ART | EXPO

Comme un boomerang

09 Fév - 12 Mai 2019

L’exposition « Comme un boomerang » présente une vingtaine d'œuvre de la collection du Frac des Pays de la Loire au Chronographe, à Rezé : sculptures, peintures, installations, photographies et vidéos de Jean Clareboudt, Anne Deleporte, Jim Hodges, Laurent Tixador, Abraham Poincheval ou encore Gala Porras-Kim, qui illustrent les liens entre art et archéologie.

L’exposition « Comme un boomerang » réunit au Chronographe, à Rezé, des sculptures, peintures, installations, photographies et vidéos de quinze artistes contemporains autour des liens entre art et archéologie.

Exposition « Comme un boomerang » : quels liens entre art et archéologie ?

L’exposition, organisée dans le cadre d’un partenariat entre le Frac des Pays de la Loire, le Chronographe et le Pôle de recherche archéologique de Nantes Métropole, explore les rapports qui existent entre pratiques artistiques et pratiques archéologiques. Rassemblant une vingtaine d’œuvres issues de la collection du Frac des Pays de la Loire, elle analyse la fascination qu’exerce l’archéologie sur les artistes, la façon dont ces derniers investissent cette discipline et comment les œuvres contemporaines font écho aux vestiges archéologiques et à l’histoire antique.

Le parcours permanent du Chronographe, construit sur le site archéologique de Rezé, permet de découvrir la vie quotidienne en Gaule Romaine à travers des objets issus de fouilles et en épousant les méthodes de la recherche archéologique. C’est en résonance avec ce parcours permanent que l’exposition a été conçue.
Son titre, « Comme un boomerang », utilise cet objet qui a traversé l’histoire de l’humanité comme symbole d’un cheminement du présent vers le passé, le visiteur étant convié à un voyage dans le temps.

Art et archéologie révèlent ce qui n’était pas ou plus visible

Le dialogue entre passé et présent s’opère à travers la question de matériaux comme la pierre, le bois, la céramique, les os ou encore les métaux précieux, sur lesquels s’exerce le travail de l’archéologue. Pour celui-ci, ces fragments matériels qu’il extrait, inventorie et étudie sont les témoins et portent les traces d’une histoire qu’il tente de faire réapparaître. De façon comparable, l’artiste, en assemblant des matériaux, génère des récits qui éclairent notre monde, qu’il soit présent ou passé. Art et archéologie ont donc en commun de révéler ce qui n’était pas ou plus visible.

Ainsi, les œuvres 3 Days, 3 Ways in Skye, Scotland et Sols de Jean Clareboudt, deux boîtes contenant divers éléments ramassés sur des sites visités s’inscrivent dans une pratique artistique proche de celle de l’archéologue, reposant sur l’observation, le prélèvement de matériaux, la prise de notes, etc. De ce travail préalable naissent ensuite des sculptures qui témoignent de temps anciens. On retrouve cette démarche de collecte et de conservation dans l’œuvre de Gala Porras-Kim : sa série intitulée Marseille fragment reconstruction est composée de sept fragments de céramique récupérés dans une bennes à gravats, des morceaux d’objets porteurs de sens ou déchets sans importance qui acquièrent une nouvelle dimension par l’interprétation personnelle qu’en tire l’artiste.

L’œuvre Winning Icon, réalisée en 1995 par Anne Deleporte, relève comme l’archéologie d’une volonté de rendre visible l’invisible : cette pièce tirée de la série Icônes à gratter consiste en une photographie recouverte d’une feuille d’or, à la manière des billets de loterie qu’il faut gratter pour connaître son gain. Le procédé aiguise la curiosité du spectateur, le plaçant dans la situation de l’archéologue qui ne sait pas ce que sa truelle va révéler, tout en rappelant les strates archéologiques, l’image masquée évoquant d’autres périodes de l’histoire de l’art, celle des icônes religieuses et celle du monochrome.