ART | EXPO

I still believe in miracles : Volet 2/2 Derrière l’horizon

19 Mai - 19 Juin 2005
Vernissage le 06 Avr 2005

Second volet d’une exposition présentant des artistes marqués par l’aspiration pour un ailleurs. Dans un premier temps, il fut question de dessins sans papier, tels les wall drawings, et les dessins animés. Derrière l’horizon, le second volet, regroupe dessins, photographies, performances, installations et vidéos. Décalage, ambiguïté, anachronismes et métalangages.Pour s’élever vers le merveilleux

Communiqué de presse
Davide Balula
Ulla von Brandenburg
Trisha Donnelly
Cao Fei
Ana Maria Millan
Gabríela Fridriksdóttir
Angelika Markul
Laurent Montaron
Adam Putnam
Markus Schinwald
Laurent Tixador
Abraham Poincheval
Jordan Wolfson
Kan Xuan
Jean-Louis Elzéard

I still believe in miracles : Volet 2/2 Derrière l’horizon

Derrière l’horizon, second volet de l’exposition I still believe in miracles, renvoie à un courant fort de la scène artistique d’aujourd’hui, marqué par une aspiration pour un « ailleurs », et par une volonté de faire surgir ce qui relève du merveilleux et de l’étrange au cœur du réel. La plupart des artistes choisissent d’explorer nos facultés de perceptions sensorielles et cognitives en soulignant leurs failles. L’ellipse, la fugacité, l’imperceptible deviennent les vecteurs d’une poétique du déplacement. La réalité ainsi déformée, mise en doute, contestée dans son objectivité tangible, nous entraîne aux confins de mondes parallèles.
Les oeuvres recoupent ici diverses catégories comme le dessin, la photographie, la performance, l’installation et la vidéo.

En exergue à l’exposition, Davide Balula met en condition notre regard avec, Rinse your eyes behind, un lavabo de décontamination utilisé dans les centrales nucléaires. Plus loin, il présente Un air de fête, un ballon suspendu au bras d’un tourne disque incitant à une lecture duchampienne et poétique de l’objet. Trisha Donnelly joue sur des formes d’apparition différées et secrètes : action le soir du vernissage, accrochage évolutif d’une série de dessins The passenger, bande-son à l’issue de l’exposition. En vis-à-vis, les Magics lanterns d’Adam Putnam, dispositifs de lumière vacillante, engendrent des espaces hantés par le vide évoquant rituel et magie.

C’est dans un espace en apesanteur, infini ou radicalement transformé que Tomas Saraceno poursuit une forme d’utopie architecturale réalisable à caractère écologique (dans la lignée de Buckminster Fuller et de Yona Friedman). A travers Lighter than air architecture and art, il expérimente de nouveaux matériaux pour créer une structure de polygones en lévitation. La série Quatre moments du ciel de Jean Louis Elzéard fixe les instants successifs d’un ciel changeant et menaçant, relevant l’antagonisme entre ciel et terre.

Un autre réel peut aussi surgir en revisitant les protocoles de l’exploration : sur un mode obsessionnel, le duo Laurent Tixador & Abraham Poincheval repousse les limites de l’art, plus loin derrière l’horizon, lors d’expéditions extrêmes voire absurdes (entre Caen et Metz, sur l’Ile du Frioul, au Pôle Nord…), documentées par des films et des « trophées ». Au cours de l’exposition, en résidence dans le Périgord et pour une fois sédentaires, ils invitent le public à les rejoindre.

Les mythes anciens et modernes, dans leurs divers formats – récits, films, séries télévisuelles – sont pour beaucoup d’artistes une voie privilégiée pour déconstruire les clichés du fantastique, de l’étrange, voire de l’horreur.
Children’s crusade de Markus Schinwald s’inspire de la croisade d’enfants vers Jérusalem au XIIIème siècle et du conte germanique du « Joueur de flûte d’Hamelin », laissant, à travers un télescopage temporel, la narration en suspens. L’esthétique ultra contemporaine du film Cosplayers de Cao Fei met en scène des personnages travestis en super héros dans un environnement urbain en mutation.

L’imaginaire peut aussi mener à des mondes intérieurs, aux limites du surnaturel et de la folie.
La série obsessionnelle des films d’Angelika Markul met en scène des animaux qu’elle soumet à des situations cathartiques et perturbantes. Ancrée dans l’imaginaire islandais, Gabríela Fridriksdöttir, qui a récemment collaboré avec Björk, dessine des êtres hybrides (elfes, monstres…), suscitant attirance et répulsion.

Un programme réunit des films courts de divers artistes dans une même projection. Ceux d’Ana María Millán, marqués par l’esthétique du cinéma d’horreur, traduisent la violence urbaine en Colombie. De la même façon, les narrations de Laurent Montaron, autour d’hallucinations et de cauchemars éveillés, dévoilent des univers para réels déroutants. Sur un plan différent, les films d’Ulla von Brandenburg réunissent des personnages étranges issus du tarot et du cirque…, dans des tableaux vivants quasi photographiques. Introduisant une autre perception du réel, Kan Xuan crée des univers oniriques et angoissants tandis que les images « chavirées » et ralenties de Jordan Wolfson évoquent la science fiction.

Ces différentes œuvres s’inscrivent ici dans l’architecture conçue par Rirkrit Tiravanija pour sa rétrospective « fantomatique » ( 9 février – 20 mars ), selon un processus de sédimentation.

Décalage, ambiguïté, anachronismes, métalangages, participent à l’émergence d’une autre réalité… plus loin derrière l’horizon.

Le titre de l’exposition est emprunté à une œuvre de Douglas Gordon (2005).

L’exposition a bénéficié du soutien de l’Ambassade de Colombie.