PHOTO | EXPO

Sans titre

28 Juin - 16 Sep 2018
Vernissage le 28 Juin 2018

L’exposition « Sans titre » au Château d’Eau, à Toulouse, présente la dernière série de photographies de Joséphine Desmenez : des installations mises en scènes qui transmettent une vision personnelle du drame vécu par les migrants qui tentent de rejoindre l’Europe par la mer.

L’exposition « Sans titre » au Château d’Eau, pôle photographique de Toulouse, présente la dernière série photographique de Joséphine Desmenez, consacré au sort des migrants qui tentent de gagner l’Europe.

« Sans titre » : les photos de Joséphine Desmenez autour du problème migratoire

La pratique photographique est pour Joséphine Desmenez « le moyen de se confronter au réel et d’aborder ce qui [lui] échappe ». Son travail, centré autour des notions d’humanisme et d’universalité a trouvé un écho particulier lors de son séjour dans une réserve naturelle sicilienne, pour un atelier dans le cadre de ses études en photographie. Elle y a en effet été directement confrontée aux drames subis par les migrants, à travers des objets abandonnés sur la côte : des vêtements, des bouées de fortune, des bidons, etc.

Prenant alors conscience qu’elle ne devait ses connaissances sur le sujet des migrants qu’aux images vues dans les médias, sans qu’elle en ait une expérience personnelle, Joséphine Desmenez a décidé de le comprendre par elle-même. Il en résulte un travail en plusieurs étapes par lequel, plutôt que de demeurer spectatrice en photographiant simplement les lieux et les objets trouvés, l’artiste choisit de livrer sa vision toute personnelle du problème migratoire.

De l’installation à la photo, Joséphine Desmenez livre une vision personnelle du drame des migrants

La première étape du projet de Joséphine Desmenez n’est pas photographique : elle consiste à réaliser dans l’urgence, en Sicile, un ensemble d’objets à partir des restes collectés sur place. Ces derniers sont transformés en de nouveaux objets tels qu’un drapeau, une guirlande multicolore ou encore un radeau, qui sont ensuite photographiés sur les récifs siciliens. Puis, poursuivant la démarche, d’autres installations sont créées à partir des objets découverts sur les plages et d’éléments apportés par l’artiste.

Ces installations ne constituent qu’une étape d’un processus menant à leur mise en scène photographique. On découvre ainsi des installations souvent complexes mises en situation dans des lieux qui évoquent les thèmes abordés : une cabane de fortune faite de couvertures de survie est installée dans un sous-bois, un radeau de pneus est échoué sur une plage, un linceul recouvrant la forme d’un corps uniquement constitué de fleurs git devant un mur…