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ÉCHO
17.03.06. Voiles : les nouvelles «façades libres» de l’architecture ?
Près d’une centaine d’années après que Loos ait associé l’ornement au crime, l’architecture contemporaine interroge à nouveau la surface. Non seulement la texture, le décor et la couleur sont aujourd’hui réhabilités mais l’épaisseur et les mouvements de la surface sont également explorés.


Par Sandrine Amy
Architecte, philosophe et membre du programme de recherche de la MSH Paris Nord: «Arts, appareils, diffusion»
26 janvier 2006

Depuis le début des années 90, aussi bien en France qu’à l’étranger, les façades constituent à nouveau pour les architectes un lieu privilégié de recherche et d’expérimentation qui va de pair avec un retour massif du décoratif et de l’ornement.
Ce faisant, leurs architectes semblent marquer une rupture avec leurs aînés du Mouvement Moderne qui avaient eux-mêmes instauré une rupture radicale avec la tradition décorative des surfaces, entraînant une révolution de l’esthétique architecturale et de la sensibilité qui diffuse encore aujourd’hui ses effets.
Les principaux instigateurs de cette révolution furent Adolf Loos, avec son célèbre pamphlet Ornement et crime (1908) et Le Corbusier, avec L’Art décoratif d’aujourd’hui (1925). L’architecture, selon eux, devait se consacrer à des tâches plus nobles et plus utiles, à des sujets plus profonds ou plus élevés et œuvrer pour le Bien et le progrès de l’humanité.
La théorie moderne de l’ornement n’était-elle qu’une parenthèse que certains architectes contemporains veulent aujourd’hui refermer?
En tous cas, tous les axiomes modernes (adéquation entre forme et fonction, correspondance entre intérieur et extérieur, vérité des matériaux, de la structure, etc.) perdent graduellement de leur influence et l’architecture semble aujourd’hui renouer avec une certaine tradition textile et le monde de la pierre reprendre les relations qu’il a en fait toujours entretenu avec le monde du tissu.
En même temps, ces façades sont d’une nature proprement originale et inédite. Comme le tissu, elles sont véritablement souples, ployables, mouvantes ou dynamiques.
Elles ont en outre acquis une sorte d’état limite dans leur autonomie et dans l’espacement qu’elles instaurent avec les édifices qu’elles recouvrent. Entre le corps de bâtiment et son revêtement, les architectes ont aménagé un vide et un espace de jeu.
Pour autant, cette nouvelle préoccupation de l’architecture pour la surface et l’ornement et cette nouvelle sensibilité ne font pas «mouvement». L’ornement et la décoration sont d’une certaine manière à la mode mais ils résistent à la catégorisation et à la généralisation et se placent du côté du local, du subjectif et du singulier.
D’où les questions suivantes: y a-t-il une théorie contemporaine de la surface ou de l’enveloppe en architecture?, y a-t-il une théorie contemporaine de la décoration et de l’ornement?
Et, au-delà des sempiternels débats «signe contre fonction» ou «symbole contre espace» ou des étiquettes du type «maniérisme» ou «façadisme», qu’est-ce qui se joue sur ces façades qui n’en finit pas de revenir, de travailler et faire travailler les architectes?


Avec l’invention du béton armé et du système poteau-poutre au début du XXème siècle, la façade s’est affranchie du rôle qui consistait à tenir le bâtiment debout. Tout à coup, ses fonctions (structure porteuse, isolation, étanchéité, vue, finition, ornement), qui auparavant étaient pincées et fusionnées dans une même épaisseur, un même plan vertical et une même peau, ont pu être séparées et désolidarisées. Ainsi, les architectes ont bénéficié d’une liberté sans précédent à l’égard des contraintes physiques des matériaux et la possibilité d’un langage complètement nouveau. La façade est devenue «libre» (selon l’expression de Le Corbusier) et plastique; elle a pu s’adapter à tous les principes et à toutes les intentions sans menacer la stabilité de l’édifice.

Loos, Le Corbusier et les architectes du mouvement moderne furent parmi les premiers à bénéficier de cette nouvelle technique et à l’expérimenter. Ce faisant, ils ont nécessairement dû réexaminer et réinterroger les différentes fonctions de cette peau pour pouvoir les réinterpréter et, le cas échéant, les réaffirmer.
Loos s’est intéressé aux fonctions d’isolation et d’étanchéité. En 1898, dans un texte intitulé la Loi du revêtement – inspiré du Principe du vêtement que Gottfried Semper formula au milieu du XIXème siècle – il expliquait que la tâche de l’architecte consiste à «élaborer un espace chaud et intime. Il décide donc d’étendre un tapis sur le sol et d’en suspendre d’autres aux quatre murs. Mais on ne construit pas une maison avec des tapis. Le tapis de sol aussi bien que les tapis muraux exigent une structure capable de les recevoir de façon adéquate. Découvrir cette structure constitue la seconde tâche de l’architecte. (…) Au commencement il y eut le vêtement. L’homme était en quête d’une protection contre les rigueurs du climat, cherchait protection et chaleur durant le sommeil. Il avait besoin de se couvrir. La couverture est le plus ancienne expression de l’architecture». (1)
Il identifiait ainsi l’architecte avec l’artiste: il devait dire le monde et couvrir cette énonciation d’une couche de représentation.
Ses façades étaient conçues comme des enveloppes volumiques. Les intérieurs de ses habitations devaient avant tout couvrir les habitants à la manière d’un vêtement doux et chaud dans lequel ils pouvaient se lover. Tout était conçu pour préserver au mieux l’intimité du foyer. Par exemple, les fenêtres de ses maisons qui étaient relativement petites, souvent opaques ou recouvertes de rideaux, devaient laisser passer la lumière et non le regard et donner un sentiment de protection et de sécurité. Elles défiaient les lois de la transparence et de la perspective. Une fois les rideaux tirés, ses maisons devaient permettre à ses habitants, pour un moment, de s’extraire du monde et de se retourner sur eux-mêmes et sur le privé. Le dehors, «domaine de l’échange, de l’économie et des masques» était effacé au profit d’un retournement vers le dedans, lieu privilégié, selon Loos, «de l’inaliénable, du non-échangeable et de l’indicible.» (2)
Depuis l’extérieur, ce que

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ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières par le quotidien RL, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices culinaires etc... Le tout sur toile ! Visiter les galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com LAURÉAT DU CONCOURS "LES NOUVEAUX TALENTS DE LA PEINTURE 2009" organisée par le ville de METZ, ville du futur centre Pompidou. Découvrez sur le site le tableau gagnant élu par le vote du public.
 
 
 
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