DANSE | SPECTACLE

Alpha_Lab

29 Nov - 29 Nov 2017

Dans le cadre de la biennale "Les éclats chorégraphiques", HP Process présente Alpha_Lab. Une performance digitale dansée, entre expérience immersive, installation et chorégraphie alphabétique. Conjuguant les media pour mieux marier digital et organique, Alpha_Lab se joue de l'infiniment grand et de l'infiniment petit. Myriade d'étoiles scintillantes ou plongée dans une coupe microscopique, les pixels éclaboussent et orne le corps de la danseuse Maud Brethenoux, pour un moment de poésie numérique.

Duo de performeurs, HP Process réunit Hortense Gauthier & Philippe Boisnard, deux artistes intermedia cultivant les pratiques digitales. Poésie sonore, poésie vidéo et performance digitale… depuis 2006 ils déploient une création protéiforme, incluant performance et danse. Avec le spectacle Alpha_Lab, HP Process crée ainsi une immersion dans l’hybridation des langages. Poétique du geste, de la lumière, des mots : l’alphabet est ici utilisé comme matière et comme code. Entre beauté des lettres (de leurs graphies et enchainements) et sens des mots (avec leurs significations décrivant ou créant la structure du réel) : Alpha_Lab s’empare des sciences pour en faire de la poésie. Et dans un univers généré par les deux performeurs Hortense Gauthier et Philippe Boisnard, la danseuse Maud Brethenoux captive et articule les regards.

Alpha_Lab du duo HP Process : immersion chorégraphique dans la poésie du digital

Dispositif multimedia, Alpha_Lab prend les traits d’une sorte d’espace hésitant entre le laboratoire et le labyrinthe. Plus inquiétants qu’un savant fou : de jeunes poètes. Circonvolutions stratifiées et espace mental, le corps de la danseuse agit ainsi comme une peau-écran. La lumière glisse, rebondit, se démultiplie. Elle épingle ou se dérobe. Jeu d’ombres, de neige et de lumière, le corps est éclaboussé d’étincelles numériques. La pénombre engendre alors un espace incertain, où se projettent tous les fantasmes. Tantôt des abysses, peuplées de méduses et planctons bioluminescents, tantôt la fabrication d’un cyborg, comme dans Ghost In The Shell. Ou alors le lointain rayonnement fossile venant bombarder les écrans analogiques en une neige impressionniste… Si ce n’est la plongée féérique d’Alice dans une coupe de microscope électronique… Ou encore, le souvenir pulsé d’une fête numérique, entre boules à facettes et V-Jaying…

Le langage comme matière à poésie sonore et comme code structurant le réel

Les mots, les noms, les étiquettes, les formules : le langage véhicule des sens qui font autorité ou réalité. « Instruction 2 : agencement des intensités, programmation des combinatoires, enclenchement du système de lecture… Sulfure de carbone, Oxyde de fer, hydrogène moléculaire, chlorure d’hydrogène, fluorure d’hydrogène, hydroxyde, chlorure de potassium, azote moléculaire, monoxyde d’azote… ». Alpha_Lab joue sur le langage qui crée des mondes. Conjuguant musiques électroniques et voix, projections vidéos et corps, la pièce plonge ses spectateurs dans un univers suspendu, jonché de filaments auxquels s’agripper. Une poétique combinant digital et organique pour mieux toucher la corde sensible. Faut-il alors s’inquiéter ou se laisser bercer par la fascinante beauté des paillettes bleutées ? Faut-il s’attacher à l’esthétique miroitante ou refuser la séduction pour mieux contrer les significations ? Avec Alpha_Lab, HP Process joue ainsi sur cette ambigüité du langage, comme matière et comme code.

Précédentes représentations
Alpha_Lab, d’HP Process, Premier regard sur la création au studio des Éclats, à La Rochelle, le jeudi 26 octobre 2017.