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INTERVIEWS

Carolyn Carlson, portrait, Masterclass de l&rsquo;Atelier de Paris, mars 2010.<br><br>Courtesy Atelier de Paris, Carolyn Carlson © Patrick Berger, APCC Carolyn Carlson
Carolyn Carlson
12 mars 2010
Si Carolyn Carlson a révolutionné la danse française des années 1980, entre improvisions et poésie, elle marque désormais la nouvelle génération de danseurs de son enseignement. Une rencontre avec le "maestro" au sein même de l'Atelier de Paris, qu'elle dirige depuis 10 ans en parallèle du Centre chorégraphique de Roubaix.
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Par Juliane Link

A notre arrivée à l'Atelier de Paris, l'atmosphère est enjouée et pétillante. Les danseurs prennent le temps d'un déjeuner avant les portes ouvertes de l'après-midi. Carolyn Carlson, dont l'actualité foisonne à Paris, entre deux spectacles accueillis au Théâtre national de Chaillot, une performance pour la Cité de l'Architecture et d'autres surprises, nous accorde 
une interview sensible et généreuse, consciente de son rôle de « maestro » pour une jeune génération dont elle estime la vitalité.

Juliane Link. Quelle relation entretenez-vous avec l'enseignement de la danse?

Carolyn Carlson. J'adore enseigner. J'ai été formée auprès d'Alwin Nikolaïs, à New-York. Il a toujours travaillé avec 4 concepts : le temps, l'espace, la forme et le mouvement perpétuel. Ce sont restées les notions fondamentales de mon travail. Bien sûr, ce que je propose est différent, mais je me réfère encore à ces mêmes bases. J'appelle cela « travailler sur l'éternité».
Dans la pratique, l'exercice prend 20 minutes : nous allons jusqu'à l'éternité puis nous revenons… Au cours de cette masterclass, après quelques jours de travail, nous avons partagé, les élèves et moi, un ressenti extrêmement fort, vécu un instant suspendu pendant lequel plus personne n'était capable de parler. Nous expérimentions ensemble un moment d'éternité ! Quand je suis rentrée chez moi, j'ai eu envie de réaliser une chorégraphie et d'écrire un poème. C'était tellement puissant que je devais le partager, redonner cette expérience aux danseurs avec lesquels je l'avais vécue.

L'atelier Carolyn Carslon organise des résidences, des ateliers et des Masterclasses depuis 1999. Vous vous êtes volontairement inscrite dans une démarche de transmission de la danse. Que cela signifie-t-il pour vous?
Carolyn Carlson. Pour moi, c'est très important que la nouvelle génération puisse suivre des cours avec les meilleurs enseignants. Des chorégraphes tels que David Zambrano, Benoit Lachambre, Dominique Mercy ou Peeping Tom viennent enseigner ici, à Paris. Cela permet de créer un point de convergence et des rencontres avec les danseurs. Nous avons des étudiants français, italiens et suédois, ce qui est lié à mon parcours dans ces trois pays. Ensuite, il y a ce moment très intense, tous les deux ans, le « June Event », qui permet de montrer de nombreuses créations et des travaux de chorégraphes en résidence ici.

De quelle manière la danse se transmet-elle, selon vous?
Carolyn Carlson. Il est impossible d'apprendre la danse dans un livre. Cela se passe uniquement au travers d'une transmission physique et sensible. Les élèves comprennent dans la pratique comment lever un bras dans l'espace. Nous évoquons ensemble ce qu'est l'espace et de quelle manière nous pouvons inscrire le mouvement dans une poésie de l'espace. Chaque mouvement est un poème. Il ne s'agit pas simplement de lever le bras et de voir ce qu'il se passe. Il s'agit de lever le bras pour la première fois. Et quand vous parvenez à expliquer cela aux danseurs, quelque chose se produit en eux. Cela devient quelque chose d'essentiel à leur intériorité. Je pense que si vous avez cette énergie, si vous pensez de cette manière, vous le transmettez ainsi au public et à vous-même.

Que recevez-vous de ces jeunes danseurs?
Carolyn Carlson. L'expérience des jeunes danseurs est pour moi toujours très enrichissante. C'est incroyable de voir la lumière qu'il y a dans leurs yeux. Pour moi, c'est la preuve que j'ai réussi à communiquer quelque chose qui a de la valeur pour eux. Mais, cela ne tient pas à moi. Je suis seulement le moyen par lequel ils expérimentent l'éternité, je suis un médium. Il est possible de voir le chemin que chacun parcourt. Ils rejoignent l'énergie cosmique qui relie l'ensemble des êtres humains. En voyant ce qui se produit dans cet espace, chaque danseur n'est plus ni inconnu, ni seul, mais il est relié avec le tout. Je parle aussi du yi-king et de l'équilibre avec la nature et les éléments. Il s'agit finalement de moment d'expansion de conscience. Cela n'est pas uniquement physique. Nous savons d'où vient la danse, elle vient de notre imagination. En réalité, il n'y a pas d'espace, il n'existe que parce que nous le créons par ces moments d'implosion et d'explosion, dans l'attente du surgissement de la magie.

Plus généralement, de quelle manière considérez-vous votre travail?
Carolyn Carlson. Avant tout, je me considère comme une performeuse, enseignante, chorégraphe, poète, et je peins aussi. Toute mon existence consiste à ressentir avec l'art. Mon travail est basé sur la poésie, poésie ...

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