logo
140227SerignanDowns
  AGENDA CRITIQUES  
RECHERCHER


ART | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image Aurélie Brame
Dynamiques organiques
24 oct.-07 déc. 2008
Le Grand Quevilly. Maison des arts de Grand Quevilly
De l'alimentaire certainement. Du végétal, du minéral également. Du sexuel probablement tapie derrière l'épaisseur de ces paysages complexes. La Maison des arts de Grand Quevilly accueille le travail d'Aurélie Brame, entre proliférations et dynamiques organiques.

fleche suivante1/1
Par Emmanuel Posnic

En somme, un monde organique à plusieurs entrées. L'oeuvre d'Aurélie Brame, pour polymorphe qu'elle soit dans ses sources d'inspiration, n'en reste pas moins fidèle aux supports de la peinture, à savoir la toile et la feuille. Ils sont même les premiers enjeux de son travail.

 

Le cadre d'abord, sensiblement similaire pour ses peintures (généralement 130 x 162cm) et ses dessins (30 x 40 cm ou 50 x 65cm). Comme s'il s'agissait d'aller au bout de l'expérience d'un format puis de conformer le spectateur à cet « écran » avant de disperser son regard sur l'ensemble de la surface. L'exposition à Grand Quevilly semble d'ailleurs explorer ce processus de construction. Plutôt que d'engendrer une chronologie des oeuvres, l'accrochage mise sur des séquences rectilignes (dessin puis peinture et ponctuation légère de l'un dans l'autre) dans lequel le travail prend le temps de s'étaler, de s'offrir et d'offrir toute son ampleur.

 

La surface ensuite. Aurélie Brame en fait un véritable théâtre. Une scène ouverte, vivante, bruyante de matières et de tensions, absorbant des motifs, plutôt des fragments de motifs que l'artiste balaye par grands gestes, qu'elle éparpillle jusqu'à les déployer complètement. La chair, le jus, le gras, le croquant, le mou ou ce qu'on prend pour tel aussi bien que les distances et les tailles en perdent leur langue. La surface est une tour de Babel riche de sa mixité et de ses chantiers inachevés. Un chaos permanent où se confondent les mondes, où s'épuise la réalité, où se rencontrent l'élan baroque et l'introspection d'une nature morte, une autre fidélité à la peinture.

 

Et pourtant, cette effervescence graphique tient bon sur ses pieds. L'organisation en apparence précaire repose sur une colonne vertébrale sans faille. Une oblique, un coude, une branche, un morceau de chair, un filet aqueux traversent toujours l'image et permettent aux formes les plus sauvages de fleurir autour.

 

Dans ses dessins récents (Proliférations panoramiques), la colone vertébrale prend la forme d'un long cordon organique qui parcourt la feuille à l'horizontal. Ailleurs (Fragments encounters), ce même cordon s'étire, se brise ou se multiplie. Ce sont sur ses arpents que s'agglomèrent en répétition des formes vaguement réalistes dont la matrice elle-même, image découpée dans les magazines, figure en bonne place. Un travail d'après photographie donc, comme pour rejoindre la pratique de la copie et de la citation: la source n'est jamais bannie chez Aurélie Brame, elle apparaît discrètement au mileu des exhubérances.

 

Pas de photographies dans sa peinture mais ses proliférations partent toujours d'une observation de la nature. Des « paysages » organiques, nous le disions, faits de verdures, de fruits, de tripes, de peaux et de chairs tendres, ceux-ci rendus indéchiffrables parce que raccourcis aux détails et confus parce que plongés dans un abîme vertigineux qui nous fait perdre contact avec le tangible.

 

Sous l'impulsion des séries de dessins, ses peintures récentes donnent même l'impression de quitter radicalement le tangible. Non pas que les signes de nature disparaissent. C'est juste qu'ils évoluent désormais dans un espace suspendu dans le vide, loin des dissections confuses, en lévitation, dans un blanc aérien qui organise, apaise et laisse respirer le bouillon organique.

Mais que l'on se rassure, celui-ci sera toujours saisi à feu vif.



Aurélie Brame
Sans titre, 2007. Huile sur toile, 130 x 162 cm.

Sans titre,. Huile sur toile, 130 x 162 cm.

Envolée, 2008. Huile sur toile, 130 x 162 cm.

Proliférations #3, 2007. Technique mixte sur papier, 30 x 40 cm.

Proliférations #6, 2007. Technique mixte sur papier, 30 x 40 cm.

 


fleche suivante1/1



ANNONCE
Votre corps aussi est une oeuvre dont il faut prendre soins ! ABC Coach Sportif Paris à votre service.

Vous recherchez un livre audio ? Profitez d´un large choix de titres au sein de la librairie en ligne Gibert Joseph

140214MacLyon01Moto
ÉDITORIAL fleche_rouge
Mapplethorpe et les nouveaux puritains
L'importante rétrospective que le Grand Palais consacre à Robert Mapplethorpe vingt cinq ans après sa mort a ceci de rassurant que cette œuvre aussi magistrale que sulfureuse n'a pas perdu de sa puissance provocatrice et dérangeante, ni de sa force à résister aux tentatives des puritains de toutes obédiences pour l'édulcorer, la vider de son énergie et… de son impact politique. Aujourd'hui encore, ici en France, on assiste à une série de tentatives pitoyables, plus ou moins conscientes, de...
fleche Lire la suite
140331ArchiUrgence
140320PMU
140317Le104AMA


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
acting01 acting02
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Sam Stourdzé nommé directeur des Rencontres de la photographie
puce rouge  Appel de Chaillot: Pour une nouvelle Europe de la culture
puce rouge  Ministère de la culture: aide au développement des galeries d'art
puce rouge  Marc Partouche nommé directeur de l’Ecole supérieure des Arts décoratifs
puce rouge  Drawing Now Paris en danger: des intermittents et chômeurs occupent le Carreau du Temple
puce rouge  Cinq architectes en lice pour la nouvelle Ecole de la photo d’Arles
puce rouge  Art ou pub? Le Panthéon choisit JR
puce rouge  Le Cap Capitale Mondiale du Design 2014
puce rouge  La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend au contraire plus indispensable
puce rouge  Le Front national manifeste contre le chorégraphe Olivier Dubois
puce rouge  Cette année, la Fiac lance sa foire off à Paris et s’exporte à Los Angeles dès 2015
puce rouge  Avignon: fermée pour travaux, La Collection Lambert s’expose hors-les-murs
DIAPORAMA

Guillaume Chauvin, Série photographique «Entre Sibérie et aujourd’hui», 2013. Photo
Heidi Wood, Architecture de zone péri-urbaine 1, 2013. Acier émaillé. 30 cm de diamètre.



pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales