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INTERVIEWS

Taroop & Glabel, <em>Le Beuglephone électrique</em>. 2007<br><br>Courtesy Sémoise galerie-éditions. © Taroop & Glabel
Gilles Barbier
Georges-Philippe Vallois (galeriste)
09 juil. 2004
En plein cœur du quartier de Saint-Germain-des-Prés, la galerie Vallois est devenue l'un des lieux forts de la scène artistique parisienne pour avoir fait entrer des œuvres contemporaines dans un quartier d'antiquaires.
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Par Caroline Lebrun

Interview
Par Caroline Lebrun

Située au 36, rue de Seine, en plein cœur du quartier de Saint-Germain-des-Prés, la galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois est devenue l'un des lieux forts de la scène artistique parisienne contemporaine.
Revendiquant depuis sa création un esprit d'indépendance exigeant, elle se montre pionnière au début des années 90 en faisant entrer des œuvres contemporaines et de nouveaux artistes dans un quartier historique d'antiquaires où le marché de l'art est solidement établi. Défendant ardemment des choix esthétiques ambitieux, la galerie a progressivement su tirer profit de sa singularité. Elle a participé à l'émergence d'un nouveau pôle, le Parcours Rive Gauche, qui rassemble aujourd'hui une quinzaine de galeries dédiées à l'art contemporain dans le VIe arrondissement.
Paris, le 03 décembre 2004

Caroline Lebrun. Vous allez bientôt pouvoir fêter les quinze ans d'existence de la galerie. Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé son ouverture en 1990 ?
Georges-Philippe Vallois. Nous avons créé la galerie pour montrer nos choix en étant totalement novices dans ce métier. Auparavant je gagnais très bien ma vie en tant que courtier, marchand privé. J'ai commencé sans savoir ce qu'était un Frac ! En revanche, nous étions très expérimentés dans le monde classique de l'art contemporain. Naturellement, nous nous sommes installés rue de Seine. Nous connaissions bien ces lieux où, il est vrai, mes parents sont antiquaires et ont une galerie de mobilier Art Déco. Ayant fait du courtage dans ce quartier, je savais que les collectionneurs s'y trouvaient. Nous pressentions aussi qu'il existait tout un potentiel de publics comme, par exemple, des acheteurs d'art africain ou d'œuvres plus classiques que celles que nous présentons, qui pouvaient venir un jour ou l'autre à l'art contemporain. Nous voulions aussi séduire ces personnes pour attirer de " nouveaux collectionneurs ".

Quel bilan dresseriez-vous de ces premières années d'activité ?
Le bilan est positif. Mais il faut rappeler que sur ces quinze années, nous avons connu neuf ans de crise de 1990 à 1999 avec une chute très sévère en 1991 liée à la crise économique générale. A partir de 1994, nous avons commencé à remonter doucement.

Dans les relations que vous entretenez avec les collectionneurs, pourriez-vous comparer votre travail de galeriste avec le second marché qui constituait votre activité initiale ?
Cela est difficile car le second marché que j'exerce est extrêmement sélectif dans les choix d'œuvres. Je me limite, presque exclusivement, au Nouveau Réalisme qui me passionne et qui, curieusement, a peu attiré l'attention des personnes de ma génération. Cependant, aucun de nos artistes ne ressemble, de près ou de loin, à ce mouvement. Nous ne recherchons d'ailleurs aucune identité de ce point de vue dans le choix des jeunes plasticiens. En revanche, je pense que des démarches liées à cette mouvance — des attitudes, des comportements — restent très contemporains.

Qu'est ce qui vous intéresse en particulier dans le Nouveau Réalisme ?
J'ai beaucoup travaillé, entre autres, avec Arman, Villeglé et César que je connaissais très bien personnellement. Or, contrairement aux idées reçues, ce mouvement est plutôt maltraité et peu défendu. César et Arman ont dû longtemps attendre pour faire l'objet d'une exposition rétrospective à Paris. Celle-ci a fini par se faire au Jeu de Paume et c'était insuffisant. Villeglé, quant à lui, n'a jamais bénéficié d'une exposition monographique — en tout cas rétrospective — en France alors qu'il en a eues dans tous les musées d'Europe. Un constat assez pathétique à mes yeux…

Et, qu'en est-il des orientations esthétiques de la galerie ?
Je ne considère pas que nous soyons enfermés dans une orientation esthétique. Cependant, en regardant tous les artistes que nous représentons, on s'aperçoit, par exemple, que la peinture y est très peu présente. Nous n'éprouvons pourtant aucune aversion pour la peinture en tant que telle. D'ailleurs, un artiste tel Richard Jackson s'avère finalement être un peintre. Mais son travail pourrait m'attirer les foudres de certains de mes confrères qui défendent cette forme d'art. Car il essaie justement de sortir des limites imposées par la peinture. Cela ne signifie pas qu'il la rejette, et nous non plus. Simplement, nous nous sentons peu concernés. Enfin, une seconde caractéristique de notre travail : notre ambition d'imposer des artistes dont nous sommes la première galerie.

Dans la présentation générale du programme contemporain de la galerie, vous dites que votre priorité est de promouvoir de " nouveaux jeunes artistes ". Qu'entendez-vous par " ...

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Editos, et d'autres choses, à venir
J'ai depuis plusieurs mois suspendu la rédaction de mes éditos hebdomadaires. Pour deux raisons: 1° la rédaction d'un livre qui me tient à cœur; 2° la refonte totale du site que vous découvrirez dans les prochaines semaines. J'ai hâte de reprendre la publication des éditos pour interroger et partager avec vous les mouvements et soubresauts des arts, des images et de la culture. Merci de votre fidélité à parisART.
A bientôt. 
André Rouillé

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