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ART | AGENDA

Pilar Albarracin, <em>She Wolf,</em> 2006. Vidéo<br><br>Courtesy Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris
Pilar Albarracin, Gilles Barbier
Tous cannibales
12 fév.-15 mai 2011
Vernissage le 11 fév. 2011
Paris 12e. La Maison rouge
L'exposition invite les visiteurs à lever le voile sur un sujet troublant, refoulé voire tabou — celui de l'anthropophagie — aux confins de l'ethnologie, de l'histoire, de la psychanalyse, de la médecine et de la religion.
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Communiqué de presse
Makoto Aida, Pilar Albarracin, Gilles Barbier, Michaël Borremans, Norbert Bisky, Patty Chang, Jake & Dinos Chapman, Will Cotton, Lucas Cranach, Wim Delvoye, Erik Dietman, Marcel Dzama, James Ensor, Renato Garza Cervera, Camille de Galbert, Francisco de Goya, J. J. Grandville, Sandra Vasquez de la Horra, Pieter Hugo, Melissa Ichiuji, John Isaacs, Oda Jaune, Michel Journiac, Fernand Khnopff, Frédérique Loutz, Saverio Lucariello, Alberto Martini, Suehiro Maruo, Philippe Mayaux, Patrizio Di Massimo, Théo Mercier, Yasumasa Morimura, Vik Muniz, Wangechi Mutu, Álvaro Oyarzún, Chantalpetit, Giov. Battista Podesta, Odilon Redon, Félicien Rops, Bettina Rheims, Toshio Saeki, Cindy Sherman, Dana Schutz, Jana Sterbak, Adriana Varejâo, Joel-Peter Witkin, Ralf Ziervogel, Jérôme Zonder
Tous cannibales

«Nous sommes tous des cannibales. Le moyen le plus simple d'identifier autrui à soi-même, c'est encore de le manger. » Claude Lévi-Strauss, La Repubblica, 1993

Du 12 février au 15 mai, la maison rouge organise une exposition consacrée à la question de l'anthropophagie et à ses représentations dans les arts plastiques aujourd'hui.

Pour cette manifestation, la commissaire a choisi de présenter un corpus d'oeuvres réalisées majoritairement par une jeune génération d'artistes travaillant indépendamment les uns des autres sur le concept de l'incorporation. La partie contemporaine de cette exposition (photographie, vidéo, installation, sculpture, dessin et peinture) est en dialogue avec une partie historique (ouvrages illustrés, textes enluminés, gravures et objets d'arts premiers) témoignant des évolutions et des persistances du thème de l'anthropophagie à travers les âges et les latitudes.

Notion encore peu considérée par les critiques et théoriciens de l'art, elle apparaît pourtant en arrière-plan des recherches de la création actuelle, comme le confirme la présence de certains artistes incontournables de la scène contemporaine dans l'exposition.

Ecartant les représentants d'une scène que l'on pourrait qualifier de «gore», Jeanette Zwingenberger a préféré des artistes — dont près de la moitié sont des femmes — qui abordent la cruauté du sujet de l'anthropophagie avec un regard critique, une certaine délicatesse, un imaginaire onirique articulant et développant les problématiques qui traversent cette notion.

À l'ère du clonage, des transplantations et des mondes virtuels, et d'une intégrité du corps remise en question, les artistes de l'exposition témoignent d'un nouveau regard porté sur le corps. Leur travail procède à son éclatement et à son morcellement, le métamorphosant et le recomposant en un corps hybride, tout à la fois comestible et anthropophage.

N'y aurait-il pas absorption, voire dévoration, dans la relation à autrui, ce semblable avec qui je partage et construis mon moi? Comme le souligne Claude Lévi-Strauss, dans une citation mise en exergue par la commissaire de l'exposition: «Nous sommes tous des cannibales. Après tout, le moyen le plus simple d'identifier autrui à soi-même, c'est encore de le manger» (La Repubblica, 1993).

L'exposition invite ses visiteurs à lever le voile sur un sujet troublant, refoulé voire tabou, aux confins de l'ethnologie, de l'histoire, de la psychanalyse, de la médecine et de la religion. Cette exposition se poursuivra à Berlin du 28 mai au 18 septembre dans le lieu récemment ouvert par le
collectionneur Thomas Olbricht, Me Collectors Room Berlin (www.me-berlin.com).

Commissaire: Jeanette Zwingenberger

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