logo
160520ArtAbordable
ART PHOTO DESIGN DANSE
RECHERCHER


INTERVIEWS

Portrait d&rsquo;Olivier Masmonteil<br><br>Crédit photo: Pierre Douaire
Olivier Masmonteil
Olivier Masmonteil
07 mai 2011
Olivier Masmonteil est peintre de paysage. A moins de quarante ans, il n'est pas évident de percer dans le monde de l'art contemporain. Retour sur un parcours atypique.
fleche suivante1/3
Par Pierre-Évariste Douaire

Pierre-Evariste Douaire. Pourquoi ne peindre que des paysages?
Olivier Masmonteil. Je suis un rural. Aux Beaux-Arts de Bordeaux, venant de Brive, j'étais considéré comme un plouc. Faire de la peinture dans les années 1990 était mal vu, voire interdit. Alors s'enfermer dans un genre comme le paysage était tout simplement impensable pour les tenanciers de l'art contemporain. Je suis un pêcheur à la mouche également. Tu vois, c'est le mec qui se trouve au milieu de la rivière. Il est complètement entouré d'eau. Il est au milieu de cette surface lisse, il mouline avec son poignet et fait voler sa ligne. C'est un geste que l'on peut retrouver en peinture, sur la surface de la toile par exemple. Cette occupation a à voir avec l'opacité et la transparence, autant d'enjeux qui se retrouvent dans ma peinture.

Le reflet de l'eau t'inspire?
Olivier Masmonteil. Au début, je peignais dans un style matiériste, à la manière de Fautrier ou de Tapies. J'aime les reflets sur l'eau et en peinture mais je ne suis pas à l'aise dans cet exercice quand il s'applique au visage. Je ne m'autorise pas à déformer un portrait alors que je le fais pour un paysage. A l'intérieur de ce cadre, tu peux être libre d'avoir des parties plus floues que d'autres.

Les grands espaces te motivent, te procurent de l'émotion?
Olivier Masmonteil. Je te répondrai Jim Harrisson ou Into the Wild de Sean Penn. L'appel de la forêt, l'appel du large.

Pourquoi utiliser des grands formats?
Olivier Masmonteil. J'entretiens un rapport physique avec mes toiles. J'ai une attirance pour les grands formats. En général, elles font deux mètres d'envergure, comme moi. Je suis très grand. J'aime cette idée d'avoir une surface à peindre. C'est un terrain de jeu, un véritable territoire à investir. Cela me donne une envie de peindre. L'idée de départ implique obligatoirement un format plus ou moins grand. Je pars toujours de ma taille. La toile sera un peu plus ou un peu moins grande que moi.

Tu fais corps avec ton tableau?
Olivier Masmonteil. Je peux danser avec la toile, la combattre. Il y a toujours de l'élégance et de la sensualité dans le geste.

D'où vient cet amour des grands formats?
Olivier Masmonteil. Sans hésitation: du Louvre. Quand tu visites le musée, c'est juste énorme. C'est une grande pâtisserie.

Il y a beaucoup de plaisir dans ta peinture.
Olivier Masmonteil. La notion de plaisir est très importante dans mon travail, c'est une activité évidente, c'est en même temps une force. Cela permet d'avancer et de travailler beaucoup et longtemps.

Peindre, ce n'est pas évident.
Olivier Masmonteil. Il faut avoir une certaine prétention pour peindre. L'histoire de l'art est riche. Peindre consiste à s'y confronter. A un moment donné, il faut accepter cet héritage et se mesurer à lui. Tous les amis peintres de ma génération ont ce rétroviseur en face d'eux. C'est un moteur qui nous booste pour avancer. C'est une saine émulation. Nous voulons être à la hauteur des plus grands. C'est abrupte comme affirmation, mais nous en parlons entre nous. C'est très présent, que ce soit chez Julien Beynetton, chez Gregory Forstner ou chez Duncan Wylie. Cela aboutit à des choix radicaux. Cela renforce notre détermination.

C'est une réponse à l'ironie ambiante?
Olivier Masmonteil. J'ai commencé à peindre quand l'ironie était à l'honneur avec Maurizio Cattelan. Mais depuis, cela s'est changé en cynisme ambiant. La scène actuelle ressemble un peu à Julien Doré. Tout est dans le second degré. A force, on a compris. Tout n'est que dérision et troisième degré. Ça tourne à vide à force. Cattelan est un très bon artiste mais il est le David de notre époque. Les peintres, à mon avis, se rapprochent plus de Delacroix. Les enjeux en peinture me semblent supérieurs. Elle ne joue pas dans le même champ que la scène contemporaine, me semble-t-il.

La peinture n'est pas morte (ironique)?
Olivier Masmonteil. Depuis son origine, la peinture est déclarée comme finie. Depuis toujours, on annonce sa fin. C'est vrai chez Pline. Dans son Histoire naturelle, il écrit que «la peinture romaine expire». La même chose est visible à la Renaissance. Chaque nouveau chef d'œuvre est déclaré indépassable. Chaque nouvelle toile annonce la chute du genre. La photographie au XIXè siècle provoque la même peur. Pourtant, l'impressionnisme est né directement de cette invention. Loin de l'affaiblir, la technique renforce la peinture. Elle l'oblige à s'ouvrir à de nouveaux horizons, comme l'abstraction. Ce constat est valable encore aujourd'hui. La multiplication des médiums libère la peinture ...

fleche suivante1/3

ANNONCES


160513Abordable
ÉDITORIAL fleche_rouge
Editos, et d'autres choses, à venir
J'ai depuis plusieurs mois suspendu la rédaction de mes éditos hebdomadaires. Pour deux raisons: 1° la rédaction d'un livre qui me tient à cœur; 2° la refonte totale du site que vous découvrirez dans les prochaines semaines. J'ai hâte de reprendre la publication des éditos pour interroger et partager avec vous les mouvements et soubresauts des arts, des images et de la culture. Merci de votre fidélité à parisART.
A bientôt. 
André Rouillé

fleche Lire la suite
160517Le104impatience
160510MitterrandMcCollum


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Bilan de la Nuit européenne des musées 2016
puce rouge  Le Musée départemental Matisse, au Cateau-Cambrésis élu palme d’or du palmarès des musées de France par Le Journal des Arts.
puce rouge  Air shark: le requin monumental de l’aéroport Côte d’azur
puce rouge  Les 15 finalistes du Prix Levallois 2016
puce rouge  Valérie Mouroux rejoint l’Institut français
puce rouge  Disparition de l'artiste François Morellet
puce rouge  Patrimoines vivants dans un Moyen-Orient en conflit
puce rouge  Les collections des musées de la Ville de Paris en ligne.
puce rouge  Les lauréats du 61e Salon de Montrouge ont été annoncés.
puce rouge  L’école Camondo ouvre dès la rentrée 2016 10 % de places gratuites.
puce rouge  La galerie Templon fête ses 50 ans en 2016
puce rouge  Les nouveaux membres du conseil d’administration du Centre Pompidou
DIAPORAMA




pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales