ART | EXPO

Formes d’histoires

28 Avr - 02 Sep 2018
Vernissage le 28 Avr 2018

Cette exposition « Formes d'histoires » vient en résonance avec l'exposition « Histoires de formes » qui a inauguré en septembre 2016 les Tanneries, centre d'art contemporain d'Amilly. Il s’agit moins ici de l'aspect formel des œuvres que de la narration qui en est le principe.

« Formes d’histoires » est la deuxième exposition présentée aux Tanneries, Centre d’art contemporain d’Amilly. Faisant parfois allusion à l’univers du conte et du féérique, elle rassemble une trentaine d’artistes aux pratiques artistiques très diverses dans les 3000 mètres carrés d’espace d’exposition autour de la question du récit.

« Formes d’histoires » : le récit au cœur de l’œuvre

« Formes d’histoires » se propose de raconter une histoire de l’art de l’intérieur, c’est-à-dire une histoire en creux, en partant de l’intérieur des œuvres, en explorant leur envers, leurs endroits, leurs plis, bref un décryptage sous toutes « leurs coutures ». Ici ce qui importe c’est le récit. C’est l’histoire qu’elle raconte qui fait l’œuvre.

L’œuvre est parfois faite d’une multitude d’histoires. Ce sont ces récits multiples qui font corps, qui forment les œuvres. Bien qu’empruntant des médiums très variés, toutes les propositions artistiques présentées dans cette exposition sont liées aux questions de la métamorphose et de la transformation, au pouvoir révélateur de la fiction.

Le récit déguisé, habillé, l’importance du vêtement d’apparat

Selon le commissaire de l’exposition (également directeur des Tanneries) Eric Degoutte, il est question aussi « d’allure ». Ce qui prime c’est l’apparence, la façon dont le récit est déguisé, habillé de ses plus beaux atours.

Audrey Frugier, dans Super Size Me, réenchante le monde en le parant de perles. Telle le roi Midas de l’art contemporain, elle sublime tout ce qu’elle touche. La grande frite, le hamburger et la boisson du vulgaire menu fast-food, deviennent des pièces de haute joaillerie. Revanche aussi pour Cendrillon qui ne peut plus se faire traiter de souillon maintenant qu’elle est affublée d’un nouveau balai bling-bling dont les poils se sont métamorphosés en fils de perles swarovski. Ainsi sublimés, les objets deviennent sujets et acteurs de leurs propres récits.

La récurrence de la peau animale comme seconde peau

L’âne d’Ante Timmermans, ici représenté sous forme de dessin est un récurrence dans son travail que l’on retrouve aussi bien dans ses installations que dans ses performances. Cet animal symbolise à la fois la bêtise et l’entêtement de l’homme.

Dans le conte de Charles Perrault, Peau d’âne s’est glissée dans une seconde peau animale afin de s’extraire de sa propre peau, et d’éviter les avances incestueuses de son père. Cette transformation radicale de princesse en animal, lui a permis de « sauver sa peau ». Enlaidie de sa peau protectrice, la métamorphose de peau d’âne est émancipatrice.

Les carcasses en tissus d’Anne Ferrer, cachent dans leurs entrailles des objets comme des chaussures à talons, ou des outils de chirurgie, référence directe au tableau de Frida Kalho dans lequel elle s’ouvre elle-même le ventre afin d’avorter. Ces objets cachés à l’intérieur de chacune des carcasses sont une métaphore sur l’intériorité des œuvres et le sens que l’on doit fouiller au plus profond de chacune d’elles.

Une programmation satellite d’événements autour de la notion de métamorphose et de fiction

En écho à l’exposition « Formes d’histoires » , Elise Eeraerts actuellement en résidence aux Tanneries réalise « Ritual reality » : une installation in situ  à partir de modules réalisés en terre cuite, qui sera inaugurée le 7 juillet 2018. L’exposition se prolonge aussi dans le Parc des Tanneries avec les films de Pierre Coulibeuf à découvrir les samedis 7 juillet, 21 juillet, 11 août et 25 août 2018.