DANSE | SPECTACLE

Dancing With Bergman

12 Juil - 14 Juil 2018

Triple hommage chorégraphique au cinéaste suédois Ingmar Bergman, Dancing With Bergman réunit trois chorégraphes suédois, Johan Inger (4 Karin), Alexander Ekman (Thoughts on Bergman) et Mats Ek (Memory (2000-2018)). Une pièce chorégraphique bergmanienne, en trois volets.

Centenaire de la naissance du cinéaste suédois Ingmar Bergman (1918-2007), en 2018 trois chorégraphes suédois lui rendent hommage. Avec le spectacle Dancing With Bergman. Une initiative portée par TranscenDanses (Albert Sarfati / le Théâtre des Champs Élysées) qui, pour l’occasion, aura ainsi choisi de faire appel à Johan Inger, Alexander Ekman et Mats Ek. Soient trois générations d’artistes, pour un triptyque chorégraphique baigné de l’aura du réalisateur Ingmar Bergman. En résulte une pièce en trois chapitres, 4 Karin de Johan Inger, Thoughts on Bergman d’Alexander Ekman et Memory (2000–2018) de Mats Ek. Analyste acéré des liens familiaux et comportements humains, Ingmar Bergman réussit toujours à créer, avec les spectateurs réceptifs, un lien très intime. Une qualité qui se retrouve également dans Dancing With Bergman, au fil de trois échos singuliers, sous les traits du ballet suédois moderne.

Dancing With Bergman : triple hommage chorégraphique au cinéaste Ingmar Bergman

Faut-il encore présenter Ingmar Bergman ? Les parodies de films nordiques, très lents et ennuyeux, avec peu de mouvements et de mots, de préférence gutturaux, lui doivent beaucoup. Mais le cinéma d’Ingmar Bergman est surtout un cinéma fougueux, à la violence sourde, tourbillonnaire. Nombreux sont ses films en lien direct avec les arts vivants. Tel Fanny et Alexandre (1982), dans le milieu du théâtre. Tel Sonate d’automne (1978), dépeignant la cruauté de l’amour de l’art (la musique). Ou encore Sarabande (2003), dans lequel la tendresse est en quelque sorte ce qui permet de continuer de danser, même sur des ruines. Sans oublier Le Septième sceau (1957), avec sa mémorable danse macabre : la farandole finale. Pour Dancing With Bergman les trois chorégraphes se sont ainsi inspirés des nombreuses œuvres d’Ingmar Bergman. Sous l’œil aguerri de Bengt Wanseliu, photographe ayant longuement travaillé avec lui.

4 Karin (Johan Inger), Thoughts on Bergman (Alexander Ekman), Memory (Mats Ek)

Filigrane filmique, Dancing With Bergman inclut également des projections composées par Bengt Wanseliu. Du côté des pièces chorégraphiques, Johan Inger livre une création pour quatre danseuses. Inspiré du court-métrage The Dance of the Damned Women (1976), 4 Karin reprend et prolonge le rôle de « Karin enfant ». Pour un ballet en forme de huis-clos féminin et familial où les identités se superposent, au risque d’une con-fusion (à la Persona). Alexander Ekman présente quant à lui Thoughts on Bergman. Un solo léger dans lequel il entremêle ses textes aux notes de Frédéric Chopin (Nocturne no 2 op. 9). Pour une réflexion sur le mouvement. Enfin, Mats Ek, avec Memory (2000-2018), propose une relecture de son Memory ; pas de deux [duo] inspiré de Don Giovanni, qu’il interprète avec sa femme, Ana Laguna. Une pièce intimiste, sur la vie de couple, revisitée à la lueur de l’étrangeté bergmanienne.