ART | EXPO

Terre protégée

12 Déc - 12 Jan 2019

L’exposition « Terre protégée » à la galerie parisienne kamel mennour revient sur la première période de la carrière de Gina Pane et souligne à travers des dessins, peintures, installations, sculptures, photographies, poèmes et documents d’archives, le caractère visionnaire de sa conscience écologique.

L’exposition « Terre protégée » à la galerie kamel mennour, à Paris, revient sur la carrière de Gina Pane en se concentrant sur sa première partie, à travers des dessins, peintures, installations, sculptures, photographies et poèmes qui montrent toute la pertinence actuelle de cette artiste concernée dès les années 1960 par les dommages infligés par l’homme à la terre.

Gina Pane, une artiste consciente des dommages infligés à la terre

Si le travail de cette figure majeure de la scène artistique française des années 1970-1980 qu’est Gina Pane est largement connue pour les actions qu’elle réalisa en public au cours de cette période, des performances symboliques et ritualisées autour de la notion de blessure des années 1970 à ses dernières sculptures inspirées par la vie des saints martyrs des années 1980, sa première période a été moins mise en lumière. C’est sur elle, et en particulier sur sa production de la fin des années 1960 que s’attarde l’exposition.

Témoignant de la grande variété créative de l’œuvre de Gina Pane qui a abordé aussi bien le dessin que la peinture, la sculpture, la lithographie, l’installation, la photographie, la performance et utilisé des matériaux aussi divers que la terre, le sable, le bois, le métal le feutre, ou encore des objets, l’exposition regroupe des dessins, des peintures, des sculptures, des installations, des photographies, des poèmes et des documents d’archives dont certains sont présentés au public pour la première fois.

« Terre protégée » : les œuvres visionnaires de Gina Pane

Comme l’indique son titre, à un triptyque entre installation et performance de Gina Pane, l’exposition « Terre protégée » entend souligner combien l’œuvre de l’artiste était pionnière sur le sujet de l’écologie auquel elle tente de sensibiliser le public. La photographie intitulée Situation idéale : terre – artiste – ciel, prise par Gina Pane en 1969, semble ainsi faire office de programme pour l’ensemble de sa pratique : on l’y voit se tenir debout, entre ciel et terre, symbolisant la position d’intermédiaire qui doit selon elle être celle de l’artiste.

De nombreuses œuvres de Gina Pane s’inscrivent dans une recherche fondée sur les problèmes relatifs à l’écologie. Ainsi l’installation environnementale et sculpturale Acqua alta/Pali/Venezia, créée de 1968- à 1970 et reconstruite pour l’exposition, qui pointe les causes – le développement technologique et industriel de ses ports – des menaces environnementales qui pèsent sur Venise. L’ensemble de photographies intitulé Enfoncement d’un rayon de soleil documente une action réalisée en 1969 dans l’Eure, où, sur un terrain cultivable, Gina Pane enfouit symboliquement un rayon de soleil dans la terre par le biais de miroirs. Derrière la poésie de ces œuvres et actions s’exprime l’inquiétude et la colère de l’artiste face à l’avenir de la terre et sa volonté d’éveiller les consciences par des implications de sa personne qui permettent une communication directe avec le spectateur.