logo
141115CracSeteArchipel
  AGENDA CRITIQUES  
parisART recherche un-e COMMERCIAL-e MOTIVE-e connaissant le marché de l'art
RECHERCHER


PHOTO | CRITIQUES

Cliquer pour Agrandir l'image
Cécile Hesse, Gaël Romier
Casanova forever. Amour à la machine
03 juil.-04 sept. 2010
Nimes. Galerie Esca/Ppcm
La participation de Cécile Hesse et Gaël Romier à «Casanova forever» apparaît comme une évidence. Avec Casanova, qui joue avec l'argent mais surtout avec les femmes, il est question de sexualité mais aussi d'amour, de générosité et de liberté.
fleche suivante1/2
Par Anne Lehut

A Nîmes, Cécile Hesse et Gaël Romier participent à une exposition collective, «L'amour à la machine», qui aborde la relation amoureuse à travers les objets du quotidien. Ils présentent deux photographies qui sont, comme souvent chez eux, de très grand format, et des «épluchures de chaussures»…

L'esthétique des images est lisse, léchée. La mise en scène est rigoureuse. Les deux photographies sont comme des fragments de narration. Elles nous parlent parce qu'elles sont quotidiennes, mais aussi totalement en décalage. Avec quoi? Justement, on se le demande. Avec nos codes, très certainement, en partie.

Dans L'Éplucheuse, issue de la série «Pour le meilleur et pour le pire» (2008), une femme se tient debout, derrière une table. Le cadrage dissimule son visage. Elle se détache sur un papier peint pastel qui évoque les années 60-70. Jusqu'ici, terrain connu, familier. Mais voilà, la femme découpe des chaussures, des chaussures à talons, attribut féminin par excellence, fétiche pour certains. Elle entame juste l'arrière de la chaussure, au-dessus de l'endroit où débute le talon aiguille.
C'est évidemment incongru, mais ce qui interpelle, c'est pourtant la familiarité de cette action évoquant une femme qui épluche des oignons. Rien ne se laisse pourtant situer: la combinaison couleur chair portée par la femme, qui souligne la poitrine, contraste avec ce geste de cuisine. Le titre de la série «Pour le meilleur et pour le pire» fait évidemment référence au mariage, et à tout ce qu'il peut entraîner comme codifications, habitudes.

Rapidement tout s'emballe: de cette image presque anodine, presque normale, naissent d'autres images, beaucoup plus équivoques, et les épluchures de chaussures renforcent cela: ce sont en fait les morceaux de cuir découpés, bien réels, fixés à même le mur, comme sortis directement de la photographie.
On a beau se demander pourquoi, on ne voit que ça: ces découpes, ce sont des sexes féminins, des vulves meurtries par cette couture qui passe au milieu. Femme qui dit adieu à sa virginité? Façon de montrer à quel point la chaussure est avant tout un accessoire érotique? Aucune lecture unique, mais l'image est puissamment évocatrice et c'est là sa force: irruption de la sexualité dans le quotidien, érotisme intense mais subtil.

Avec Toujours impeccable, une femme nue se tient de face, prise dans les phares d'un véhicule qui arrive derrière elle; pour la mettre en lumière? Pour la prendre au piège? Son visage est presque absent, là encore. Elle tient une pile d'assiettes qui cache son corps nu. Entre chaque assiette, des sous-vêtements couleur chair se laissent deviner. L'objet prend la place du corps mais il se charge de toute la sensualité de ce corps qu'il cache.

On retrouve cette pile d'assiettes dans une seconde exposition, «Le goût de la souillon», à Mende, où Cécile Hesse et Gaël Romier exposent seuls. Elle est présentée sur un fond blanc. Là encore, le familier (on pense au premier coup d'œil à des crêpes) se heurte à la luxure.

D'un triptyque extrait de la série «Duchesse Vanille», intitulé Insomnie, cotillons (2008), impossible de dégager une narration. Dans une esthétique toujours très maîtrisée, un serveur porte une soupière rocaille d'où s'échappent des plumes; une grande bâtisse se dresse frontalement; des phares percent l'obscurité. On pense à un banquet, et sans que l'on sache très bien pourquoi, on imagine ce banquet orgiaque, on pense à Kubrick et à son Eyes Wide Shut, sauf qu'ici rien n'est montré, et c'est pourquoi l'érotisme de Cécile Hesse et de Gaël Romier est puissant.

Dans Je te tiens, une femme (sans visage, toujours) que l'on voit à travers une portière de voiture a baissé sa culotte et c'est un jaune d'œuf qui macule le sous-vêtement. Absurde accouchement. Devant la photographie sont placés des fauteuils de voiture et un capot qui fait office de table et sur lequel on trouve des coquilles d'œufs. Comme avec les épluchures de chaussures, la photographie s'incarne dans des objets qui rappellent une action réelle et met le spectateur face à du concret, l'obligeant à se situer et à trouver une place à ces images teintées d'étrangeté.

Emmanuel Latreille, commissaire général de «Casanova forever», souhaitait que soit exclue de cette manifestation la vulgarité, sans que l'on s'interdise d'aborder «la dimension du corps et du plaisir sexuel». Mission réussie!


Cécile Hesse et Gaël Romier
Nîmes, au PPCM et en collaboration avec la galerie ESCA
«L'amour à la machine»
— Cécile Hesse et Gaël Romier, L'Éplucheuse. Pour le meilleur et pour le pire, 2008. Photo couleur. 100 x 140 cm.
— Cécile Hesse et Gaël Romier, Épluchures de chaussures. Pour le meilleur et pour le pire, 2008. Chaussures découpées. ...

fleche suivante1/2



ANNONCES


141215Le104Koning
ÉDITORIAL fleche_rouge
Snapchat. Le présent absolu
Avant l'existence des réseaux sociaux, les petits riens de la vie quotidienne des gens ordinaires n'avaient aucune valeur. Seuls les faits exceptionnels suscitaient l'intérêt et les scoops des photographes. Mais une logistique informatique puissante et hautement sophistiquée a changé la situation en élevant les faits dérisoires et futiles au rang de matière première d'une économie nouvelle basée sur un nouveau type de valeur, caractéristique de la société de l'information numérique :...
fleche Lire la suite
141204MacValTaniaMouraud
141120Limoges
141104Le104OrtizSpricigo


La Renaissance et le rêve, l’abandon du corps
Comment représenter l'état de sommeil qui permet d'accéder au rêve? Eléments de réponse avec l'exposition «La Renaissance et le rêve» au musée du Luxembourg, où il est question de corps, d'abandon et de visions.
fleche Lire la suite
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Le Ministère de l’éducation et de la recherche économise sur le budget de l’ESAV Toulouse: une pétition en ligne.
puce rouge  Direction de l’ENSA de Bourges, l’épilogue: Hilde Teerlinck se retire et publie un communiqué
puce rouge  Plateforme, menacée de fermeture en 2015
puce rouge  Coupes budgétaires: la biennale de Bourges annulée, la Scène Nationale d’Orléans dans le viseur. (MAJ)
puce rouge  Des étudiants en vente sur Ebay pour protester contre la fermeture de la Haute Ecole d'Art de Perpignan
puce rouge  A partir de 2016, le Centre Pompidou consacrera un espace d’exposition aux quatre finalistes du prix Marcel Duchamp
puce rouge  Exhibit B ne porte pas atteinte à la dignité de la personne humaine
puce rouge  Lancement du numéro zéro de la revue Facettes par 50° nord
puce rouge  L’hécatombe continue: le Wharf fermé, le Lieu Commun menacé, le Frac Normandie en suspens
puce rouge  La polémique «Exhibit B»: le théâtre Gérard Philippe et le CentQuatre face à la violence des protestations
puce rouge  Après le Forum, le CAC-Bretigny, La Panacée et Les Eglises menacés: l’hécatombe des lieux d’art.
puce rouge  Ce 22 novembre 2014, décès du photographe américain Lewis Baltz
DIAPORAMA

Alvis Hermanis, Les Demoiselles de Wilko. Pièce pour 7 interprètes. D’après le roman de Jaroslaw Iwaszkiewicz.
Hervé Ic, Citizen, 2008. Acrylique et huile sur toile. 249 x 157 cm.
Mario Merz, Che fare?, 1992.
Philippe Cognée, Crâne (détail), 2013. Encre sur papier. 21 x 29,5 cm.



pub pub
Avec Ownsport, bénéficiez d´un coach sportif diplômé dès 19€/h pour des cours sur mesure à votre domicile !

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales