logo
130521RicardEntremise
ART PHOTO DESIGN DANSE
parisART recherche un-e COMMERCIAL-e MOTIVE-e connaissant le marché de l'art
RECHERCHER


INTERVIEWS

<br><br> Laurent Montaron
Laurent Montaron
25 mai 2005
Depuis dix ans, Laurent Montaron, 34 ans, construit une œuvre parlante. Maniant l'image aussi bien que le son, il s'attache à poser du sens sur une réalité surexposée, à revenir à une sorte d'essentiel. Empruntant au réel ses codes de représentation et flirtant avec l'imaginaire collectif, il sème des indices, invitant le spectateur à une lecture participative.
carre_rouge  Par Anne-Lou Vicente

Par Anne-Lou Vicente

Anne-Lou Vicente: A rebours de la surexposition de la réalité, ton travail s'inscrit dans la suggestion plus que dans la (dé)monstration. Est-ce une façon de critiquer notre «société du spectacle» ?
Laurent Montaron: Oui et non car j'ai recours à des mécanismes à même de fabriquer du spectacle. Plutôt que d'émettre une critique en négatif, je préfère fabriquer quelque chose à partir de ce qui existe déjà.

Dans tes œuvres, tu sembles semer des indices comme autant de signes livrés à l'interprétation. Elles s'apparentent souvent à des puzzles que l'on doit reconstituer.
Oui. Cela rappelle la peinture classique, une peinture conceptuelle chargée de signes, d'allégories. Nous n'avons plus cette culture. La manière dont je procède est une lecture différente de tous les signes qui nous entourent. Aujourd'hui, il y a beaucoup d'artistes qui jouent avec cette culture du signe assez pop. Je trouve que cette critique légère se positionne en négatif.

Finalement, l'interprétation de mon travail passe absolument par le langage. C'est, comme dans la psychanalyse, à travers la formulation symbolique par le langage de ce que l'on perçoit que l'on y donne sens. Les pièces telles que je les fabrique visent à provoquer une prise de parole qui permette de poser du sens sur les choses.

En fabriquant des images, et en reconstituant ainsi le réel, tu mets clairement en évidence l'écart qui sépare la réalité de sa représentation.
Je pense ici à la photo Battue : j'ai tâché de constituer plutôt que de reconstituer une scène. Ces personnes prises en photo ont réellement effectué cette battue dans les bois. Je n'ai tiré qu'une seule image de cette sorte de performance qui correspond à mes yeux à l'image fantasmée de ce qu'est véritablement une battue. Il existe une sorte d'imaginaire flottant qui serait l'essence des choses. Lorsque je crée une image, je tâche de me rapprocher au plus près de l'imaginaire collectif afin que l'on puisse entrer immédiatement dans le vif du sujet.

La notion de séparation est récurrente dans ton travail. N'est-elle pas au cœur même de la photographie qui, à l'image de Minimax, peut s'envisager comme une suspension, une extraction dans un espace-temps donné ?
Faire une photo, c'est avant tout réaliser un cliché, soit un moment arrêté dans le temps. Je vois mes images comme des moments qui débutent, et qu'il faut compléter. L'idéal serait que la photo engage à une réflexion.

Tu effectues des allers-retours entre image fixe et image en mouvement: Qui sauve est une image vidéo figée. Pour Spit, l'image fixe est animée au moyen d'un ventilateur interposé entre le projecteur et la photographie. C'est une façon de revenir à l'origine du film, une succession d'images.
J'aime l'idée de montrer le mécanisme qui permet la fonction, et montrer cette fonction de manière à la rendre allégorique. Spit dévoile le mécanisme de l'image en mouvement et sa dimension illusionniste. La perception est très liée à des mécanismes physiques de persistance rétinienne de l'image, qui en même temps, se renouvelle.
Nous vivons dans un monde où l'on a plus du tout de prise sur le fonctionnement des objets que l'on utilise au quotidien. Cette façon de procéder permet de décortiquer les choses, de revenir à une sorte d'essentiel.

Les références au situationnisme sont multiples dans ton travail, que ce soit à travers le titre de certaines œuvres — C.d.l.s. reprend les initiales du film manifeste de Guy Debord, Critique de la séparation —, ou bien à travers les œuvres elles-mêmes, qui matérialisent de différentes manières cette idée de séparation (Je n'ai de cesse, Divertimento, ...). L'exemple le plus éloquent étant sans doute la photo Ne travaillez jamais, qui réactive le célèbre slogan situationniste sous la forme d'une reconstitution, d'un «remake».
Je me sens assez proche de tout ça en effet. Je fabrique des images et à la fois, j'ai toujours cette intention de fabriquer des situations devant ces images. Souvent séduisantes, elles sont pénétrables et constituent aussi des objets.

Tu guides notre lecture en semant des indices, qu'ils soient visuels ou textuels. Titres et légendes détiennent un rôle très important. «Forest of Sherwood- - Nottinghamshire» montre l'orée d'une forêt en bord de route. C'est la légende qui vient lui apporter son aura mystique, mythologique.
Oui, c'est la légende qui indexe le sens. Il n'y a pas d'interprétation qui soit purement visuelle. Une image, ça ne parle pas ...


Créateurs :
puce rouge Laurent Montaron





puce rouge Page 1 / 2 fleche suivante Page suivante

site_com


ÉDITORIAL fleche_rouge
Entre sens et sensation
Aussi matérielles soient-elles les œuvres contemporaines débordent souvent, du côté du sens et du projet, leur visibilité. Elles valent moins en tant que choses à voir qu'en tant qu'expressions matérielles, ou vestiges, parfois lacunaires et même déceptifs, de processus et d'expériences. Le rôle de combler l'apparente disjonction entre la part visuelle et la part conceptuelle des œuvres contemporaines; le rôle de raccorder, en quelque sorte, la matérialité sensible des...
">fleche Lire la suite
130521Le104Impatience
130408VilletteKawa
acting01 acting02
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Acte II de l'exception culturelle à l'ère du numérique
puce rouge  Vente de la Maison de France à Berlin
puce rouge  Renouvellement de José-Manuel Gonçalvès à la direction du Centquatre
puce rouge  Fermeture de la galerie Jérôme de Noirmont, à Paris
puce rouge  Marseille: 400 000 euros pour David Guetta, sans rien pour les associations
puce rouge  Israel Galvan danse pour les Roms de Ris-Orangis
puce rouge  Décès du photographe Gabriele Basilico
puce rouge  Annonce des nommés du prix Marcel Duchamp 2013
puce rouge  Pas d’art pour les pauvres, les sales et les méchants!
puce rouge  Eric Cantona, la Rolls de l'Abbé Pierre
puce rouge  Andrée Putman: luxe, mesure et simplicité
puce rouge  Egalité des chances dans l'accès aux grandes écoles de la culture

DIAPORAMA

interviewLe miroir est devenu un objet de décoration primordial et apprécié de tous. Un beau miroir design peut être le détail qui change une pièce ! Découvrez la gamme miroir design sur le site de PIB.
pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales