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ART | CRITIQUES

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Rita Ackermann, Nobuyoshi Araki
Christmas Show
18 déc.-19 janv. 2002
Paris 3e. Galerie Almine Rech
Un échantillon d'œuvres de quelques artistes de la galerie : juxtaposition éclectique où peinture, dessin et photographie sont à l'honneur ; rencontres autour du corps, du féminin, du sexe, et d'une certaine esthétique de l'artificialité.
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Par Anna Guilló

" Christmas show " porte bien son nom. L'exposition du mois de décembre que propose la galerie Almine Rech est aussi variée que les guirlandes bariolées d'un sapin de Noël. Ceux qui aiment remplir leur panier des produits les plus divers apprécieront cette juxtaposition éclectique où peinture, dessin et photographie sont à l'honneur.

L'artiste grec Miltos Manetas explore les formes liées à la technologie contemporaine par le biais de peintures, vidéos et " vibracolors " (impressions jet d'encre). Par extension, il s'intéresse aux divers comportements et attitudes qui en découlent. Le décalage entre ses huiles sur toile d'une facture assez classique et les sujets représentés (enchevêtrement de câblages et range-cédéroms, vision subjective et féminine sur un appareillage informatique) opère un rapprochement entre deux mondes où les distances temporelles apparaissent comme abolies. N'est-ce pas peut-être de ce genre d'annulation dont il est également question dans les trois crayons sur papier de Rita Ackermann ? La main de l'artiste laisse libre cours aux occupations ambiguës de trois jeunes filles, qu'elles soient dénudées sur piédestal dans un curieux extérieur, en proie à des flèches dont on ne sait si elles sortent d'un " St Sébastien " ou d'un manga, ou encore dans une sorte d'interprétation contemporaine des Trois Grâces. Le style délibérément maladroit (dessin gauche, remplissage au crayon) et les sujets équivoques parviennent à instaurer un véritable malaise, c'est aussi le cas pour les deux peintures " Naturally Beautiful " et " Somehow New " dont l'atmosphère tout aussi malsaine doit autant au traitement faussement malhabile qu'aux sujets traités.

Et c'est encore de jeunes filles et d'écart entre périodes passées et temps présent dont il s'agit avec le travail photographique de Miwa Yanagi. Des femmes en uniforme posent dans des lieux clos — ici un ascenseur — ou dans de grands espaces vides. La femme yanagienne se démultiplie, un peu comme la femme beecroftienne, en une sorte d'automorphose perpétuelle et aporétique. C'est le monde du travail japonais comme machine à broyer l'individu qui est pointé du doigt dans ces photographies aux couleurs vives et aux éclairages néon. Mais c'est aussi la problématique liée à la question du clonage qui se dessine derrière cette incessante déclinaison du même ; Miwa Yanagi rejoint ainsi les préoccupations d'un Gilles Barbier ou d'un Keith Cottingham. Un enfermement tout autre, en noir et blanc, hante les photographies de Johannes Kahrs. Untitled, A-h est un troublant diptyque où l'artiste se représente tantôt de face, tantôt de trois quarts, le visage couvert de larges bandes de scotch noir. Évocation de la censure ou du monde carcéral, cette double photo un peu floue brouille la mission habituelle de la photographie d'identité par le fait que le personnage est méconnaissable et donc non re-connaissable. Les moyens diffèrent de ceux employés par Miwa Janagi ou Miltos Manetas, mais là encore, les préoccupations liées à la perte d'identité sont prégnantes et incontournablement rattachées à la question de l'autoportrait. Kahrs fouille au plus profond de lui-même et parvient tout de même, malgré le masque, à faire passer ce sentiment d'" étrange familiarité " du sujet dont parlait Barthes.

On pourra finir cette balade de Noël en traversant la rue pour rejoindre le deuxième espace de la galerie Almine Rech, ou en se perdant dans une énorme peinture sur polyester d'Ugo Rondinone qui couvre un mur entier de ses bandes horizontales impeccables. Mais que cette parodie de color-field ne nous empêche pas d'examiner de près les fleurs aux pistils agressifs photographiées par Nobuyoshi Araki quitte, au passage, à en cueillir quelques unes.

Par Muriel Denet Cette exposition de fin d'année propose un échantillon d'œuvres de quelques artistes de la galerie, un marché de Noël en quelque sorte, sans autre raison fédératrice apparente. Mais leur réunion provoque inévitablement des rencontres, autour du corps, du féminin, du sexe, et d'une certaine esthétique de l'artificialité.

C'est elle en tout cas qui domine visuellement avec les deux peintures monumentales de Ugo Rondinone : des bandes lisses de largeurs variées s'étendent, horizontales, sur toute leur longueur plastifiée ; de couleurs acidulées, et scintillantes de paillettes, on les dirait obtenues par étirement mécanique de l'autoportrait de l'artiste en pin up de magazine (de la série I Don't Live Here Anymore), ou bien de l'image de ses clowns amorphes du milieu des années quatre-vingt-dix, dont les grimages et les costumes empruntaient déjà à ces gammes de couleurs artificielles. La facture industrielle irréprochable en fait aussi l'achèvement ironique de la Laura Croft de Miltos Manetas, qui aurait été totalement dissoute ...

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