logo
140628SerignantRossonCrow
  AGENDA CRITIQUES  
parisART recherche un-e COMMERCIAL-e MOTIVE-e connaissant le marché de l'art
RECHERCHER


ART | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image
Bernard Bazile, François Curlet
Yes, We Don’t
20 mai-14 août 2011
Villeurbanne. Institut d’art contemporain
Une vingtaine d'artistes sont rassemblés sous la formule: «Yes, We Don't», autour des figures tutélaires de Bernard Bazile et du couple Simone Denicolai & Ivo Provoost, afin d'interroger par leurs œuvres comment interagir avec l'époque? Est-ce encore possible? Quels sont les moyens, sinon de perturber, de noyauter le présent?
fleche suivante1/2
Par Aurélien Pelletier

A l'origine de cette exposition, il y a une première collaboration entre la directrice de l'Institut d'art contemporain, Nathalie Ergino, et le commissaire indépendant Joël Benzakin. Vient ensuite le choix de trois artistes, Bernard Bazile d'un côté, Simone Denicolai & Ivoo Provoost de l'autre, dont les pratiques atypiques vont déterminer l'orientation de l'exposition sous la formule «Yes, we don't». Entendu comme une négation active, ce «slogan» vient positionner les artistes dans l'affirmation d'une certaine contestation idéologique, non sans une pointe d'ironie.

A ce titre, le travail de Bernard Bazile donne le ton. Son affiche It's O.K. To Say No (1989-1990), œuvre la plus ancienne de l'exposition, semble marquer le point de départ de cette manifestation. Y sont mêlés l'imagerie populaire et enfantine du cartoon, un perroquet personnifié fait de couleurs unies et très vives tenant un parapluie, les codes de la publicité, avec ce slogan repris comme titre de l'œuvre et le format affiche, enfin l'utilisation de la moquette comme surface picturale, matériau familier, symbole à cette époque d'un certain confort domestique. Bernard Bazile s'intéresse à notre quotidien, aux sollicitations, notamment marchande, que la société exerce sur les individus.

Une résonance intéressante est apportée à cette pièce, dans la mise en espace commune avec Folk Archive, Room 4 (1998-2005) de Jeremy Deller & Alan Kane. Leur attention se porte sur la culture populaire, le folklore, l'histoire sociale britannique contemporaine. Ces archives réunissent diverses objets hétéroclites tous jugés dignes d'un intérêt visuel et souvent socialement porteurs de sens: banderoles en tous genre, photographies de graffitis, flyers, feuilles de pétition, publicités pour le téléphone rose, dessins et peintures faites par des prisonniers, etc.
Autant de réalisations anonymes désintéressées de toute reconnaissance artistique, mais qui d'un point de vue anthropologique témoigne de toute la créativité et des particularismes culturels d'une société. Leur démarche rappelle celle du collectif américain Group Material qui s'attachèrent entre autre à supprimer les distinctions entre ce que l'on désigne comme la high et la low culture, cette dernière n'ayant habituellement aucune chance de connaître les cimaises des musées ou des galeries.

Second pilier de l'exposition, le couple Simone Denicolai & Ivoo Provoost utilisent eux aussi l'univers quotidien comme matière première, en optant pour des attitudes alternatives comme le détournement pour mieux le pervertir.
Ils sont ici les plus représentés avec une quinzaine d'œuvres, dont certaines constituent de véritables environnements complexes et foisonnants.

