ART | EXPO

Esthétique des pôles. Le testament des glaces

16 Oct - 07 Fév 2010
Vernissage le 16 Oct 2009

Terres de liberté fantasmée où les fantaisies humaines n’ont plus de limites, zones arides où l’homme ne peut que survivre, espaces "vierges" symboles des ravages causés par l’être humain à notre planète… Les Pôles sont au coeur des travaux des artistes ici réunis.

Evariste Richer, Darren Almond, Dominique Auerbacher, Jean-Jacques Dumont, Joachim Koester, Julien Loustau, bertrand Lozay, Lucy Orta, Jorge Orta, David Renaud, Guido van der Werve, Marijke van Warmerdam
Esthétique des pôles. Le testament des glaces

Groenland, Spitzberg, Sibérie, Antarctique… Autant de noms qui évoquent le froid, la glace et les explorateurs en perdition. Jean-Baptiste Charcot qui parcourut les mers des deux pôles fut d’ailleurs victime d’une pathologie que sa formation de médecin avait quelques difficultés à diagnostiquer : « d’où vient, disait-il, l’étrange attirance de ces régions polaires, si puissantes, si tenaces, qu’après être revenu on oublie les fatigues morales et physiques, pour ne songer qu’à retourner vers elles ? »

Dans notre société où chaque chose et chacun est à sa place où le temps, la lumière et l’espace sont devenus des denrées chiffrées et monnayables, l’horizon sans fin des pôles fascine et s’offre comme un ultime refuge pour les belles utopies, pour les « valeurs » de nos pères à jamais disparues. Ces espaces sont aussi parmi les derniers où effort humain et dépassement de soi prennent tout leur sens, où l’élan primitif qui sommeille au plus profond de chacun de nous vient bousculer l’assurance de notre confort et de nos habitudes.

Ces motivations antagonistes – où romantisme et pensée écologique ne sont pas en reste – ont certainement quelque chose à voir avec l’engouement actuel des artistes pour ces territoires en voie de disparition. Désarroi profond face à un monde en mutation ou désir d’exotisme aventureux sont les deux alternatives (parfois antagonistes, parfois complémentaires) entre lesquelles oscillent les œuvres présentées dans cette exposition. Qu’elles prennent la forme du journal intime, du livre de bord ou du documentaire, qu’elles proposent une exploration physique, symbolique ou une expérimentation scientifique, elles tissent un réseau d’images, de sons et de mots où voyage initiatique et utopies sociales se rejoignent, où l’être redevient humain.