ART | EXPO

L’être monde. Mémoires du corps

16 Sep - 11 Fév 2018
Vernissage le 16 Sep 2017

L’exposition « L’être monde. Mémoires du corps » au Musée des Beaux-Arts de Caen explore la représentation du corps humain à travers qua­rante œuvres de vingt artistes peintres, photographes, sculpteurs...

L’exposition « L’être monde. Mémoires du corps » au Musée des Beaux-Arts de Caen rassemble qua­rante œuvres de vingt artistes contemporains qui ont pour objet le corps humain et sa représentation.

Du corps mystérieux chez Piero Pizzi Cannella…

L’exposition constitue le troisième volet du programme « En dialogues » qui propose des parcours thématiques à travers les œuvres issues des collections du Musée des Beaux-Arts de Caen et du Fonds régional d’art contemporain Normandie Caen. Elle s’attarde cette fois sur le corps humain, un sujet qui a été largement exploré par les artistes des XXe et XXIe siècles.

Le tableau Bella cuore mio (Mon beau cœur), peint en 2001 et 2002 par Piero Pizzi Cannella, fait partie d’une série de représentations de robes que l’artiste italien a réalisées. Une pièce de vêtement de forme sobre, monochrome, parfois seulement esquissée, qui évoque le corps qui vient de le quitter, entre présence et absence. A travers le motif de la robe est suggéré sans être jamais montré le corps féminin, cette représentation par la substitution transmet l’impression d’une femme insaisissable et mystérieuse.

… au corps violenté chez Paul Rebeyrolle

Avec la photographie Vénus à la lampe de poche, réalisée en 1985, Alain Fleischer offre une vision déstructurée du corps féminin. Ses trois parties, jambes, torse et haut du buste et tête, révélées par la lampe projetée sur elle selon des angles différents, sont ensuite assemblées sur un même plan, générant l’image d’un corps déformé, comme vrillé en une infinie torsion.

Chez Paul Rebeyrolle, la peinture sert à montrer la violence de la chair, le corps est torturé, abîmé, violenté, détruit, le sexe s’exhibe, le sang s’étale… Le tableau Suicide n°2 sur lequel un corps aux veines tailladées surnage dans une baignoire dont le robinet continue de couler témoigne de la représentation crue du corps qui a traversé toute l’œuvre de Paul Rebeyrolle.

Le motif du corps humain dépasse pour les artistes sa simple dimension anatomique et biologique : il est le support de la relation à soi, aux autres et au monde et en conséquence le champ d’infinies possibilités pour l’expression artistique.