logo
140227SerignanDowns
  AGENDA CRITIQUES  
RECHERCHER


ART | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image Keith Haring
Keith Haring
22 fév.-13 juil. 2008
Lyon 6e. Musée d´art contemporain de Lyon
Une grande exposition de Keith Haring à Lyon entreprend de réhabiliter son œuvre et démontre la vitalité, la générosité et l'engagement d'un artiste adulé par le public mais ignoré de la critique.
fleche suivante1/2
Par Laetitia Chauvin

A l'occasion du 50e anniversaire de la naissance de Keith Haring, une des plus grandes expositions dédiée à son œuvre s'est ouverte à Lyon. C'est à une véritable entreprise de réhabilitation de Keith Haring que se livrent Gianni Mercurio, commissaire de l'exposition, et Thierry Raspail, directeur du Musée d'art contemporain de Lyon.
Pour s'en expliquer, le directeur reconnaît n'avoir pas su accorder à cette œuvre l'importance qu'elle méritait au moment de son émergence et l'événement vise à rétablir la portée d'un travail fulgurant et unique. La réparation nécessitait naturellement une exposition d'envergure.

L'œuvre de Keith Haring a bénéficié très tôt d'un engouement populaire, dû à son style immédiatement reconnaissable, le portant au panthéon des artistes les plus connus du XXe siècle.
L'équation selon laquelle le succès populaire est inversement proportionnel au succès critique a fait souffrir l'artiste ambitieux d'un désintérêt relatif de la communauté artistique et Keith Haring déplorait de son vivant ne pas obtenir la reconnaissance qu'il espérait. L'humour ne l'avait néanmoins pas abandonné à en croire une toile dans laquelle un personnage horrifié s'éloigne en courant d'une œuvre clairement identifiée comme étant de Keith Haring.

L'artiste multipliait les occasions de rendre son travail accessible au public, depuis ses débuts dans le métro où il dessinait à la craie sur les panneaux publicitaires laissés noirs jusqu'aux fresques monumentales qu'il déployait à l'invitation d'écoles, d'hôpitaux, de centres culturels, avec une prédilection pour les lieux accueillant des enfants.

Ce surdoué du dessin, généreux de surcroît, s'était donné pour philosophie :
«Ma contribution pour le monde est mon habileté à dessiner. Je dessinerai autant que je le pourrai, pour autant de personnes que je le pourrai, pendant aussi longtemps que je le pourrai».

Keith Haring se range définitivement du côté des post-warholiens. Si Andy Warhol était capitaliste, Keith Haring en revanche est marxiste.
L'exposition contient une reconstitution du Pop Shop de Tokyo, projet philosophique et marxiste, qui entérine dans le travail de Keith Haring le principe de la sérialisation et de la reproductibilité. Le Pop Shop était une boutique couverte du sol au plafond de dessins, qui proposait à la vente des objets en série vendus à bas prix (photo 8).
Le principe de la diffusion en série s'est perpétuée après sa mort grâce à la Fondation Keith Haring, qu'il avait créée, et qui s'est employée à la diffusion intensive de son œuvre, au point de vendre en masse les licences de ses images. Les fonds récoltés sont reversés aux œuvres philanthropiques que Keith Haring soutenait plus particulièrement: les enfants et la lutte contre le sida.

L'engagement de l'artiste à de grandes causes se traduit aussi directement dans ses peintures. L'erreur serait de croire que le dessin simple et sympathique vaille pour lui-même, pour son énergie graphique, alors que l'artiste utilise son personnage-icône ou encore le «bébé radiant» comme des signes universels, auxquels le spectateur peut s'identifier. Keith Haring aborde des sujets douloureux ou subversifs, mais sans se poser en donneur de leçons. L'absence de titres empêche les interprétations  univoques.

La mort et le sexe, sous-jacents dans l'histoire personnelle de l'artiste qui se sait atteint du virus du sida, s'illustrent dans un grand nombre de toiles. Un enchevêtrement de corps évoque au choix une scène d'orgie ou la découverte de charniers au Vietnam.
Ailleurs, Keith Haring rend un dernier hommage à son ami Jean-Michel Basquiat, avec un monument de couronnes, signature symbolique de l'artiste décédé d'une overdose.
Keith Haring, habile dans l'art de l'ellipse, frappe aussi fort sur la télévision, et particulièrement sur les télé-prédicateurs, dont les programmes-fleuves annonçaient la fin du monde. Une salle entière à Lyon est consacrée à la critique des médias et au pouvoir dévastateur de l'écran comparé à un monstre sanguinaire (photo 9).

Il flotte dans l'exposition de Lyon un joyeux air hip-hop, sur les rythmes old school de GrandMasterFlash, et la figure de Keith Haring, perpétuel adolescent en Nike air, guette à chaque angle.
Un mur de photographies replonge dans l'ambiance du Club 57 où venaient s'encanailler des stars montantes, comme Madonna (photo 10), et des personnalités, à l'instar de Caroline de Monaco égarée dans le New York interlope. C'est au Club 57 et au Mudd Club que Keith Haring fait ses débuts et organise ses premières expositions. Emblématique de l'art des années 80, Keith ...

fleche suivante1/2



ANNONCE
Votre corps aussi est une oeuvre dont il faut prendre soins ! ABC Coach Sportif Paris à votre service.

Vous recherchez un livre audio ? Profitez d´un large choix de titres au sein de la librairie en ligne Gibert Joseph

ÉDITORIAL fleche_rouge
Mapplethorpe et les nouveaux puritains
L'importante rétrospective que le Grand Palais consacre à Robert Mapplethorpe vingt cinq ans après sa mort a ceci de rassurant que cette œuvre aussi magistrale que sulfureuse n'a pas perdu de sa puissance provocatrice et dérangeante, ni de sa force à résister aux tentatives des puritains de toutes obédiences pour l'édulcorer, la vider de son énergie et… de son impact politique. Aujourd'hui encore, ici en France, on assiste à une série de tentatives pitoyables, plus ou moins conscientes, de...
fleche Lire la suite
140320PMU
140317Le104AMA


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
acting01 acting02
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Sam Stourdzé nommé directeur des Rencontres de la photographie
puce rouge  Appel de Chaillot: Pour une nouvelle Europe de la culture
puce rouge  Ministère de la culture: aide au développement des galeries d'art
puce rouge  Marc Partouche nommé directeur de l’Ecole supérieure des Arts décoratifs
puce rouge  Drawing Now Paris en danger: des intermittents et chômeurs occupent le Carreau du Temple
puce rouge  Cinq architectes en lice pour la nouvelle Ecole de la photo d’Arles
puce rouge  Art ou pub? Le Panthéon choisit JR
puce rouge  Le Cap Capitale Mondiale du Design 2014
puce rouge  La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend au contraire plus indispensable
puce rouge  Le Front national manifeste contre le chorégraphe Olivier Dubois
puce rouge  Cette année, la Fiac lance sa foire off à Paris et s’exporte à Los Angeles dès 2015
puce rouge  Avignon: fermée pour travaux, La Collection Lambert s’expose hors-les-murs
DIAPORAMA

Yves Marchand et Romain Meffre, Atrium, Farwell Building, Detroit, 2005, 2005. Photographie.



pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales