ART | EXPO

Go Canny !

10 Fév - 30 Avr 2017
Vernissage le 09 Fév 2017 à partir de 18:00

Dans l’exposition « Go Canny ! » à la Villa Arson de Nice, les œuvres de près de trente artistes formulent de nouveaux modes de résistance. Sculptures, installations, films et performances invitent à une poétique du sabotage.

L’exposition « Go Canny ! » à la Villa Arson de Nice réunit près de trente artistes autour de la notion de résistance : des affiches, sculptures, installations, films et performances inventent de nouvelles formes de sabotage.

Quand l’art invente de nouveaux modes de résistance

Le titre de l’exposition, « Go Canny ! », se réapproprie un mot d’ordre formulé par des dockers écossais à la fin du dix-neuvième siècle. « Go Canny ! », qui peut se traduire par « Ne vous foulez pas !» était leur injonction aux autres ouvriers en réponse à des patrons qui leur refusaient une augmentation de salaire méritée. C’est en effet dans le monde ouvrier que la notion de sabotage est née : le fait de « travailler comme un sabot » était une stratégie de résistance consistant à pénaliser les patrons mauvais payeurs en mettant un frein à la production.

Dans un contexte aujourd’hui différent, et devant l’échec des modes traditionnels de résistance tels que les grèves, manifestations et occupations de lieux de travail, l’exposition a pour ambition d’en créer de nouvelles formes. Une plaque en fonte d’aluminium et patine bronze de quatre-vingts centimètres de diamètre est l’un des traces laissées par la micro-nation State of Sabotage (État du Sabotage) fondée avec d’autres artistes par l’Autrichien Robert Jelinek sur l’île désaffectée D’Harakka en Finlande. Sur cette plaque d’égout figurent le nom et le blason de cet état fondé en 2003 et volontairement démantelé en 2013. Cette expérience de création de toute pièce d’un état souverain, avec tous ses attributs (cartes, images, passeports, cartes d’identité, drapeau, monnaie, timbres, etc.) donne à l’action artistique prend une tournure résolument politique.

Des grains de sable artistiques pour une poétique du sabotage

Dans son film Faire les choses à 33% Yann Vanderme documente une série d’actions réalisées au quotidien. L’une d’elle, matérialisée par des tickets de métro, a consisté à frauder trente-trois fois sur les cent trajets RATP effectués du 27 décembre 2006 au 7 mai 2007. Parmi de nombreuses autres performances (comme monter jusqu’à un peu en dessous du deuxième étage de la tour Eiffel, ce qui correspond approximativement à 33% de sa hauteur), s’insère une action qui fait office de grain de sable dans le quotidien, un geste insignifiant donc la portée potentiellement déstabilisatrice rappelle l’injonction « Go Canny ! ».

Ainsi, les propositions artistiques invitent à amorcer un pas de côté, une désobéissance qui a une valeur de mobilisation des consciences et d’élan dynamique face à un marasme généralisé qui désespère de toute forme de changement. Un manuel de sabotage participatif intitulé « Go Canny ! » énumère des solutions et leurs effets directs pour inciter chaque visiteur à participer à cette poésie du sabotage.

critique

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