ART | EXPO

Gordon Matta-Clark

09 Déc - 19 Jan 2017
Vernissage le 08 Déc 2016

L’exposition « Gordon Matta-Clark » à la galerie parisienne Marian Goodman, rassemble des photographies, photomontages, dessins et films de l’artiste américain. A travers ces médiums variés se dessine une œuvre qui croise de façon personnelle et conceptuelle l’art et l’architecture.

L’exposition consacrée à Gordon Matta-Clark à la galerie Marian Goodman, à Paris, dévoile pour la première fois depuis plusieurs années un remarquable ensemble de photographies, de photomontages, de dessins et de films de l’artiste américain.

L’œuvre de Gordon Matta-Clark, une réflexion conceptuelle autour de l’architecture

Les œuvres photographiques, films et dessins de Gordon Matta-Clark sont influencés par l’architecture, discipline qui constitue la première vocation de l’artiste et à laquelle il fut formé. Il avait dans ce domaine une conception très personnelle et conceptuelle qui l’amena à partir de la fin des années 1960 à en remettre en question les codes établis. Les premières œuvres de Gordon Matta-Clark, entre art et architecture, explorent les rapports qui existent entre cette dernière et la sculpture.

La démarche de Gordon Matta-Clark et son analyse de la notion de structure l’amènent à définir tout lieu comme un objet. Ainsi à des dispositifs architecturaux disposés à l’intérieur d’un espace succèdent bientôt, dans les années 1970, des œuvres sur site, en particulier les Building Cuts (Découpes de bâtiments) pour lesquelles il est devenu célèbre. Dans cette série de travaux, des immeubles et maisons abandonnées font l’objet de découpes : suppression de fragments de planchers, de murs et de plafonds, ou encore coupe verticale d’une maison qui la divise en deux.

Au cœur de l’exposition, deux œuvres consacrées à l’architecture parisienne

Deux œuvres réalisées à Paris sont au cœur de l’exposition. La sculpture négative Conical Intersect a été réalisée en 1975 dans matière de deux immeuble mitoyens de la rue Beaubourg, voués à la destruction par l’édification du Centre Pompidou et le réaménagement du quartier des Halles. Dans la façade nord de ces bâtiments du 17e siècle est taillée une percée de quatre mètres de diamètre qui forme la base d’un cône creusé à l’intérieur de la structure. Le film Conical Intersect et de nombreux clichés, collages et montages photographiques témoignent de l’utilisation habituelle par Gordon Matta-Clark d’une large variété de médiums pour conserver une trace de ses éphémères travaux de découpe.

Le film Paris Underground (Sous-Sols de Paris), réalisé en 1977 en 16 mm, est une exploration des innombrables souterrains creusés sous la surface de la ville. Gordon Matta-Clark s’y fait le guide d’une visite qui a pour but de révéler la complexité de ces espaces, qu’il s’agisse de ruines architecturales, de parkings, d’ossuaires, de caves, de fondations ou de tunnels. Surtout, il met en lumière les histoires et légendes que l’imaginaire collectif relie à ces lieux secrets, comme les sous-sols de l’Opéra Garnier, la crypte de Notre-Dame, les catacombes de Denfert-Rochereau ou encore la crypte du Couvent des Carmélites de la rue Saint-Jacques. Six photographies, nourries par le même intérêt pour les lieux souterrains, narrent de façon visuelle les strates archéologiques et architecturales de divers sites parisiens.