laissées à la porte du parcours, au double titre de préambule sacrificiel et d'écueil violent.

Jan Fabre n'en est pas à sa première expérience d'immersion au cœur de collections historiques : en 2006, le Musée royal des beaux-arts d'Anvers l'avait invité à tracer un parcours analogue.
Dessinateur et plasticien, Jan Fabre est également homme de théâtre et chorégraphe. «Contrepoint» met à contribution toutes ces facettes de l'artiste : ses œuvres sont insérées dans le corps des collections selon une dramaturgie toute théâtrale. La présence presque imperceptible de petits objets et de dessins discrets rivalisent ainsi d'effets avec la mise en scène spectaculaire de grandes sculptures, brillant de mille feux.

L'installation finale est une véritable apothéose : dans la salle Rubens dédiée à Marie de Médicis, gigantesque galerie de peintures monumentales, Jan Fabre a déployé une centaine de pierres tombales chaotiques. Sur les stèles, des noms d'insectes en lieu et place des personnalités qu'ils invoquent sans les nommer, et pour seul indice, leurs dates de naissance et de mort, au milieu desquelles figurent celles de Marcel Duchamp ou Jean-Paul Sartre. Se glissant entre les pierres, un immense verre de terre au visage de l'artiste ondule et profère en flamand : «Je veux sortir ma tête du nœud coulant de l'histoire».

La mort marque l'entrée et la sortie de ce parcours tracé dans l'histoire de la peinture flamande. Entre les deux, Jan Fabre se prête à des combats de chevalier et des méditations philosophiques, se représente en petit bagarreur, en perroquet nain, ou en joker de carnaval, dessine au bic et aux traces de sperme. Une figure se répète en miroir : celui des élytres chatoyants du scarabée, insecte fétiche de l'artiste, symbole d'éternité et d'une beauté pullulante.

Gisants, vanités, reliquaires, Jan Fabre s'approprie le motif de la mort pour s'inscrire dans l'histoire, travaille en elle la part de purulence et vitalité, traverse nœuds coulants et bain de sang, et propose ainsi la plus radicale des métamorphoses, celle arrachée à la décomposition et à l'abandon.  

Jan Fabre
Sanguis Sum, 2001. Sculpture.
La réincarnation de Giovanni Arnolfini, 1997. Sculpture.
Sarcofago Conditus, « Lui qui fut représenté  sur sa tombe », 2003. Sculpture.
Le petit bagarreur, 1978-2006. Sculpture.
Les Messagers de la mort décapités, 2006. Sculpture.
Colombes qui chient et rats qui volent, 2008. Sculpture.
Bruges 3004 (Ange en os), 2002. Sculpture.
Umbraculum (bras et jambe), 2001. Sculpture.
Autoportrait en plus grand ver du monde, 2008. Installation.
Gravetomb, 2000. Sculpture.
Le bousier, 2001. Sculpture.
Aura-t-il toujours les pieds joints ?, 1997. Sculpture.
Je me vide de moi-même (nain), 2007. Installation


fleche suivante1/1



ANNONCE
Votre corps aussi est une oeuvre dont il faut prendre soins ! ABC Coach Sportif Paris à votre service.

Vous recherchez un livre audio ? Profitez d´un large choix de titres au sein de la librairie en ligne Gibert Joseph

140331ArchiUrgence
ÉDITORIAL fleche_rouge
Mapplethorpe et les nouveaux puritains
L'importante rétrospective que le Grand Palais consacre à Robert Mapplethorpe vingt cinq ans après sa mort a ceci de rassurant que cette œuvre aussi magistrale que sulfureuse n'a pas perdu de sa puissance provocatrice et dérangeante, ni de sa force à résister aux tentatives des puritains de toutes obédiences pour l'édulcorer, la vider de son énergie et… de son impact politique. Aujourd'hui encore, ici en France, on assiste à une série de tentatives pitoyables, plus ou moins conscientes, de...
fleche Lire la suite
140320PMU


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
acting01 acting02
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Appel de Chaillot: Pour une nouvelle Europe de la culture
puce rouge  Ministère de la culture: aide au développement des galeries d'art
puce rouge  Marc Partouche nommé directeur de l’Ecole supérieure des Arts décoratifs
puce rouge  Drawing Now Paris en danger: des intermittents et chômeurs occupent le Carreau du Temple
puce rouge  Cinq architectes en lice pour la nouvelle Ecole de la photo d’Arles
puce rouge  Art ou pub? Le Panthéon choisit JR
puce rouge  Le Cap Capitale Mondiale du Design 2014
puce rouge  La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend au contraire plus indispensable
puce rouge  Le Front national manifeste contre le chorégraphe Olivier Dubois
puce rouge  Cette année, la Fiac lance sa foire off à Paris et s’exporte à Los Angeles dès 2015
puce rouge  Avignon: fermée pour travaux, La Collection Lambert s’expose hors-les-murs
puce rouge  Marc Partouche nommé directeur de l’Ecole des Arts décoratifs (Ensad)
DIAPORAMA

Jennifer Allora et Guillermo Calzadilla, Petrified Petrol Pump, 2010. Calcaire riche en fossiles. 210 L x 250 l x 180 H cm



pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales