DANSE | SPECTACLE

Les forains

31 Jan - 01 Fév 2017
Vernissage le 31 Jan 2017

Dans le cadre du festival « Suresnes cités danse », Anthony Egéa présente Les forains, une interprétation hip-hop du ballet créé par Roland Petit en 1945. Anthony Egéa trouve dans le thème intemporel des gens du voyage et des artistes de rue une véritable source d’inspiration et un terrain d’expérimentation pour le hip-hop.

Créée en 2016 à l’Opéra de Limoges, la pièce d’Anthony Egéa se veut la réappropriation contemporaine du ballet écrit par Roland Petit en 1945, et ouvrit la carrière de chorégraphe de celui-ci. Pièce dont le thème musical fut composé par Henri Sauguet, Les forains a pu être qualifiée par Jean Cocteau de « vraie fête de la jeunesse et de la danse » dans l’effervescence de l’après-libération.

Les forains entre passé et présent

Ballet évoquant les gens du voyage, la création de Roland Petit se présente sous la forme d’une suite de tableaux dont certaines scènes sont restées dans les mémoires, telles la danse des soeurs siamoises rappelant les chorégraphies de Loïe Fuller dans le huitième tableau ou, un peu plus tard, le pas de deux entre la belle endormie et le prestidigitateur.

Ballet cependant oublié, même s’il peut parfois figurer au programme de l’Opéra national de Paris, Les forains trouve un nouvel élan grâce à l’adaptation toute contemporaine d’Anthony Egéa. Car le thème original de la pièce, la vie d’une petite compagnie de cirque, rapproché de la pratique de la danse hip-hop dans les rues des banlieues, conduit à confondre passé et présent, donnant du ballet de Roland Petit une vision décalée. Ne manquant pas d’accentuer cette dernière, ce même rapprochement est aussi musical puisque la partition de Henri Sauguet est mêlée aux compositions électroniques de Franck2Louise.

Les forains : un ballet urbain

Pièce désormais singulière en raison d’une telle réinterprétation, Les Forains selon Anthony Egéa devient un ballet urbain pour huit danseurs. Roland Petit racontait les vissicitudes d’une petite troupe de cirque allant de village en village. Clowns, acrobates, magiciens, danseuses, amusent le public sur la place centrale mais ne reçoivent pas la moindre gratification, une fois le spectacle fini.

Si tous ces personnages sont présents dans Les forains d’Anthony Egéa, ils sont toutefois réinventés. Les danseurs en short et chaussures de clown arborent ainsi des collerettes et des gilets d’un autre temps, et les saltimbanques sont désormais des grooms qui prennent possession de la scène. La musique électronique de Franck2Louise se conjugue à la partition classique et originale jouée par l’Orchestre de Limoges et du Limousin. Franck2Louise semble être ce maître de cérémonie qui règle le rythme de cette nouvelle lecture d’Anthony Egéa où le passage de groupes des danseurs, lié à la musique remixée, ponctue les divers solos. En s’inspirant librement du livret du ballet d’origine écrit par Boris Boris Kochno, Anthony Egéa a pu à la fois trouver dans Les forains « source d’inspiration et terrain d’expérimentation » pour sa danse, le hip-hop.