ART | EXPO

Joël Stein et le GRAV

26 Nov - 21 Jan 2017
Vernissage le 26 Nov 2016

L’exposition « Joël Stein et le GRAV » à la galerie parisienne Xippas, revient sur l’œuvre de Joël Stein. A travers des peintures, gravures et objets, elle dresse un panorama de l’ensemble de la carrière d’un artiste guidé par une curiosité toujours renouvelée pour les phénomènes visuels et la perception.

L’exposition « Joël Stein et le GRAV » présentée à la galerie Xippas, à Paris, revient sur l’œuvre de Joël Stein, notamment au sein du Groupe de Recherche d’Art Visuel (GRAV) qu’il avait cofondé en 1960. Les peintures, gravures et objets réalisés par Joël Stein côtoient des œuvres de François Morellet, Francisco Sobrino, Horacio Garcia-Rossi, Julio Le Parc et Jean-Pierre Yvaral.

Joël Stein, à rebours de l’abstraction lyrique

L’exposition propose un panorama exhaustif de l’œuvre de Joël Stein, figure importante de l’art cinétique. Elle rend compte de la richesse d’un travail qui a abordé toutes les méthodes créatives et les inventions visuelles et interactives que prônait le GRAV, dans sa volonté de réhabiliter le rôle du public vis à vis de l’art et d’entretenir avec lui une relation plus forte.

Les tableaux réalisés dès 1956 par Joël Stein témoignent d’une démarche qui vise à déconstruire la figure de l’artiste en visionnaire solitaire voire maudit perpétué par l’abstraction lyrique. Les mythes entourant cette conception sont abolis par le biais d’un processus de répétition, de progression et de permutation qui concerne autant la forme que la couleur et qui fait de abstraction une utilisation contrôlée et uniforme de la surface.

Les œuvres postérieures à 1960, année où a été fondé le GRAV, suivent les principes définis en commun par Horacio Garcia Rossi, Julio Le Parc, François Morellet, Francesco Sobrino et Jean-Pierre Yvaral et Joël Stein. Les peintures de ce dernier usent de la superposition de grilles et de trames ainsi que de l’effet moiré, pour provoquer la stimulation rétinienne et l’instabilité visuelle.

Une démarche artistique guidée par la curiosité pour les phénomènes visuels et la perception

La remise en question par le GRAV de la vision élitiste de l’art qui dévalorise le public et l’idéal du collectif propre à l’époque s’inscrivent dans les travaux de Joël Stein des années 1960. La simple relation entre l’œuvre et l’œil est dépassée pour étendre les recherches expérimentales à des modes d’interaction directe avec le spectateur. Comme le Boulier, réalisé en 1965, les œuvres invitent le public à les toucher et à les manipuler. Elles deviennent des objets ludiques tels que des entités transformables, des kaléidoscopes, des dispositifs produisant des effets visuels comme des anamorphoses, des reliefs couverts de miroirs qui renvoient en reflets infinis l’image de sphères suspendues…

Dans ses réalisations qui succèdent à la dissolution du GRAV, Joël Stein revient à ses recherches sur interactions chromatiques et l’ombre et la lumière et entame des expérimentations sur le laser. Ainsi se prolonge une démarche artistique guidée par un intérêt toujours renouvelé pour les phénomènes visuels et la perception.