ART | EXPO

Souvent nos réalités sont des désirs

13 Jan - 17 Fév 2018
Vernissage le 12 Jan 2018

L’exposition « Souvent nos réalités sont des désirs » à la galerie nantaise RDV présente un duo inédit composé d’une figure de la scène contemporaine, Jacqueline Gueux, et de l’artiste émergente Annely Boucher. Leur pratique pluridisciplinaire rend compte de la fragilité et de l’incertitude du monde.

L’exposition « Souvent nos réalités sont des désirs » à la galerie RDV, à Nantes, propose un dialogue entre les œuvres d’une artiste reconnue, Jacqueline Gueux, et d’une artiste émergente, Annely Boucher, autour de leur exploration commune d’un monde toujours en mouvement, instable, jamais achevé.

L’exposition « Souvent nos réalités sont des désirs », un dialogue entre Jacqueline Gueux et Annely Boucher

L’exposition s’inscrit dans la série d’expositions intergénérationnelles qu’organise la galerie RDV et offre une carte blanche à une artiste familière de la scène contemporaine, Jacqueline Gueux, invitée à former un duo avec une jeune plasticienne de son choix. C’est Annely Boucher que la sculptrice a choisie, pour mettre en lumière les liens qui unissent leurs pratiques respectives.

Entre sculpture, dessin, performance, la pratique de Jacqueline Gueux explore la fragilité du monde

L’œuvre de Jacqueline Gueux est guidée par un esprit ludique et une démarche singulière qui croise la sculpture avec la performance, la mise en scène et l’écriture. L’exposition réunit une sélection de réalisations représentatives de son parcours comme les installations Sans titre et karaoké et Dessin en liberté, l’œuvre mêlant installation et performances Jeter la terre au ciel ou encore la photographie Prendre la pose, à partir d’une sculpture de 1964.

Les créations de Jacqueline Gueux articulent ce qu’elle appelle des « accessoires de la pensée », au gré d’une exploration curieuse du monde perçu dans son immatérialité. Par l’analyse, le dessin, la découpe et l’incision, elle concentre son observation sur les éléments les plus insignifiants, mais aussi sur les corps dont ses objets sont une métaphore, pour révéler avec humour et poésie la fragilité du monde et des relations entre les choses et les êtres, ainsi que la difficulté à communiquer.

La pratique expérimentale d’Annely Boucher mêle texte, dessin, création sonore, photographie…

La pratique d’Annely Boucher est elle aussi fondée sur l’expérimentation et sur le recours à de multiples médiums : le dessin, la voix, la création sonore, le collage, l’écriture, la photographie… Ses recherches se portent sur les formes en circulation et relèvent d’une sorte de gratuité comme la radio, les tracts ou les affiches. Le texte est au cœur de son travail : il apparaît sous la forme d’une gouache sur papier avec Se regarder vraiment, écrit sur des mains dans le diapositive O. les choses qui comptent et sous la forme d’un schéma dans un dessin sans titre et dans l’œuvre à l’encre sur papier Cas sensible.

Épinglés, scotchéS, les mots, notes, dessins et traces s’accumulent peu à peu sur un mur, selon un accrochage qui rend incertaine la frontière entre processus et finalité. A la manière du travail de Jacqueline Gueux, celui d’Annely Boucher se nourrit des doutes, des brèches, des incertitudes qui émaillent le monde.