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En marge des jours

14 Jan - 24 Fév 2018
Vernissage le 14 Jan 2018

L’exposition « En marge des jours » à la galerie Maubert, à Paris, dévoile des séries et dispositifs photographiques de Jonas Delhaye qui invitent à épouser le temps long de la nature et à déceler les images fugaces qu'elle génère.

L’exposition « En marge des jours » à la galerie parisienne Maubert dévoile la pratique photographique particulière de Jonas Delhaye, à travers laquelle il renoue avec le rythme lent du monde et de la nature.

Jonas Delhaye capte les images latentes de la nature

Les photographies de Jonas Delhaye sont le fruit d’une approche évoquant celle des peintres du XIXe siècle qui décidèrent de « peindre sur le motif » en emportant leur chevalet à l’extérieur pour le planter au milieu des paysages qu’ils souhaitaient représenter. De la même façon, Jonas Delhaye a pendant longtemps vécu dans un camion afin de voyager et de s’immerger dans des environnements qu’il observait patiemment et en captait des images latentes.

Pour l’œuvre intitulée Synthèse, Jonas Delhaye a réinscrit sur les feuilles d’un chêne l’ensemble de la nouvelle L’écriture du dieu de Luis Borges, à l’aide d’une tablette d’écriture en bois, de cordelettes, de cire d’abeille et de plombs de typographie. Chaque lettre est gravée dans la feuille, au fil d’un minutieux projet qui épouse le temps long de l’écriture tout en évoquant le lien du personnage principal avec l’expérience du langage. A travers cette œuvre faite de feuilles ajourées, Jonas Delhaye illustre également la photographie en tant qu’altération de la matière par la lumière.

« En marge des jours » : une invitation à renouer avec le rythme lent du monde

La série De sa cellule à l’heure sans ombre le moment où je peux voir témoigne également d’une volonté de s’inscrire dans un rythme long plutôt que d’utiliser le médium photographique comme un moyen d’enregistrer rapidement le réel. A la croisée d’observations scientifiques et d’imagination poétique, le projet repose sur la similitude entre l’œil et l’appareil photographique, tous deux dotés d’un diaphragme qui s’adapte à la luminosité. Jonas Delhaye a créé des abris faisant office de sténopés qu’il a installés autour de troncs d’arbre et dans lesquels le spectateur est invité à entrer. Au prix d’une attente patiente, l’œil finit par distinguer, dans la pénombre, l’image de l’arbre.