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Historytellers

15 Oct - 05 Déc 2009
Vernissage le 15 Oct 2009

Plurielle et traversante, poétique et anecdotique, l'Histoire chez les artistes de l'exposition collective «Historytellers» n'est effective qu’à l’intérieur d’un processus d'écriture actif.

Communiqué de presse
Alexis Guillier, Alexandre Guirkinger, Fabien Giraud, Raphaël Siboni, Simon Starling, Julien Tiberi, Christine Würmell
Historytellers

L’art redécrit le réel et réécrit l’Histoire. Il propose des grilles de décryptage, offre des filtres et des outils du regard, fabrique des systèmes de visualisations qui ouvrent des brèches dans le récit linéaire qui nous est habituellement livré. S’il déroule le fil de notre mémoire collective, c’est pour la rendre poreuse et réversible, active et profondément instable. Sous couvert de documenter, il re-médiatise, et face aux monstres de l’Histoire, tire son irrévérence.

Plurielle et traversante, poétique et anecdotique, l’Histoire chez les artistes d’«Historytellers» n’est effective qu’à l’intérieur d’un processus d’écriture actif.

Si Julien Tiberi endosse le rôle de dessinateur d’audience et s’infiltre dans le procès d’Yvan Colonna, c’est en choisissant d’adopter un style graphique à rebours de l’efficacité informationnelle du dessin de presse. Nous rappelant par la même occasion, qu’entre les murs de la justice, seul le dessin a le droit de cité, à l’inverse du plus immédiat et menaçant objectif photographique. Comme si le médium, par son caractère obsolète, était inapte à renseigner sur les mises à nu qui s’y déploient. Cette croyance en un pouvoir diminué de l’image constitue paradoxalement le gage de sa résistance face aux autres outils de représentation. Ce que l’artiste accroît en jouant des effets de surreproduction de ses dessins originaux dans le nouveau numéro de Palme (une revue photocopiée de Clément Rodzielski) qu’il propose ici à la consultation.

Via une conférence muette qui hésite entre l’archive et le cyber musée, Alexis Guillier donne à voir un musée imaginaire en train de se faire. Privilégiant les «collisions historiques» et la défiguration qu’elles occasionnent, l’artiste compose un environnement visuel à partir de sources afférant à la conservation de l’œuvre en générale et à la transformation de la figure en particulier, via l’accident ou le vandalisme. Dans cet horizon latent porté à l’écran, propice à la navigation et à son activation, il questionne les points de basculement entre œuvre et monument.

Simon Starling, à son tour adepte des croisements de références et empilements de couches d’interprétation, a reproduit à l’identique, à partir des photos du documentariste Renger-Patzsch, l’accrochage original d’une collection du début du XXe siècle en proie à de nombreux déplacements et destructions – faisant de l’histoire de sa pièce celle de la mise en branle permanente de la conservation de l’art.

Fabien Giraud & Raphaël Siboni poussent jusqu’à l’absurde les propensions à la préservation et ensevelissent à 20 000 lieues sous les terres chinoises leur sculpture monumentale – une armée de casques de Darth Vader – rendant finalement l’objet inatteignable. En guise de survivant, seule une plaque gravée indique la situation géographique de l’oeuvre, à la manière de celle embarquée dans la sonde Voyager qui assurait le décryptage des éléments sensés renseigner sur la vie terrestre.

Alexandre Guirkinger présente quant à lui trois fragments de Save the Ligne Maginot. Dans ce projet, il photographie l’ouvrage militaire et les diverses reconstitutions qu’il génère. Déjouant le piège de la charge symbolique de cette ligne défensive au gigantisme dérisoire, amateurs, collectionneurs, passionnés d’histoire militaire réactivent cette utopie défectueuse et la transforme en base de loisirs, plateforme d’entrainement pour policiers en mal d’inspiration ou musée de la propagande. A travers ses images (fresques de Mickey réalisées pendant la drôle de guerre qu’il imprime sur affiches, portrait précieux et atemporel d’une femme soldat, tirage grand format d’un stand de tir), l’artiste opère une torsion des codes documentaires et sème le doute sur leur valeur historique.

Christine Würmell enfin, choisit de s’adonner à une sorte de restauration déformée. A même les murs de la galerie, elle raccorde l’histoire de l’architecture d’intérieur à celle du graffiti et aux ornementations composant de célèbres wall painting. Des images et des motifs qu’elle extrait de leur contexte pour les rendre à eux-mêmes en dehors de leur espace de diffusion et les associer à d’autres. Proposant des analogies de sens, de signes et de symboles culturels, elle jette des ponts entre l’histoire de l’art et l’Histoire tout court. Une manière là encore de réduire les postures autoritaires et d’aménager des «surfaces actives» qui puissent sortir le monument de sa simple fonction de célébration.

Liste des oeuvres
— Fabien Giraud et Raphaël Siboni, To be untitled (cartel), 2009. Aluminuim anodisé, 30,5 x 21 cm.

— Alexis Guillier, Refaced (Historytellers’s edit), 15 / 10 / 2009. Projection à durée variable.

— Alexandre Guirkinger, Save the ligne maginot, 2007.
Figure n°1, 2007-2009. Tirage jet d’encre sur papier japonnais 60g. 30 x 48 cm
Sans titre, 2009. Tirage jet d’encre sur papier barité. 1 x 1, 27 m.
Mickey Mouse,1939-2008. Affiches. 48 x 62,5 cm.

— Simon Starling, Nachbau, 2007. 4 tirages argentiques, noir et blanc. 72,8 x 64,8 x 4,5 cm, encadré.

— Julien Tiberi, Les fantômes de la défense, 2009. Graphite. 42 x 29,7 cm.
Intouchable transparence
Le procureur et la magistrate
La partie civile
La lecture
Les greffières et la pendule
Le vide

Palme, une revue photocopiée de Clément Rodzielski.

— Christine Würmell, Surfaces, making + reading, 2009. Matériaux divers. Dimensions variables.

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