logo
130521RicardEntremise
ART PHOTO DESIGN DANSE
parisART recherche un-e COMMERCIAL-e MOTIVE-e connaissant le marché de l'art
RECHERCHER


INTERVIEWS

Patrick Tosani, Les chaussures de lait 3, 2002. Photographie, 92 x 120 cm.<br><br>Courtesy de l&rsquo;artiste © Patrick Tosani Patrick Tosani
Patrick Tosani
06 mai 2011
Le travail de Patrick Tosani fait actuellement l'objet d'un premier bilan, au travers d'une exposition-rétrospective à la Maison Européenne de la Photographie et d'une monographie. L'occasion pour nous de rencontrer ce photographe hors pair qui, depuis trente ans, s'attache à conceptualiser les moyens spécifiques à son médium, sans renoncer pour autant à l'énigme et à la poésie.
carre_rouge  Par Elisa Fedeli

Elisa Fedeli. Dans quel contexte avez-vous découvert et étudié la photographie? Pourquoi avoir fait de ce médium votre support d'expression privilégié?
Patrick Tosani. Dès l'adolescence, j'ai expérimenté la photographie en amateur plus ou moins averti. A partir de 1973, j'ai opté pour des études d'architecture. A cette époque, il n'était pas possible d'étudier la photographie en écoles d'art, celles-ci étant entièrement dévolues aux pratiques traditionnelles que sont la peinture, la sculpture et le dessin.
Dans le contexte de ces études d'architecture, c'est le rapport à l'image qui m'intéressait avec des questionnements liés à l'espace et à l'échelle. Je développais en parallèle mes propres recherches photographiques, jusqu'à ce qu'elles soient assez abouties pour que je m'y consacre entièrement.
On a toujours réduit la photographie à des standards, directement liés à sa fonction dans le domaine du livre, de l'archivage et du reportage. Mais, pour moi, elle est un champ totalement libre et absolument légitime.
Très tôt, je me suis éloigné des questionnements véhiculés par la photographie de l'époque, qui tournaient principalement autour des notions de document et de fiction. Ce qui m'intéressait davantage était de réfléchir d'un point de vue analytique sur le médium lui-même, dans son interaction avec le réel.

Tout au long de votre parcours, quels sont les artistes qui vous ont influencé et nourri durablement?
Patrick Tosani. Le Quattrocento italien, Kasimir Malevitch, Brancusi, Barnett Newman, Robert Ryman, Robert Smithson, Carl Andre, Gordon Matta-Clark, Klaus Rinke, Giuseppe Penone, Jan Dibbets…

L'essentiel de votre travail se passe dans l'atelier, où vous élaborez des constructions statiques à partir d'objets. Comment en êtes-vous arrivé à privilégier ce type de sujet?
Patrick Tosani. L'idée de l'objet m'est venue très progressivement, après un long travail d'expérimentation sur la réalité extérieure. La ville et le paysage ont été mes premiers terrains de recherche sur le phénomène photographique. La question de l'enregistrement y était déjà présente.
Plus tard, je me suis concentré sur un travail d'atelier et mon intérêt s'est resserré sur le champ de l'objet en tant que tel. Celui-ci m'a conduit à des réflexions autour de l'idée d'amplification de l'image, devenant signifiant d'une interrogation sur le monde à différents niveaux.
J'estime que l'image photographique doit restituer dans son espace de monstration tout ce qui se concentre dans l'appareil. Cela explique mon attention pour la question du format. La photographie étant un effet de captation et de concentration du réel, elle doit être abordée avec une liberté et une curiosité d'investigation.

Vous considérez que «La photographie est un médium très réducteur et très pauvre». En quoi cette pauvreté du médium vous intéresse-t-elle?
Patrick Tosani. Je suis fasciné par la relation de la photographie au réel. L'enregistrement photographique est d'une certaine façon un mimétisme du réel, en ce sens qu'il en donne un rendu très fidèle. En même temps, il opère un aplatissement bi-dimensionnel du réel. C'est un médium pauvre, si on le compare à la peinture ou à la sculpture: les textures, les odeurs et l'épaisseur en sont abolies. C'est pourquoi l'espace photographique doit complètement être réinventé et reconstruit.
La sécheresse de la photographie m'intéresse car elle m'invite à la construction d'une nouvelle appréhension. D'où l'importance que j'attache au tirage, au format et à l'accrochage.

Quels appareils photographiques utilisez-vous?
Patrick Tosani. J'utilise des moyens formats, qui répondent pour moi à deux exigences: la précision et la mobilité. Contrairement à ce que l'aspect posé de mes constructions laisse croire, je me permets une certaine mobilité et une certaine rapidité. C'est évident dans les images qui font appel à des liquides et à la peinture.
La prise de vue n'est pas un simple moment d'exécution. Elle demande une extrême réflexion. Je ne suis pas dans un schéma de réalisation où les choses seraient absolument décidées à l'avance. L'essentiel de mon travail d'atelier consiste en des réglages techniques mais surtout de la pensée. Je fais de nombreuses expérimentations, jusqu'à ce qu'une série se profile et finisse par s'installer.

Au moment de la prise de vue, y a-t-il une place dans votre travail pour le hasard?
Patrick ...


Créateurs :
puce rouge Patrick Tosani




puce rouge Page 1 / 3 fleche suivante Page suivante

site_com


ÉDITORIAL fleche_rouge
Entre sens et sensation
Aussi matérielles soient-elles les œuvres contemporaines débordent souvent, du côté du sens et du projet, leur visibilité. Elles valent moins en tant que choses à voir qu'en tant qu'expressions matérielles, ou vestiges, parfois lacunaires et même déceptifs, de processus et d'expériences. Le rôle de combler l'apparente disjonction entre la part visuelle et la part conceptuelle des œuvres contemporaines; le rôle de raccorder, en quelque sorte, la matérialité sensible des...
">fleche Lire la suite
130521Le104Impatience
130408VilletteKawa
acting01 acting02
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Acte II de l'exception culturelle à l'ère du numérique
puce rouge  Vente de la Maison de France à Berlin
puce rouge  Renouvellement de José-Manuel Gonçalvès à la direction du Centquatre
puce rouge  Fermeture de la galerie Jérôme de Noirmont, à Paris
puce rouge  Marseille: 400 000 euros pour David Guetta, sans rien pour les associations
puce rouge  Israel Galvan danse pour les Roms de Ris-Orangis
puce rouge  Décès du photographe Gabriele Basilico
puce rouge  Annonce des nommés du prix Marcel Duchamp 2013
puce rouge  Pas d’art pour les pauvres, les sales et les méchants!
puce rouge  Eric Cantona, la Rolls de l'Abbé Pierre
puce rouge  Andrée Putman: luxe, mesure et simplicité
puce rouge  Egalité des chances dans l'accès aux grandes écoles de la culture

DIAPORAMA

interviewLe miroir est devenu un objet de décoration primordial et apprécié de tous. Un beau miroir design peut être le détail qui change une pièce ! Découvrez la gamme miroir design sur le site de PIB.
pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales