logo
150206CracSeteChatonChildress
  AGENDA CRITIQUES  
art... photo... design... danse... livres... parisART RECRUTE
RECHERCHER


ART | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image
Nicolas Chardon
Dynamo
08 janv.-19 fév. 2005
Paris 3e. Galerie Jean Brolly
Nicolas Chardon peint sur des tissus à carreaux, tendus et agrafés sur châssis. Il n'utilise que deux couleurs, le noir et le blanc, rappellant la naissance de l'abstraction (plutôt côté Malévitch), l'ironie en plus.
fleche suivante1/1
Par Philippe Coubetergues

Jean Brolly consacre actuellement sa deuxième exposition personnelle au jeune peintre Nicolas Chardon. La galerie municipale Edouard Manet de Gennevilliers l'avait également exposé cet automne.

La ligne de conduite de cet artiste est claire et sereine à l'image de cette ligne horizontale qui traverse le polyptyque qui nous accueille en entrant. Il peint sur des tissus à carreaux, tendus et agrafés sur châssis. La tension entraîne une déformation de la trame orthogonale de la toile. Le parallélogramme du châssis lui ne varie pas ; les ondulations du motifs en ressortent d'autant plus. La peinture recouvre entièrement la surface du tableau. Le champ de la toile reste immaculé.
Il n'utilise que deux couleurs, en l'occurrence le noir et le blanc dans les toiles actuellement exposées. La forme peinte s'inscrit dans la grille déformée du motif imprimé. D'intention géométrique, la composition semble s'être assouplie. Le carré blanc sur fond noir s'est ramolli.

Le fil de cette ligne claire remonte à un siècle en arrière. Le vocabulaire formel rappelle en effet la naissance de l'abstraction (plutôt côté Malévitch), des rectangles, des triangles, des carrés, noirs sur fond blanc et inversement, qui s'organisent selon une grille sous-jacente pré-tracée. Une réduction de la peinture à une variation de ses éléments essentiels. Le protocole en revanche pencherait plutôt du côté de Support/Surface. Le contenu enfin relève explicitement de la citation sur un registre qui oscille entre la révision et l'ironie.

La démarche est soignée, rigoureuse. La superposition des motifs fait écho au rappel stratifié des références. La peinture prise au piège de sa mémoire condamnée à l'éternelle citation. La proposition n'est cependant pas exclusivement tournée vers le passé. L'échappée se joue dans la mise en rapport de plusieurs registres aussi radicaux qu'incompatibles. Leur combinaison déjoue la lourdeur de l'emprunt, assouplit la référence. La mise à distance ouvre sur de nouveaux horizons. Et tout redevient possible. L'histoire reprend son cours, « la partie continue » pour rappeler le titre de l'exposition en deux volets de Claire le Restif au Crédac d'Ivry à laquelle Nicolas Chardon avait participé.

Observons maintenant le mobile suspendu dans la partie centrale de la galerie ; il est constitué de deux parties reliées l'une à l'autre par une accroche métallique. Ce sont deux plateaux de contre-plaqué peints en gris recto-verso façon monochrome et provenant d'un seul et même plateau de dimension standard, brisé en deux.
Monochrome, mobile, brisure, ready-made le jeu de la référence est à nouveau explicite. Sans qu'il soit nécessaire de préciser les renvois. Ce qui compte semble-t-il, c'est l'idée d'héritage. Et dans cette exploration des constituants élémentaires de la peinture, l'héritage est chargé. Le terrain est miné. Rien ne peut échapper à la citation. Mais ne serait-ce pas le lot de la peinture depuis toujours ?

Troisième catégorie d'œuvre présente dans l'exposition : les Magnétiques. Sur un support carré fixé au mur, le visiteur peut à désir déplacer des formes carrées, aimantées et de dimensions graduelles. La composition lui revient aux deux sens de l'expression : il la conçoit d'autorité sans échapper non plus à la réminiscence.

Nicolas Chardon ré-infiltre le camp retranché de l'abstraction géométrique hanté par les grandes figures de l'avant-garde et plus généralement celui d'une modernité radicale qui règne sur notre devoir de mémoire. Sans désavouer l'approche analytique et critique de ces « maître anciens », il ré-invente avec évidence et franchise un rapport à l'histoire, une possible émancipation. Il le fait avec la conviction et la légèreté, la fermeté et l'humour, la naïveté et l'insouciance de ceux qui n'attendent pas d'y être autorisé pour avancer.

Nicolas Chardon
Dynamo (vertical), 2004. Acrylique noir et blanc sur vichy bleu foncé. 162 x 174 cm.
Développement, 2004. 5 toiles, acrylique noir et blanc sur vichy rouge. 50 x 50 cm (chaque).
Magnétiques, 2004. 80 x 80 cm.
Ligne noire, 2004. Acrylique noir et blanc sur vichy bleu foncé. 35 x 200 cm.
Mobile gris, 2005. Contreplaqué 5 mm peint. 310 x 153 cm.
Dynamo (horizontal), 2004. Acrylique noir et blanc sur vichy bleu foncé. 114 x 162 cm.


fleche suivante1/1



ANNONCES


ÉDITORIAL fleche_rouge
Snapchat. Le présent absolu
Avant l'existence des réseaux sociaux, les petits riens de la vie quotidienne des gens ordinaires n'avaient aucune valeur. Seuls les faits exceptionnels suscitaient l'intérêt et les scoops des photographes. Mais une logistique informatique puissante et hautement sophistiquée a changé la situation en élevant les faits dérisoires et futiles au rang de matière première d'une économie nouvelle basée sur un nouveau type de valeur, caractéristique de la société de l'information numérique :...
fleche Lire la suite
150326MarechalBroccolichi


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Première édition du Forum «Entreprendre dans la culture»
puce rouge  Décès de Michel Bernard, philosophe à l’origine du département de danse de Paris 8
puce rouge  Le nouvel Iheap, attaqué en justice par Daniel Buren, répond par communiqué
puce rouge  Baisse de subvention et suppression de postes: le Quartier centre d’art contemporain de Quimper en danger!
puce rouge  28 mars 2015, inauguration du premier «Centre Pompidou provisoire» à Malaga
puce rouge  Derniers jours pour participer à la 20e édition du Prix Voies Off
puce rouge  Nomination de Hortense Archambault à la direction de la MC 93, scène nationale
puce rouge  Lettre ouverte du groupe «Economie Solidaire de l’art» à la Ministre de la culture
puce rouge  L’ADIAF annonce les nommés au prix Duchamp 2015: Davide Balula, Neïl Beloufa, Melik Ohanian, Zineb Sedira
puce rouge  Création du Prix du Châssy(is!), des collectionneurs récompensent un(e) peintre contemporain
puce rouge  Exposition «Femina», le dénouement: Zoulicka Bouabdellah retire son œuvre, le maire, l’adjoint à la culture et les commissaires s’expriment.
puce rouge  Autocensure au Pavillon Vendôme de Clichy: du «Silence» de Zoulikha Bouabdellah à l’inertie du maire
DIAPORAMA

Pentti Sammallahti, Helsinki, Finlande, 1973. Photographie.
Compagnie à Fleur de peau, soirée au Théâtre du Lierre, 2009.
Florence Doléac, Lolo, 2009. Vase mural en céramique émaillée Edition limitée.



pub pub
Avec Ownsport, bénéficiez d´un coach sportif diplômé dès 19€/h pour des cours sur mesure à votre domicile !

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales