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DESIGN | CRITIQUES

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Jan Bons
Libertés de mouvements
03 mars-15 avril 2011
Paris 11e. Galerie Anatome
La galerie Anatome, seul lieu permanent en France dédié au design graphique contemporain, présente une rétrospective de l'artiste néerlandais Jan Bons, reconnu internationalement pour son travail d'affichiste. L'occasion de retracer, au fil des cimaises, une carrière aussi longue que prolifique.
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Par Emilie Grossières

Né en 1918, Jan Bons intègre à seize ans à l'Académie des beaux-arts de La Haye, puis poursuit, à partir de 1937, sa formation à l'Ecole d'art d'Amsterdam. La Seconde Guerre mondiale le fait entrer dans la clandestinité et la résistance. Il participe à la publication de revues illégales, à l'illustration d'ouvrages de Franz Kafka ou encore de classiques de la littérature comme Lazarillo del Tormes, pour lequel il réalise de superbes xylographies d'une grande simplicité de trait. Il créa même de faux papiers avec l'imprimeur Duwaer, qui sera exécuté. Toute cette période l'a profondément marqué et jouera un rôle déterminant dans son œuvre et ses choix.

En 1984, la poste hollandaise le sollicite pour créer un timbre commémorant la liberté et la résistance. Le graphiste dessine une trilogie de timbres : le premier figurant une empreinte digitale déchirée, symbole de la résistance, le second reproduisant une citation de Bakounine « Je ne serai vraiment libre que lorsque tous les autres autour de moi le seront aussi », le dernier très coloré symbolisant la liberté retrouvée. Mais les choix de Jan Bons sont jugés trop forts, trop engagés. Des négociations sont entamées mais l'artiste se désengage du projet, refusant tout compromis.

Dans les années 1950, il rencontre Sandberg, alors directeur du Stedeljik Museum, qui lui passe de nombreuses commandes pour le musée. Il illustre notamment les expositions du designer Gerrit Rietveld, en créant une affiche très minimale présentant le célèbre siège Zigzag. Il trace simplement au pinceau noir la silhouette de la chaise, avec le nom de Reitveld en couleur. Parallèlement, il dessine pour la ville d'Amsterdam des affiches pour différents festivals, évènements ou commémorations, comme par exemple les 700 ans de la ville, utilisant en toute simplicité le triple X symbole de la ville et le chiffre 700.

Jan Bons avait rencontré Gerrit Rietveld à l'occasion de l'exposition « Weerbare Democratie » (une démocratie capable de se défendre) organisée à la Nieuw Kerk d'Amsterdam, et mettant en image l'action de la résistance pendant la guerre. En 1952, pour l'exposition « Asi es Holanda » à Mexico, il élabore, sous sa direction, une immense peinture murale de 70 mètres de long pour 6 mètres de haut. Une reproduction à l'échelle 1/10 est visible à l'étage de la galerie. Dans des couleurs sombres (noir, gris, kaki) ponctuées de blanc et de rouge, la fresque rend hommage aux progrès techniques tels que la radio, la télévision ou le cinéma.

A partir de 1962, il collabore avec la compagnie de théâtre « Le Studio », dont il illustre les productions par ses affiches étonnantes, très reconnaissables. La typographie y joue un rôle proéminent, laissant peu de place à l'illustration proprement dite. Souvent sur fond noir, il décline le texte en des tons roses, verts, jaune bleus, très fluo. En 1968, il débute une longue collaboration avec la compagnie « De Appel », qui va perdurer jusque dans les années 1990. Il crée l'identité visuelle du groupe, inscrivant De Appel (la Pomme) dans un cercle coloré irrégulier, rappelant la forme du fruit. Là encore, l'importance du texte est primordiale, mais toujours dans un souci d'illustration. Certaines de ses affiches rappellent le travail tardif de Matisse, par ses découpages de taches colorées assemblées entre elles pour donner forme à l'image. Ou encore les recherches du groupe néerlandais De Stijl, par le travail des couleurs souvent primaires, très franches, mais dans une dimension moins géométrique.

De 1990 à 2005, Jan Bons réalise les affiches du Festival international du cinéma documentaire d'Amsterdam (IDFA). En réponse, à ceux le pensant trop vieux pour concevoir une affiche percutante, il déchire un papier noir et crée en quelques minutes une caméra trépied surmontée de grosses bobines, dans un style minimaliste mais efficace. Le projet est accepté avec enthousiasme et le dessin repris d'une année sur l'autre et adapté en fonction du thème. L'année dédiée au Japon, voit l'une des bobines de la caméra se teinter de rouge, pour rappeler le drapeau nippon. Pour les dix ans du festival, les bobines deviennent le chiffre 10…

A la fin de l'exposition, un film documentaire nous montre l'artiste en train de travailler à l'une de ces affiches. On y découvre sa méthode de travail, très traditionnelle, les affiches étant créées entièrement à la main (lettrage, dessin, collage). Son fils prend ensuite le relais pour transposer numériquement la création, le vieil homme n'ayant jamais sauté le pas technologique.

Depuis plus de 25 ans, l'artiste a également développé les affiches, programmes et dépliants, du Nieuw Ensemble et de l'Atlas Ensemble, formations de musique classique, dont son ...

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Michel Herreria, La Pataugeoire, 2011-2012. Peinture sur papier. 150 x 210 cm.



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