logo
130521RicardEntremise
  AGENDA CRITIQUES  
parisART recherche un-e COMMERCIAL-e MOTIVE-e connaissant le marché de l'art
RECHERCHER


PHOTO | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image Jean-Luc Moulène
Fénautrigues
26 avril-16 juin 2012
Paris 3e. Galerie Chantal Crousel
A travers la série Fénautrigues, entamée en 1991 et photographiant les alentours de ce village du Lot, Jean-Luc Moulène interroge la question de notre appartenance à un territoire. Son travail d'archive défend aussi une «esthétique rurale», prenant le contre-pied d'un art contemporain très majoritairement enraciné dans le paysage urbain.
carre_rouge  Par François Salmeron

Les tirages que l'on découvre dans la galerie sont le fruit d'un long travail d'archivage entamé depuis 1991 dans le petit village de Fénautrigues, dans le Lot (46), dont la famille de l'artiste Jean-Luc Moulène est originaire. Le photographe a effectivement arpenté pendant des années les rues du village, ses jardins, ses cours, ses potagers, ses routes, ses forêts, ses sentiers, et ses ruisseaux dévalant aux alentours.
La démarche de Jean-Luc Moulène semble ainsi guidée par un parti pris réaliste, photographiant sans cesse ce village en toute saison, et comparant les différentes facettes qu'il peut offrir selon la lumière qui se dégage à chaque moment de l'année.

Ce travail est d'ailleurs issu d'une commande publique faite par le Ministère de la Culture, et constitue un impressionnant archivage de plus de 7000 vues que l'artiste aura classées petit-à-petit par thèmes. L'enjeu était également pour Jean-Luc Moulène de passer de l'archivage à un ouvrage, qui aura vu dernièrement le jour aux éditions de la Table Ronde, avec l'aide de Marc Touitou, afin de classer et de mettre en page les quelques 522 images qui auront été retenues.

Divisé en trois chapitres («Au ruisseau», «Vers le haut», «En bas») l'un des objectifs principaux de Fénautrigues est alors de proposer, sur une double-page, une comparaison entre un lieu photographié en deux saisons différentes. Ce projet initial, assez humble en soi, consisterait tout simplement à parcourir la campagne lors des quatre saisons, et à capturer des vues du village sous la neige, sous la pluie, ou illuminé de radieux rayons de soleil.

Pourtant, cette démarche apparemment très simple, regorge de beautés et de profonds questionnements. En effet, le parti pris de Jean-Luc Moulène semble notamment bien éloigné de La France de Raymond Depardon, qui aura quant à lui sillonné la France entière, avec la prétention de rendre compte de l'état du territoire français au début du XXIe siècle, et de montrer les traces que laisse l'homme dans le paysage. Ici, Jean-Luc Moulène nous plonge bien plus dans des scènes ancestrales, comme si ce village de Fénautrigues apparaissait comme un archétype des espaces ruraux que l'on aura croisés depuis toujours, et qui demeurent ancrés dans une sorte de mémoire collective.

Fénautrigues s'ouvre d'ailleurs sur un des clichés présentés dans la galerie, qui représente la découpe d'un cochon par un boucher, boucher qui, remarquons-le, demeure la seule figure humaine visible dans tout ce projet. Débutant dans la pénombre d'une cave, Fénautrigues illustre tout d'abord le travail humain et le rituel du cochon à l'approche du solstice d'hiver, puis nous amène à la lueur du jour, dans une cour ou un jardin potager, où poussent notamment des choux, élément récurrent dans toute la série. Ce travail photographique semble donc nous immerger dans une sorte de campagne ancestrale, puis s'ouvre peu à peu à des espaces naturels se déployant autour du village.

Nous nous trouvons ainsi face à des espaces proprement humanisés, comme ces caves ou ces cours de maison, ou face à des espaces apprivoisés, comme les potagers et les jardins, dont les éléments photographiés sont organisés, mis en ordre, et rendus très lisibles pour notre œil. Puis nous arrivons dans des espaces plus sauvages, notamment des forêts, des clairières ou des sentiers, où les troncs des arbres, leurs branchages et leurs feuillages s'entremêlent et procurent un sentiment de foisonnement.

La promenade à laquelle nous convie Fénautriges semble bel et bien découper les espaces en différents genres, et épouse parfaitement sa prétention à être une pratique purement descriptive. Fénautrigues ne présente ni une campagne pittoresque ni une campagne productiviste. Il s'agit plutôt d'une campagne familière dont on explorerait la périphérie, nous autres, hommes des villes.
Alors, nous qui sommes experts en communication et lecteurs insatiables des signes urbains qui nous assaillent sans cesse au quotidien, savons-nous encore dire quel est cet arbre que l'on croise sur ce sentier sinueux, quel est le nom de cette fleur, de cette plante, ou quel est l'oiseau que l'on entend au-dessus de nos têtes chanter? Tout ce vocabulaire issu de la campagne parait peu à peu nous échapper et tomber en désuétude. Fénautrigues se fait alors porteur d'un certain message politique, prenant le contre-pied d'un art contemporain presque exclusivement urbain.

Pour autant, il ne s'agit pas d'une exaltation naïve de la campagne et de la nature (une sorte d'éthique ou d'esthétique estampillée «bio» ou «retour aux vraies valeurs»). Non, point du tout. Car ce Fénautrigues, dont la famille de l'artiste est originaire, Jean-Luc Moulène avoue ne pas arriver à s'y identifier totalement. Comme ...





puce rouge Page 1 / 2 fleche suivante Page suivante

site_com


ÉDITORIAL fleche_rouge
Entre sens et sensation
Aussi matérielles soient-elles les œuvres contemporaines débordent souvent, du côté du sens et du projet, leur visibilité. Elles valent moins en tant que choses à voir qu'en tant qu'expressions matérielles, ou vestiges, parfois lacunaires et même déceptifs, de processus et d'expériences. Le rôle de combler l'apparente disjonction entre la part visuelle et la part conceptuelle des œuvres contemporaines; le rôle de raccorder, en quelque sorte, la matérialité sensible des...
">fleche Lire la suite
130521Le104Impatience
130408VilletteKawa
acting01 acting02
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Acte II de l'exception culturelle à l'ère du numérique
puce rouge  Vente de la Maison de France à Berlin
puce rouge  Renouvellement de José-Manuel Gonçalvès à la direction du Centquatre
puce rouge  Fermeture de la galerie Jérôme de Noirmont, à Paris
puce rouge  Marseille: 400 000 euros pour David Guetta, sans rien pour les associations
puce rouge  Israel Galvan danse pour les Roms de Ris-Orangis
puce rouge  Décès du photographe Gabriele Basilico
puce rouge  Annonce des nommés du prix Marcel Duchamp 2013
puce rouge  Pas d’art pour les pauvres, les sales et les méchants!
puce rouge  Eric Cantona, la Rolls de l'Abbé Pierre
puce rouge  Andrée Putman: luxe, mesure et simplicité
puce rouge  Egalité des chances dans l'accès aux grandes écoles de la culture

DIAPORAMA

photoLe miroir est devenu un objet de décoration primordial et apprécié de tous. Un beau miroir design peut être le détail qui change une pièce ! Découvrez la gamme miroir design sur le site de PIB.
pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales