logo
160520ArtAbordable
ART PHOTO DESIGN DANSE
RECHERCHER


INTERVIEWS

Taroop & Glabel, <em>Le Beuglephone électrique</em>. 2007<br><br>Courtesy Sémoise galerie-éditions. © Taroop & Glabel
Gianni Motti
Gianni Motti
15 juin 2003
«Il y a une espèce de nouvel ordre mondial dans l'art, il faut rester dans les rangs. Finalement, moi, je n'aime pas trop rester dans les rangs».
fleche suivante1/6
Par Eléonore Saintagnan

Entretien téléphonique réalisé le 9 septembre 2002 depuis Paris par Eléonore Saintagnan avec Gianni Motti dans son appartement de Genève.

Certains artistes parlent d'art d'attitude. Te considères-tu comme un artiste d'attitude ?
J'ai une attitude à moi. Chacun est comme il est. Moi, je ne peux pas faire uniquement des belles choses, visuelles, formelles, pour mettre dans une galerie ; ça ne m'intéresse pas. C'est comme passer sa vie à chanter des litanies d'amour, des niaiseries, ça ne m'intéresse pas. C'est ce qui s'est passé pour «Dommages collatéraux». Normalement, on attend d'une guerre des armes, des choses pathétiques ; ces photos sont de beaux paysages, elles parlent de la guerre, mais sans les morts, les visages, l'émotion, tout ça. A Perpignan, ils ont fermé mon exposition. Ils disaient que j'aurais dû retoucher les photos.

C'est ce que tu as fait, non ?
Je les ai juste recadrées un peu. En plus on les a payées, ils avaient dit qu'ils nous les donnaient bon marché parce que de toutes façons, ils ne les utiliseraient pas, qu'ils ne pouvaient pas représenter la guerre avec ça. Ils nous les ont données sur un CD grand format. Je les ai invités à l'exposition, ils étaient étonnés de voir beaucoup de monde s'intéresser aux photos. C'était l'unique pièce qui parlait de la guerre sans mettre du pathétisme : on voyait d'abord quelque chose de beau, et ensuite on se rendait compte que quelque chose n'allait pas de soi. Alors le directeur est intervenu. Il y a une espèce de nouvel ordre mondial dans l'art, il faut rester dans les rangs. Finalement, moi, je n'aime pas trop rester dans les rangs. Sinon tu ne fais pas l'artiste, tu fais autre chose.

C'est ce qui est intéressant dans ton travail. Tu prends des risques. Pour ton faux enterrement à Ribarteme…
Ce n'était pas un faux enterrement. L'enterrement était vrai. J'ai annoncé dans la presse, à la page nécrologique, mon enterrement.

Mais peut-on se faire enterrer le jour de la fête de Santa Marta, où la coutume est que les personnes ayant frôlé la mort dans l'année circulent à cercueil ouvert pour remercier la sainte de les avoir sauvés ?
Quand quelqu'un est soigné d'une maladie grave, il loue, en offrande, un cercueil qui sera mis devant l'église et le curé rend la bénédiction. Mais ça, c'était dans les années cinquante. Maintenant, ils ne font plus ça. Moi, j'étais là-bas pour une exposition sur l'art et la mort au musée de Pontevedra, près de Vigo.

Et qu'y as-tu exposé ?
Rien. Ça coï;ncidait à deux jours près avec l'exposition, j'ai fait ça comme performance. J'ai présenté la vidéo pour la première fois six ans après, à la galerie Analix, à Genève, en 1995, avec la photo. Par contre, elle a été publiée dans des catalogues. Je ne fais pas l'action pour l'exposer. Parfois je donne le document à publier, mais j'aime bien avoir le recul et exposer après.

Sur cette vidéo, on te voyait sortir du cercueil ?
Non. On voit toute la procession et la messe. Après on nous voit entrer dans le cimetière, mais il y avait tant de monde que la personne qui filmait ne pouvait plus passer. Souvent je ne contrôle pas la fin de mes actions. A l'ONU, j'ai dû improviser une fin ; j'aime me mettre en danger et devoir trouver une solution le plus vite possible. Là, j'ai passé tout l'après-midi à écouter, puis après trois heures j'ai fini par prendre la parole, j'ai dit que ce sont toujours les gros pays qui mènent le bal, qui jouent aux paternalistes devant les petits pays qu'ils appellent « en voie de développement » comme s'ils n'étaient pas développés…ils leur font un grand sourire pour les faire taire, et après, rien ne se passe. Ensuite les autres m'ont suivi, ont pris du courage. A ma gauche j'avais l'Inde, à ma droite Iran, Irak, Japon, Italie. Puis il y a eu une pause. J'ai vu des policiers faire des signes vers moi, alors je suis parti. Mais ce n'est pas évident de sortir du palais des Nations Unies à Genève, qui est immense ; j'ai tourné en rond avant de sortir. Dix minutes après j'étais chez moi, tranquille, et c'est là que je me suis rendu compte de ce que j'avais fait. C'est comme dans la vie, il faut être toujours en alerte, pour ne pas se faire écraser par une voiture etc. Et en même temps, chaque fois, c'est une expérience.

Ont-ils su, à l'ONU, que tu étais Gianni Motti et non le représentant indonésien ?
Ils ont dû le savoir après. Ils reçoivent tout ce qui est en rapport avec l'ONU. Il y avait la presse, les journaux, la télé.

Existe-t-il un enregistrement de la séance ?
Non, mais il y a des scriptes qui font ...

fleche suivante1/6

ANNONCES


160513Abordable
ÉDITORIAL fleche_rouge
Editos, et d'autres choses, à venir
J'ai depuis plusieurs mois suspendu la rédaction de mes éditos hebdomadaires. Pour deux raisons: 1° la rédaction d'un livre qui me tient à cœur; 2° la refonte totale du site que vous découvrirez dans les prochaines semaines. J'ai hâte de reprendre la publication des éditos pour interroger et partager avec vous les mouvements et soubresauts des arts, des images et de la culture. Merci de votre fidélité à parisART.
A bientôt. 
André Rouillé

fleche Lire la suite
160517Le104impatience
160525CoteCourt300
160510MitterrandMcCollum


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Bilan de la Nuit européenne des musées 2016
puce rouge  Le Musée départemental Matisse, au Cateau-Cambrésis élu palme d’or du palmarès des musées de France par Le Journal des Arts.
puce rouge  Air shark: le requin monumental de l’aéroport Côte d’azur
puce rouge  Les 15 finalistes du Prix Levallois 2016
puce rouge  Valérie Mouroux rejoint l’Institut français
puce rouge  Disparition de l'artiste François Morellet
puce rouge  Patrimoines vivants dans un Moyen-Orient en conflit
puce rouge  Les collections des musées de la Ville de Paris en ligne.
puce rouge  Les lauréats du 61e Salon de Montrouge ont été annoncés.
puce rouge  L’école Camondo ouvre dès la rentrée 2016 10 % de places gratuites.
puce rouge  La galerie Templon fête ses 50 ans en 2016
puce rouge  Les nouveaux membres du conseil d’administration du Centre Pompidou
DIAPORAMA

Jon Pylypchuk, After 26 years of working together we never spoke a word to each other but have recently bonded over our mutual love of cigarettes and hallucinogens, 2011. Toilet seats, paint, light bulbs, 84cm x 63.5 x 10 cm
Yves-Noël Genod, Je peux/ oui, 2011. Performance.



pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales