ART | EXPO

Danser brut 

28 Sep - 06 Jan 2019
Vernissage le 27 Sep 2018

L’exposition « Danser brut » au LaM, à Villeneuve d’Ascq, rassemble des dessins, sculptures, photographies, films, livres et documents de trente artistes, de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui, pour explorer les liens entre l’art brut et certaines formes de danse

L’exposition « Danser brut » au Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut, à Villeneuve d’Ascq, explore, à travers plus de trois cents œuvres et documents, l’art brut sous le prisme de la danse et du geste.

« Danser brut » : les liens entre l’art brut et la danse

Sous-titrée « Rodin et les mouvements de danse – Le sentiment de l’être est un débordement », l’événement « Danser brut » se veut une exposition-dossier étudiant de façon inédite les liens entre certaines formes de danse et l’art brut. Pour cela, plus de trois cents œuvres, comprenant des dessins, sculptures, photographies et films de trente artistes, de la fin du XIXe siècle à nos jours, ainsi que de nombreux livres et documents, sont réunis.

Le but de l’exposition « Danser brut » est de proposer une relecture singulière de l’histoire de l’art en analysant certaines œuvres d’art brut sous l’angle des modes d’expressivité du corps, qui peuvent aller du geste, d’un trait énergique sur une feuille de papier, à la danse et à tout déplacement du corps dans l’espace. Ces mouvements que l’on observe dans des expressions artistiques marginales s’inscrivent souvent dans des contextes inhabituels ou difficiles à remarquer, ils sont parfois involontaires, répétitifs, saccadés ou témoignent d’un équilibre précaire. Sans relever de la danse, ils en constituent à la fois une expression et une altérité.

Des manèges de Jean Grard aux dessins de Dennis Oppenheim

Le parcours offre une large place à l’interdisciplinarité, pour mettre en correspondance, dans la modernité, différentes façons et expressions d’être au monde, à travers la création artistique : cinéma muet, archives hospitalières, constructions d’art brut, dessins réalisés en état de conscience modifiée, musiques brutes, tracés éphémères, folles impulsions du corps, pantomimes et danses magiques. Ainsi les assemblages de René Guisset comme Caroussel, les dessins d’Elmut Nimcsewski comme Fête foraine, les Manèges aux oiseaux et aux chevaux que Jean Grard disposait autour de sa ferme en Bretagne ou encore le Manège construit à partir de matériaux rudimentaires et de moteurs bricolés par Pierre Avezard renvoient aux rondes ancestrales.

Les surprenants personnages sculptés d’Ulrich Bleiker, les traits nerveux tracés par Augustin Lesage lorsqu’il dialoguait avec les esprits et les dessins automatiques de Louise Tournay rappellent les liens entre la danse et les mouvements de possession et autres tournoiements frénétiques pouvant aller jusqu’à la mort. Les dessins entre figuration et abstraction de  Vaslav Nijinski, ceux de Dennis Oppenheim, Franz Hartl, Guo Fengyi et Adolf Wölfli expriment de profonds bouleversements intérieurs, des chutes et des ascensions extraordinaires, des théories cosmologiques…