ART | EXPO

HIC

19 Nov - 16 Jan 2011
Vernissage le 18 Nov 2010

Avec "HIC" il s'agit de s'orienter ou de se perdre dans de nouveaux espaces narratifs, riemanniens, transcendants ou vidéo qui viennent peut-être remplacer l'espace perspectif de l'âge classique.

Fayçal Baghriche, Frédéric Bauchet, Jean-Pierre Bertrand, Burkard Bluemlein, Zoé Bornot, Sophie Bueno-Boutellier, Daniel Buren, Vincent Céraudo, Marielle Chabal, Étienne Chambaud, Lorraine Châteaux, Nicolas Clair, Benjamin Collet, Esméralda Costa, Alexandra Czmil, Lætitia Delafontaine & Grégory Niel, Nicolas Despax, Noël Dolla, Jessica Dupuis, Lisa Duroux, Pierre Fisher, Pierre Gaignard, Nicolas Gimbert, Noé Grenier, Yasmina Hatem & Sandra Lorenzi, Benjamin Hugard, Nicolas Kozerawski, Nicolas Lebrun, Maud Maffei, Zora Mann, Émilie Marc & Lucille Uhlrich, Quentin Maussang, Nicolas Muller, Roman Ondák, Marion Orel, Élodie Petit, Pascal Poulain, Maxime Rizard, Ludovic Sauvage, Emmanuelle Segura, Antoine Sylvain,Nicolas Témieau, Rémi Vacherot
HIC

« HIC » est une exposition de recherche. « HIC » expose la recherche menée deux ans durant par un collectif appelé La Forme des Idées sur le thème «des localisations». Ce collectif rassemble des gens de la Villa Arson, de l’École nationale des beaux-arts de Lyon et de l’École supérieure des beaux-arts de Montpellier: étudiants, anciens étudiants, professeurs et personnalités extérieures associées au projet.

L’exposition s’appelle « HIC » parce que « hic » veut dire « ici » en latin (on connaît surtout en français l’expression «hic et nunc» pour signifier «ici et maintenant») et renvoie donc à la localisation, objet de ces deux années de recherche; « HIC » pourrait aussi bien suggérer qu’il y a un problème (un hic) quant à ce que veut dire «ici», et c’est heureux, car sans problème pas de recherche.

C’est ce hic que l’exposition veut désormais partager, exposant une recherche, mais faisant aussi de l’exposition un moment de cette recherche. Avec ce qu’il faut d’ivresse, sans toutefois les hoquets afférents.

«Des localisations» s’entend comme «délocalisation», bien sûr, à une époque où la mondialisation signifie aussi le départ de maintes entreprises sous des cieux plus cléments en matière d’exploitation de l’homme; mais ce pluriel et cet indéfini veulent d’abord indiquer que nos manières de nous localiser et de localiser les choses ont changé à ce point que l’on ne saurait plus guère parler d’une technique de localisation unique non plus que d’une situation simple du local par rapport au global.

En vérité, nous nous situons aujourd’hui grâce à des outils mentaux (des représentations de l’ici par rapport au là-bas, des techniques de spatialisation, des imaginaires de l’espace) très différents de ceux que nous employions avant le numérique, les satellites ou internet. « HIC » voudrait rendre compte de la portée d’un tel devenir de la localisation, avec les ruptures qu’il implique et l’indéfinition où il se pluralise.

Outre que la notion de localisation s’inscrit naturellement dans un registre technologique (songeons à la popularité du GPS), elle peut aussi valoir dans la géométrie de même que pour diverses sciences humaines; mais le pari de La Forme des Idées est de faire se croiser ces problématiques du point de vue philosophique avec la pratique artistique; non pas dans la perspective de quelque application (où les artistes auraient à illustrer des idées formées par des philosophes), pas plus qu’en direction du commentaire (où des philosophes devraient interpréter des oeuvres artistiques déjà constituées): bien plutôt dans une collaboration au sein de laquelle ni les formes ni les idées n’appartiennent de droit à un camp ou à un autre, mais s’échangent au contraire et se métamorphosent au gré des séminaires et des workshops réunissant artistes et théoriciens, étudiants et professionnels.

Dès le début de la recherche, La Forme des Idées s’est divisée en quatre groupes distincts ayant chacun leurs objectifs et leur façon propres d’aborder les choses: HORLA, NEXUS, SPATIUM et GYPSY.

HORLA (dirigé par Joseph Mouton et animé par Julien Bouillon et Amel Nafti) s’est surtout intéressé à ce que pouvait signifier aujourd’hui une dimension supplémentaire à l’espace donné (un hors du là, comme l’entendait certainement Maupassant en écrivant sa fameuse nouvelle Le Horla), soit quelque transcendance spatiale.

NEXUS (dirigé par Patrice Maniglier, Grégory Niel, Lætitia Delafontaine et Gianni Gastaldi) est parti d’une analyse précise d’Elephant, le film de Gus Van Sant, pour se concentrer sur la question des espaces connectifs, c’est-à-dire des espaces formés uniquement par la connexion des trajets de divers mobiles et/ou de divers sujets.

SPATIUM (dirigé par Bastien Gallet avec la complicité de Christophe Hanna) a tout d’abord travaillé sur l’histoire de Human Bomb telle que relatée après coup par ses divers protagonistes (excepté, bien sûr, le preneur d’otages de la maternelle de Neuilly, tué, lui, au cours de l’action), avant d’élargir son étude à l’espace de l’événement: pic de passé à venir.

GYPSY (fomenté par Massimiliano Simbula) s’est inventé en rajoutant deux Y à l’acronyme GPS, pour inscrire des coordonnées peu fiables (sans X) et surtout pour pervertir la localisation policière en prenant le parti des nomades. Il s’agit donc pour ce groupe de disparaître des écrans-radars des autres groupes et de les parasiter en appliquant à leurs signaux une sorte de hacking in vivo.

Pour une exposition classique, on dirait sans plus de précision que le commissaire général de « HIC » est Julien Bouillon; mais comme il s’agit d’une exposition de recherche (et d’une recherche sur l’exposition), nous dirons plutôt que Julien Bouillon fait office de commissaire: il se contente de régir le campement de la recherche dans les espaces d’exposition, en y ajoutant seulement son grain de sel.

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