ART | EXPO

Gamberge

25 Mai - 21 Juil 2018
Vernissage le 24 Juin 2018

L’exposition « Gamberge » à la galerie parisienne Valentin dévoile de récents tableaux d’Anne Neukamp. Des œuvres au langage pictural singulier qui, à travers leur composition par strate et leurs multiples références, interrogent le sens des symboles de l’époque contemporaine.

L’exposition « Gamberge » à la galerie Valentin, à Paris, présente des tableaux d’Anne Neukamp, des œuvres qui s’inscrivent autant dans l’histoire de l’art, et notamment sous l’influence de René Magritte, que, pleinement, dans l’époque contemporaine.

« Gamberge » : la peinture par strates d’Anne Neukamp

La pratique picturale d’Anne Neukamp repose sur un entrelacement de styles, de références, d’époques qui donne tout son sens au titre de l’exposition, « Gamberge », tant la complexité et la richesse du vocabulaire développé par l’artiste est propice à la réflexion. Chaque tableau d’Anne Neukamp est en effet construit selon un schéma récurrent et très original. La composition est élaborée par plans superposés de nature très différente.

Les tableaux d’Anne Neukamp invitent à une étude à la manière d’un géologue, strate par strate, chacun des plans qui les constituent portant des motifs, un style et un traitement pictural particulier. Les motifs isolés au premier plan, en noir et blanc, semblent relever de la gravure ; au second plan se déploient des formes, objets ou fragments corporels traités de façon presque hyperréaliste ; le troisième et dernier plan évoque la technique de la fresque.

La peinture 2.0 d’Anne Neukamp, entre histoire de l’art et culture web

À travers cette superposition de références et de recours à des techniques variées, la peinture d’Anne Neukamp s’inscrit dans l’histoire de l’art dont elle semble dresser un inventaire. Pourtant, il est impossible de la réduire à cet écho d’œuvres passées tant elle parvient à travers lui à créer son propre récit, résolument contemporain. La construction par plans n’est en effet pas sans évoquer l’image 3D, dont Anne Neukamp semble proposer une sorte de prémices picturales.

Rappelant la pratique de René Magritte, dont les images surréalistes reflétaient l’essor de la publicité, les tableaux d’Anne Neukamp sont nourris de référence aux codes et aux signes de la culture web et s’apparentent à une « peinture 2.0 », selon les termes du lecteur en art moderne Colby Chamberlain. Les motifs sont chez elle à la base d’un processus de transformation qui vise l’abstraction et engage le spectateur à interroger et réévaluer le sens des symboles de l’époque contemporaine.