ART | EXPO

La Perle

16 Déc - 04 Fév 2017
Vernissage le 15 Déc 2016 à partir de 17:00

L’exposition « La Perle » à la galerie Art : Concept, à Paris, est consacrée au thème de la famille. A travers les tableaux de Balthus, Sanya Kantarovsky et Philippe Perrot, les dessins de Pierre Klossowski, les photographies d’Eugene von Bruenchenhein et un film d’Ulla von Brandenburg sont disséqués les rapports familiaux, conjugaux et filiaux.

L’exposition « La Perle » à la galerie parisienne Art : Concept réunit six artistes autour du thème des rapports familiaux : Balthus, Ulla von Brandenburg, Eugene von Bruenchenhein, Sanya Kantarovsky, Pierre Klossowski et Philippe Perrot. A travers la multiplicité de leurs démarches et médiums respectifs (peinture, dessin, photographie et film) sont explorés les questions de la famille, du couple et de la filiation.

Les rapports amoureux au cœur des œuvres d’Eugene von Bruenchenhein et de Pierre Klossowski

Les photographies d’Eugene von Bruenchenhein ont pour centre d’intérêt la relation amoureuse, dont elles révèlent de façon franche et volontaire la dimension sexuelle. Ainsi sur le cliché Untitled (Marie Nude With Swags Of Pearls), datant des années 1940, s’expose lascivement la femme de l’artiste, assis nue au milieu de tentures florales, seulement parées de plusieurs colliers de perles. Il s’agit d’une des nombreuses œuvres d’Eugene von Bruenchenhein dans lesquelles sa femme, mise en scène et costumée, occupe un rôle central, à la fois muse et modèle favori.

Dans les dessins de Pierre Klossowski, réalisés à partir des années 1970, c’est aussi la femme de l’artiste qui est au cœur des compositions et devient la clef d’une exploration de l’érotisme et de la sexualité féminine. Ces dessins illustrent de façon crue l’intimité de rapports amoureux.

Critique de la société et du cercle familial chez Sanya Kantarovsky et Philippe Perrot

La sexualité omniprésente chez Pierre Klossowski est abordée moins frontalement dans les tableaux du jeune artiste russe Sanya Kantarovsky. A travers un style pictural inspiré de l’illustration et faussement naïf se devine une critique non dénuée d’humour de nombreux sujets d’ordre sociétal et politique, comme dans le tableau Effacement, peint en 2016, où des plumes de paon jaillissent des fesses d’un personnage dénudé.

Les toiles de Philippe Perrot abordent la question de l’intime sous un angle autobiographique mais sans faire appel à des représentations directes de membres de sa famille. Dans ses œuvres comme celle intitulée Les petits pois, où un jeune enfant est assis à la table du repas familial, à côté d’un adulte que l’on devient être son père, est évoquée la violence du cercle familial. L’huile et la gouache mais aussi des antiseptiques sont utilisées pour exposer de façon abrupte les innombrables secrets et non-dits qui gangrènent la sphère intime.

Le film Chorspiel, réalisé en 2010 par Ulla von Brandenburg s’éloigne de la dimension autobiographique pour s’intéresser à la famille sous l’angle du rôle que joue chacune de ses figures et des rituels qui la structurent. De façon très théâtrale, l’œuvre montre l’arrivée d’un voyageur au sein d’une famille. Elle met ainsi en scène la façon dont l’introduction subite d’un élément étranger dans une cellule familiale en bouleverse profondément le fonctionnement.