C'est le cas de Bad Translations Are Cheaper (2008). Cinq tables comprenant toutes une chaise, un pied et un réveil différents sont dotées chacune d'une boîte de puzzle sans image, les pièces éparpillées ne permettent pas de s'en faire une idée. Des plaquettes de bois sérigraphiées comportant un texte sont déclinées en cinq versions correspondant à la traduction de ce dernier dans les cinq langues les plus parlées de Belgique (français, néerlandais, allemand, arabe et italien), pays d'origine des artistes, par un logiciel gratuit aux résultats très approximatifs.
Cette installation fait référence à Integratie (2007), une performance antérieure réalisée dans le cadre d'un 1% culturel pour un centre d'art belge. L'image des puzzles et le texte renvoient à cette performance, souvenir personnel des artistes que le public est ici invité à s'approprier activement en assemblant le puzzle. Les mauvaises traductions pourraient rendre compte des singularités avec lesquelles chaque individu se crée sa propre version d'une histoire, mais c'est finalement le côté ludique et participatif que l'on retient le plus.

Lors du vernissage, cinq personnes âgées d'une maison de retraite du quartier sont venues commencer les puzzles. Au premier abord l'effet fut saisissant, la mondanité de l'évènement les faisant quelque peu passer pour des «bêtes de foire». Puis très vite les spectateurs sont venus aider à l'assemblage et discuter avec ces personnes tout à fait conscientes de la situation et présentes de leur plein gré. Cet intégration de la population de proximité ancre l'œuvre dans le présent. Cette réactivation particulière s'inscrit dans une logique de prise en compte des données territoriales et humaines existantes, au-delà d'un in situ qui ne serait pensé qu'en fonction du seul espace d'exposition.

Cette volonté d'inscrire sa pratique dans la vie quotidienne se retrouve exemplifiée chez l'Américain Michael Rakowitz, dont est présentée la vidéo Return (2004-). L'artiste d'origine judéo-irakienne ouvre en 2006 une boutique d'import-export entre les États-Unis et l'Irak, dans le quartier arabe de Brooklyn. La vidéo raconte le projet d'importer ...

fleche suivante1/2



ANNONCES


ÉDITORIAL fleche_rouge
Snapchat. Le présent absolu
Avant l'existence des réseaux sociaux, les petits riens de la vie quotidienne des gens ordinaires n'avaient aucune valeur. Seuls les faits exceptionnels suscitaient l'intérêt et les scoops des photographes. Mais une logistique informatique puissante et hautement sophistiquée a changé la situation en élevant les faits dérisoires et futiles au rang de matière première d'une économie nouvelle basée sur un nouveau type de valeur, caractéristique de la société de l'information numérique :...
fleche Lire la suite
140912MarechalerieChapuisat
140707LyonBiennaleDanse


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Tous photographes! Une charte des bonnes pratiques dans les établissements patrimoniaux
puce rouge  Décès de Gérard Violette, directeur emblématique du Théâtre de la Ville
puce rouge  Le nouveau Prix Orisha récompensera le 2 octobre un artiste de la scène africaine subsaharienne
puce rouge  Yves Robert, nouveau directeur du Centre national des arts plastiques
puce rouge  Le Centre Pompidou présente sa première antenne provisoire à Málaga
puce rouge  Nomination de Jean-François Chougnet à la présidence du MuCEM
puce rouge  La galerie christian berst part à la conquête de New York
puce rouge  Heineken fait sa pub sur la façade de la Monnaie de Paris. Quid de la loi Evin?
puce rouge  Votre nom sur la façade de la Monnaie de Paris, participez à l’œuvre de John Baldessari
puce rouge  Lauréats du 15e Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main: Nathanaël Le Berre, Gérard Borde et Marc Aurel, Yann Grienenberger
puce rouge  Fin 2014, la galerie Yvon Lambert tire sa révérence
puce rouge  Le Festival d’Avignon aura bien lieu mais la CGT Spectacle appelle à une grève massive pour l’ouverture
DIAPORAMA

Concha Pérez, Play Room, 2011. Photographie.
Ji-Yeon Sung, Femme à la pierre, 2009. Tirage couleur lambda contrecollé sur alu et caisse américaine bois. 100 x 100 cm. Edition de 6.



pub pub
Avec Ownsport, bénéficiez d´un coach sportif diplômé dès 19€/h pour des cours sur mesure à votre domicile !

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales