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INTERVIEWS

Taroop & Glabel, <em>Le Beuglephone électrique</em>. 2007<br><br>Courtesy Sémoise galerie-éditions. © Taroop & Glabel

Mattia Bonetti
06 avril 2008
Lampes en Blue-jeans, canapé rocaille aux formes généreuses, table bi-polaire où le noir se joue des transparences... Les meubles de Mattia Bonetti, présentés à la galerie italienne, surprennent par leur fantaisie et leurs paradoxes. Car, derrière l'oeuvre, se cache un homme libre, qui taquine les matières et les styles, transposant dans ces créations un peu de la folie et des ambiguïtés de notre monde.

 
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Par Céline Piettre

Céline Piettre. Vous présentez une dizaine d'œuvres à la galerie italienne ?
Mattia Bonetti. Il s'agit d'une rétrospective de mes créations de l'année 2007, déjà exposées en mai dernier à la galerie italienne. C'est aussi l'occasion pour moi de présenter une nouvelle version de la table Drops, montrée en avant-première au Pavillon du design, dans le jardin des Tuileries.

Dans votre travail, vous utilisez des matériaux hétéroclites. Et vous aimez les juxtaposer dans une même pièce.
Mattia Bonetti. Oui, tout à fait. J'aime prendre toutes les libertés que je peux prendre avec les matériaux. Ça va des matériaux très naturels, comme le bois, jusqu'aux matériaux plus contemporains : les plastiques, les résines et les autres dérivés du pétrole.
Ce que j'affectionne particulièrement, c'est l'association des matériaux qui, par leur nature, sont très différents, comme dans la table Drops où le bois de châtaignier — massif, dense, sculpté avec soin — contraste avec l'acrylique, translucide.

Comme si vous mélangiez des matériaux qui n'ont finalement pas de raison d'être ensemble ? Du moins a priori.
Mattia Bonetti. Oui, des matériaux qui se feraient la guerre et que je réconcilierais le temps d'un meuble... Dans la table Drops, le bois évoque quelque chose d'ancien, de pérenne et l'autre, au contraire, est un matériau moderne, car il a été inventé au XXe siècle.

Donc, il y a un mélange des époques mais également un mélange des types de matériaux (d'un point de vue symbolique) : matériaux pauvres et matériaux nobles...
Mattia Bonetti. C'est exact, bien que toutes ces classifications soient en train de changer. Avec les crises économiques et l'augmentation du baril de pétrole, les matériaux plastiques et les résines deviennent de plus en plus coûteux. Presque des matériaux de luxe. Notre début de XXIe siècle assiste à un véritable bouleversement des hiérarchies.

Dans les tables Drops, il y cette association des matières qui crée un jeu de couleur et de lumière. Un rythme.

Mattia Bonetti. Oui, parce qu'il y a l'acrylique qui est transparente, avec l'idée de l'invisibilité, et le bois, qui est un matériaux compact et tangible. Je pense que ce sera encore plus frappant pour la nouvelle table Drops, à cause de la couleur noire du bois. Le noir, c'est la couleur de la nuit, du vide, mais paradoxalement c'est aussi la couleur du plein, de la densité. Peut-être que dans une ambiance nocturne, l'acrylique, aquatique, cristallin, prendra le dessus, le noir passant au second plan. Au contraire, dans un contexte diurne, c'est le noir qui apparaîtra tandis que l'acrylique disparaîtra.
Je voulais aussi donner l'illusion que cette table tient sur un nombre de pieds improbables, insuffisants pour assurer sa stabilité. D'où ce jeu visuel de déséquilibre, de fragilité. Sur les bords, des morceaux de bois manquent et sont remplacés par de l'acrylique. Comme si la table avait été usée par le temps... Dans sa nouvelle version, les lacunes seront au centre, ce qui donnera l'impression d'une table percée !

Et au niveau du titre, Drops en anglais veut dire Gouttes. Cela fait référence à la forme des pieds ?

Mattia Bonetti. Des gouttes d'eau — toujours le côté cristallin, translucide — ou des gouttes de pétrole, d'encre...

Dans l'exposition de la galerie italienne, vous mélangez aussi les techniques. Là encore vous jouez sur les contraires, avec la cohabitation, dans la même œuvre, de techniques artisanales et industrielles.
Mattia Bonetti. Oui, comme pour la table Lingo. Cette dernière, fabriquée en résine moulée — un procédé très contemporain — est dorée à la feuille d'or. Ce métal précieux, perenne, évoque l'artisanat traditionnel. Et au final, on se sait plus ce qu'il y a en dessous.
Mais j'aurais pu aussi bien la faire en bois. Ce qui m'intéressait surtout dans ce meuble, c'est d'expérimenter le passage du carré au rond, d'une forme dite minimale à une autre, associée au design baroque. La table Lingo, cubique, rectangulaire, s'achève en une courbe sensuelle. Généralement, on attribue aux formes rectilignes une certaine modernité, à la différence des formes rondes, qui s'apparentent davantage au passé, à la tradition.
Ce débat m'intéresse, car il est permanent dans le milieu du design. Je me suis toujours positionné avec une jambe dans les deux. Je me sens appartenir aux deux mondes. Je ne veux prendre parti ni pour l'un ni pour l'autre car je pense que les deux tendances peuvent coexister et s'enrichir l'une l'autre. ...

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