logo
140628SerignantRossonCrow
ART PHOTO DESIGN DANSE
parisART recherche un-e COMMERCIAL-e MOTIVE-e connaissant le marché de l'art
RECHERCHER


INTERVIEWS

Taroop & Glabel, <em>Le Beuglephone électrique</em>. 2007<br><br>Courtesy Sémoise galerie-éditions. © Taroop & Glabel
Gianni Motti
Gianni Motti
15 juin 2003
«Il y a une espèce de nouvel ordre mondial dans l'art, il faut rester dans les rangs. Finalement, moi, je n'aime pas trop rester dans les rangs».
fleche suivante1/6
Par Eléonore Saintagnan

Entretien téléphonique réalisé le 9 septembre 2002 depuis Paris par Eléonore Saintagnan avec Gianni Motti dans son appartement de Genève.

Certains artistes parlent d'art d'attitude. Te considères-tu comme un artiste d'attitude ?
J'ai une attitude à moi. Chacun est comme il est. Moi, je ne peux pas faire uniquement des belles choses, visuelles, formelles, pour mettre dans une galerie ; ça ne m'intéresse pas. C'est comme passer sa vie à chanter des litanies d'amour, des niaiseries, ça ne m'intéresse pas. C'est ce qui s'est passé pour «Dommages collatéraux». Normalement, on attend d'une guerre des armes, des choses pathétiques ; ces photos sont de beaux paysages, elles parlent de la guerre, mais sans les morts, les visages, l'émotion, tout ça. A Perpignan, ils ont fermé mon exposition. Ils disaient que j'aurais dû retoucher les photos.

C'est ce que tu as fait, non ?
Je les ai juste recadrées un peu. En plus on les a payées, ils avaient dit qu'ils nous les donnaient bon marché parce que de toutes façons, ils ne les utiliseraient pas, qu'ils ne pouvaient pas représenter la guerre avec ça. Ils nous les ont données sur un CD grand format. Je les ai invités à l'exposition, ils étaient étonnés de voir beaucoup de monde s'intéresser aux photos. C'était l'unique pièce qui parlait de la guerre sans mettre du pathétisme : on voyait d'abord quelque chose de beau, et ensuite on se rendait compte que quelque chose n'allait pas de soi. Alors le directeur est intervenu. Il y a une espèce de nouvel ordre mondial dans l'art, il faut rester dans les rangs. Finalement, moi, je n'aime pas trop rester dans les rangs. Sinon tu ne fais pas l'artiste, tu fais autre chose.

C'est ce qui est intéressant dans ton travail. Tu prends des risques. Pour ton faux enterrement à Ribarteme…
Ce n'était pas un faux enterrement. L'enterrement était vrai. J'ai annoncé dans la presse, à la page nécrologique, mon enterrement.

Mais peut-on se faire enterrer le jour de la fête de Santa Marta, où la coutume est que les personnes ayant frôlé la mort dans l'année circulent à cercueil ouvert pour remercier la sainte de les avoir sauvés ?
Quand quelqu'un est soigné d'une maladie grave, il loue, en offrande, un cercueil qui sera mis devant l'église et le curé rend la bénédiction. Mais ça, c'était dans les années cinquante. Maintenant, ils ne font plus ça. Moi, j'étais là-bas pour une exposition sur l'art et la mort au musée de Pontevedra, près de Vigo.

Et qu'y as-tu exposé ?
Rien. Ça coï;ncidait à deux jours près avec l'exposition, j'ai fait ça comme performance. J'ai présenté la vidéo pour la première fois six ans après, à la galerie Analix, à Genève, en 1995, avec la photo. Par contre, elle a été publiée dans des catalogues. Je ne fais pas l'action pour l'exposer. Parfois je donne le document à publier, mais j'aime bien avoir le recul et exposer après.

Sur cette vidéo, on te voyait sortir du cercueil ?
Non. On voit toute la procession et la messe. Après on nous voit entrer dans le cimetière, mais il y avait tant de monde que la personne qui filmait ne pouvait plus passer. Souvent je ne contrôle pas la fin de mes actions. A l'ONU, j'ai dû improviser une fin ; j'aime me mettre en danger et devoir trouver une solution le plus vite possible. Là, j'ai passé tout l'après-midi à écouter, puis après trois heures j'ai fini par prendre la parole, j'ai dit que ce sont toujours les gros pays qui mènent le bal, qui jouent aux paternalistes devant les petits pays qu'ils appellent « en voie de développement » comme s'ils n'étaient pas développés…ils leur font un grand sourire pour les faire taire, et après, rien ne se passe. Ensuite les autres m'ont suivi, ont pris du courage. A ma gauche j'avais l'Inde, à ma droite Iran, Irak, Japon, Italie. Puis il y a eu une pause. J'ai vu des policiers faire des signes vers moi, alors je suis parti. Mais ce n'est pas évident de sortir du palais des Nations Unies à Genève, qui est immense ; j'ai tourné en rond avant de sortir. Dix minutes après j'étais chez moi, tranquille, et c'est là que je me suis rendu compte de ce que j'avais fait. C'est comme dans la vie, il faut être toujours en alerte, pour ne pas se faire écraser par une voiture etc. Et en même temps, chaque fois, c'est une expérience.

Ont-ils su, à l'ONU, que tu étais Gianni Motti et non le représentant indonésien ?
Ils ont dû le savoir après. Ils reçoivent tout ce qui est en rapport avec l'ONU. Il y avait la presse, les journaux, la télé.

Existe-t-il un enregistrement de la séance ?
Non, mais il y a des scriptes qui font ...

fleche suivante1/6

ANNONCES


ÉDITORIAL fleche_rouge
Snapchat. Le présent absolu
Avant l'existence des réseaux sociaux, les petits riens de la vie quotidienne des gens ordinaires n'avaient aucune valeur. Seuls les faits exceptionnels suscitaient l'intérêt et les scoops des photographes. Mais une logistique informatique puissante et hautement sophistiquée a changé la situation en élevant les faits dérisoires et futiles au rang de matière première d'une économie nouvelle basée sur un nouveau type de valeur, caractéristique de la société de l'information numérique :...
fleche Lire la suite
141001MarechalerieCritiques


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Réouverture du Musée Picasso à Paris ce samedi 25 octobre 2014
puce rouge  La Fondation Cartier pour l’art contemporain fête ses 30 ans avec 2 expositions exceptionnelles qui débutent ce 25 octobre
puce rouge  Flash mob vendredi 24 octobre 2014 à 13h pour défendre la liberté de création, suite à l’agression de l'artiste Paul McCarthy
puce rouge  Ce 27 octobre, la Fondation Louis Vuitton ouvre ses portes
puce rouge  Disparition de Marcel Notargiacomo, figure des cultures urbaines et populaires
puce rouge  La nouvelle revue OpticalSound sort son 2e numéro
puce rouge  Emma Lavigne, nommée directrice du Centre Pompidou Metz
puce rouge  Budget 2015 du ministère de la Culture et de la Communication
puce rouge  Le sculpteur béninois Kifouli Dossou, lauréat du prix Orisha pour l'art contemporain africain
puce rouge  Tous photographes! Une charte des bonnes pratiques dans les établissements patrimoniaux
puce rouge  Décès de Gérard Violette, directeur emblématique du Théâtre de la Ville
puce rouge  Le nouveau Prix Orisha récompensera le 2 octobre un artiste de la scène africaine subsaharienne
DIAPORAMA

Angela de la Cruz, Flat, 2009. Sculpture. Plastique et métal. 50x 50 140 cm.
Yves Bélorgey, Les Avanchets à Genève, architectes Steiger Partner AG, Benjamin Förderer, Franz Amrhein, construction 1973-1977, 2011. Huile sur isorel. 240 x 240 cm.



pub pub
Avec Ownsport, bénéficiez d´un coach sportif diplômé dès 19€/h pour des cours sur mesure à votre domicile !

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales