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Après une première apparition à la galerie en 2009, avec la lampe Campane en verre coloré, Guillaume Delvigne revient pour nous présenter la poursuite de ses recherches en design.
Comme souvent pour les expositions de la galerie dédiées à un seul designer, les pièces se concentrent autour d'une typologie du quotidien (lampe, table, rangement, miroir,...). Guillaume Delvigne ne déroge pas à la règle, si ce n'est qu'il nous permet une légère intrusion dans son travail en nous dévoilant un certain nombre de croquis colorés de ses œuvres. Celles-ci sont regroupées sous le titre de Relief(s) pour nous signifier leurs irrégularités, le mouvement qui les agitent les poussant à repenser ou repousser les contraintes formelles. Le nom de chacune des pièces présentées à la galerie, s'inspire de celui d'un phénomène géologique marquant, volcan, glacier, île volcanique...et leurs reliefs torturés par la création naturelle sont une invitation au voyage tout en imagination.
Avec Guillaume Delvigne, les objets ne sont plus vraiment ce qu'ils semblent être. Pour exemple, la lampe Bromo, bien que composée d'un pied, d'une ampoule et d'un abat-jour, a subi une transformation génétique, lui permettant d'élever sa lumière au-dessus de son cache, en une protubérance lumineuse. La luminosité n'est plus atténuée ou affaiblie par la lampe mais au contraire elle s'y réverbère, lave de volcan en pleine éruption. Le meuble bas de rangement, ou buffet, Staffa, s'oppose à nous frontalement par ses cannelures trop régulières. Leur relief voudrait nous faire y voir des strates, nous imposant leur cassure, mais il n'en est rien. La table Uluru en bois massif, au profil à la fois arrondi et effilé, nous évoque un morceau de terre dénudé par l'érosion. Ici la table se fait plus sculpture qu'objet réellement fonctionnel. Même chose, pour les tabourets Lees Ferry, à la forte ressemblance avec des rivets de métal, démesurément grossis. Pourtant, leur origine est bien géologique, fruit de l'érosion par l'eau du Colorado dans le Grand Canyon. Enfin, le miroir Malaspina, forme froide comme le glacier qu'il évoque, semble vouloir se détacher du mur où il est retenu, se tordant vers nous et déformant notre vision.
Nous ne résistons pas à l'envie de mettre en parallèle le travail formel de Guillaume Delvigne avec les œuvres de Frédéric Ruyant exposées il y a quelques mois à la galerie. Un même ébranlement naturel ou géologique semble avoir donné naissance à leurs pièces de mobilier. Puis le processus s'est brusquement interrompu laissant place des objets nouveaux mais apaisés. Seule l'imagination nous suggère ce qu'ils auraient pu être. La technique de l'homme s'est mesurée à la création de la nature en un combat formel dont les œuvres de Guillaume Delvigne ne sont que les reliquats, détournements de grands phénomènes et de formations plusieurs fois millénaires chamboulant notre environnement intérieur. Guillaume Delvigne ne revient-il pas là aux fondements classiques de l'art, qui doit être inspiré par la nature et en imiter sa perfection?
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