ART | EXPO

Maison/Témoins

05 Mar - 27 Mar 2004

The Store se transforme en espace d’habitation pour révéler la capacité des artistes à témoigner de la vie privée. Une cinquantaine d’artistes modifient l’architecture de l’espace, créent des objets fonctionnels ou décoratifs et réalisent des performances dans cet univers mi-public mi-privé.

Communiqué de presse
Anna Adahl; Johann Van Aerden; Stéphane Albert; Pierre Antoine; Quentin Armand; Marie Auvity; Damien Béguet; Julien Berthier; Rémy Bosquère; Laetitia Bourget; Edouard Boyer; Elodie Carré; Carine Caruana; Philippe Cazal; Marie Chamoreau; Enna Chaton; Soyung Chung; Céline Coville; Baptiste Debombourg; Cyril Dietrich; Guillaume Dufresne; Anne Durez; Latifa Echakhch; Ninar Esber; Jean-François Guillon; Wolf von Kries; Vincent Lamouroux; Seulgi Li; Lucas Mancione; Laurent Mareschal; Marlie Mul; Lahouari Mohamed-Bakir; Frank Mouteau; Cédric Noël; Tami Notsani; François Paire; Cécile Paris; Bertrand Planes; Pascal Poulain; Julien Prévieux ; Santiago Reyes; Florence Reymond; Alexandra Sà; Patrick Sauze; Patrick Saytour; Pascal Sémur ; Kristina Solomoukha; Donatella Spaziani; Toshinari Sato; Maxime Touratier; Rémi Uchéda; Virginie Yassef
Maison/Témoins

Après une première exposition inaugurale en novembre 2003, The Store, organise une nouvelle exposition collective: Maison/Témoins. Pendant un mois, la galerie sera entièrement réaménagée en lieu d’habitation fictif. Sans volonté de rendu illusionniste, Maison/Témoins entend jouer l’ambiguïté par rapport aux espaces traditionnellement répertoriés et identifiables, brouillant les pistes en un va et vient constant entre univers public et cercle privé.
Imaginant que la maison reste un lieu privilégié d’observation du monde, l’exposition interroge la vocation de l’artiste à témoigner. Alors que celui-ci est souvent «mis en demeure» de s’acquitter d’une dette à l’égard de son temps, doit-il nécessairement sortir de chez lui pour prendre position? Cet intérieur domestique, «lieu de cohabitation plutôt que d’habitation», se construit collectivement comme un espace à la fois physique et narratif. Si le terme «maison-témoin» renvoie aux formes hyper-standardisées d’une culture de masse, c’est son image en négatif qui se construit ici d’une proposition à l’autre. En s’appropriant l’appartement comme un modèle d’exposition à part entière, il s’agit de favoriser les collisions visuelles, d’explorer les contiguïtés et les parasitages pour faire surgir des confrontations inattendues. La prise en compte de l’hétérogénéité des pratiques artistiques comme une forme d’impureté nécessaire permet de multiplier les axes de perception.
À partir de là, l’exposition devient un terrain d’expérimentation aux nombreuses entrées. Une cinquantaine d’artistes investiront l’espace pour en modifier l’architecture (une nouvelle cloison en marqueterie de bois), créer des objets fonctionnels ou pseudo-fonctionnels (un coin salon recomposé après avoir été détruit à la hache), proposer des oeuvres qui viennent s’inscrire dans le dispositif comme dans l’appartement du collectionneur (une peinture accrochée au-dessus de la cheminée sur un fragment de papier peint), ou inventer des mises en situations de l’ordre de l’action ou de la performance. Si les oeuvres viennent habiter l’espace, elles sont elles-mêmes des lieux à habiter. Alors que l’espace de la galerie peut être vécu comme froid et répulsif, lieu de passage trop souvent furtif, la maison invite le visiteur à prendre possession du lieu, à s’installer dans une proximité accrue avec les œuvres. Témoin à son tour, il peut alors laisser glisser lentement son regard d’un objet à l’autre, procéder à différents cadrages, zoomer, afin de s’inventer son propre scénario.