PHOTO | EXPO

Les Habitants

21 Juin - 13 Juil 2017
Vernissage le 21 Juin 2017

L’exposition « Les Habitants » à la galerie parisienne Esther Woerdehoff dévoile la nouvelle série d’Elene Usdin où se mêlent photographie et peinture. Des portraits photographiques d’adolescents sont recouverts de motifs peints évoquant le trouble intérieur des modèles.

L’exposition « Les Habitants » à la galerie Esther Woerdehoff, à Paris, présente la nouvelle série d’œuvres d’Elene Usdin : des photographies peintes qui bouleversent autant la tradition du portrait que celle de la photographie.

Des photographies peintes d’Elene Usdin

Les premières pièces de la nouvelle série d’Elene Usdin intitulée Les Habitants s’inscrit dans la lignée de la série Femmes d’intérieurs réalisée en 2015, pour laquelle l’artiste avait utilisé de la peinture en rehaut sur des tirages photographiques. Cette fois, ce sont des portraits d’adolescents qui servent de base à un travail pictural. Pour la prise de vue, Elene Usdin a fait poser ses modèles à un endroit fixe, dans la lumière d’une fenêtre évoquant l’atmosphère des tableaux flamands. Ces portraits photographiques sont d’une précision quasi documentaire et leur sobriété contemporaine affirme un important décalage avec le style pictural qui se déploie à leur surface.

Quand les personnages de Brueghel et d’Otto Dix évoquent le trouble adolescent

Chaque cliché est recouvert de motifs peints à la main par Elene Usdin, qui semblent révéler les émotions dissimulées derrière le visage calme des adolescents. Des agglomérats d’éléments et de personnages chimériques couvrent leur corps à la manière d’habits, créant un dialogue imaginaire entre contemporanéité et histoire de l’art. Ainsi dans Benjamin d’après Brueghel (La chute des anges rebelles), le torse et les avant-bras de l’adolescent photographié sont drapés d’une dense composition chaotique qui rassemble une multitude de sujets évoquant ceux imaginés par le peintre flamand.

Dans Dante d’après Otto Dix, le corps du modèle est enveloppé d’un nuage composé d’une végétation luxuriante dont émergent de terrifiants personnages dignes de l’artiste allemand. A travers ces références à des œuvres de la peinture classique ou moderne et à de sombres épisodes de l’histoire ou de la mythologie évoquées par des agrégats de figures jetées pêle-mêle, Elene Usdin donne à voir le bouleversement intérieur des sujets photographiés, saisis à cet âge perturbé qu’est l’adolescence.