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PHOTO | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image Diane Arbus, Christophe Berdaguer
Dreamlands
05 mai-09 août 2010
Paris 4e. Centre Pompidou
A l'heure où s'ouvre l'Exposition universelle de Shanghai, que l'on imagine dans sa démesure tout entière tournée vers l'horizon indépassable du marché global, le Centre Pompidou invite à une traversée des utopies urbaines postmodernes, promesses de cités parfaites, saturées de fictions qui se substitueraient à la trivialité du quotidien, où vivre se fait rêve.
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Par Muriel Denet

L'exposition universelle du XIXe siècle en est le parangon originel. Vitrine de l'industrie florissante et innovante, elle alliait des objectifs commerciaux, mais aussi pédagogiques et ludiques. Ce que retiendra l'industrie du divertissement sous la forme des parcs d'attractions, façon Dreamland à Coney Island.

L'exposition éponyme de Beaubourg s'ouvre donc avec des images, films et photographies, de l'Exposition de Paris de 1900, qui a littéralement transformé un vaste quadrilatère urbain en ville imaginaire, où triomphe le pittoresque, condensé dans l'espace et le temps, osant tous les collages - la Seine en Grand Canal d'une Venise planétaire, au bord duquel voisinent église byzantine, maison Tudor, hôtel de ville flamand -, et une projection de cartes postales colorisées envoyées depuis Dreamland. Éphémère mais mythique parc d'attractions de Coney Island du tout début du XXe siècle (il sera détruit par les flammes six ans après sa construction), Dreamland associait une volonté pédagogique d'édification morale (ce qui d'ailleurs ne séduisit guère) et une offre de spectacles sans cesse renouvelée (l'éruption du Vésuve et l'engloutissement de Pompéi, ou la fameuse Midget City).

L'imaginaire américain, privé d'Histoire et de mythes propres, va se nourrir de ces artifices, qu'alimentera bientôt, en grand, Hollywood.
A partir de là se déroule au fil d'un parcours sinueux, un savoureux mélange de projets plus ou moins avortés (Fun Palace, de Price et Littlewood, à la fin des années 50 en Grande-Bretagne), de cités bien réelles (Las Vegas, Celebration, inspirée par Walt Disney, en Floride), de modèles postmodernistes (Strada Novissima, à la biennale de Venise de 1980), de critiques, d'émerveillements et de prémonitions funestes (Nocity, 2005, par Berdaguer et Péjus).

Du coup, les œuvres et les documents exposés sont d'une extrême hétérogénéité. La maquette du Centre Pompidou, de Renzo Piano et Richard Rogers, qui a donné lieu à l'édification que l'on sait, jouxte la Ville fantôme rutilante et colorée, bardée de sigles mais vide de substance, de Bodys Isek Kingelez. Un peu plus loin, la cité chancelante de Liu Wei, exclusivement composée de monuments emblématiques diaphanes (Colisée de Rome, Pentagone de Washington, Grande Arche de la Défense, etc.) appelle à être adorée jusqu'à la morsure, puisque le matériau dont est fait cette maquette onirique est de l'os artificiel pour chien (Liu Wei, Love it ! Bite it !).

Les films projetés peuvent être purs objets de communication, pour chanter les louanges de Walt Disney en urbaniste visionnaire (Celebration, Floride). Ou bien ambiguës, voire cyniques, quand Pierre Huyghe invente les festivités nécessaires à la cohésion d'une communauté nouvelle et socialement homogène (Streamside Day). Ou encore critiques, mais fascinés, ainsi les leçons tirées de Las Vegas par Venturi et Scott Brown, qui analysent, pince sans rire, la prolifération des signes, leurs métamorphoses en « canards » (le bâtiment qui lui-même devient signe), à la fin des années 60, avant la défaite du néon au profit des cristaux liquides (Documentation pour Learning from LA, 1968-1972).

La photographie omniprésente pour documenter les projets (on retiendra notamment les photographies qu'Éric Schaal fit du pavillon Rêve de Vénus concocté par Dali, pour la Foire internationale de New York en 1939), ou tout droit sortie de plaquettes publicitaires (The Venetian Las Vegas, 1999, ou The Venetian Macao), est aussi au service de regards critiques ou désabusés.

Ainsi ce florilège de télescopages de mauvais goût au royaume du kitsch par Martin Parr (USA, Las Vegas, 2000), ces inventaires d'indices qui mitent le territoire américain d'ailleurs perdus (Jordi Bernado, Welcome Utopia, Edouard Levé, Amérique). Ce qui n'est pas sans rappeler, à une échelle bien plus modeste, l'époque où des châteaux européens entiers étaient transportés pierre à pierre et reconstruits aux Etats-Unis.

Et encore ces parodies de voyages au pas de charge façon tour operator : Tseng Kwong Chi, en officiel à col Mao, s'autoportraiture en points de vue héroïques devant les symboles les plus emblématiques du tourisme de masse. Manit Sriwanichpoom préfère lui un costume de satin rose, pour intégrer les cartes portales parisiennes aux bras de belles adoratrices.
A l'inverse, Jenny 8 del Corte collectionne les indices d'une dissémination planétaire de l'effigie de la Tour Eiffel : enseigne de dentiste à Mexico, en chocolat au Bahamas, imprimée sur un tee shirt à Monbasa, ou tatouée sur les bras d'un costaud à Berlin (Partout Paris).
Renversement d'échelle aussi, Olivio Barbieri réduit ...

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