ART | EXPO

Éclaireur

12 Jan - 11 Mar 2017
Vernissage le 11 Jan 2017 à partir de 18:00

L’exposition « Éclaireur » à la galerie Édouard-Manet, à Gennevilliers, dévoile les vidéos d’Anne-Charlotte Finel. Un parcours en forme de flânerie, où des compositions musicales de Luc Kheradmand accompagnent des images aux qualités très picturales.

L’exposition « Éclaireur » à la galerie Édouard-Manet de Gennevilliers présente à l’occasion d’une résidence le travail vidéo d’Anne-Charlotte Finel. Le parcours en images et en musique met en valeur un traitement quasi pictural de la vidéo.

Les vidéos d’Anne-Charlotte Finel sont marquées par un traitement pictural de l’image

L’exposition est jalonnée par une dizaine de vidéos récentes d’Anne-Charlotte Finel chacune d’entre elles étant accompagnée par une piste sonore composée par Luc Kheradmand. Le parcours prend ainsi la forme d’une balade plongée dans la douce rêverie que transmet le style très singulier des vidéos de la jeune artiste.

Le travail de vidéaste d’Anne-Charlotte Finel est caractérisé par le traitement particulier de l’image sur lequel il repose. Systématiquement, les couleurs des éléments filmés sont altérées pour être noyées dans un clair-obscur qui les rend incertains, pour ne pas dire irréels. Ainsi dans la vidéo intitulée Mur, l’image d’une impressionnante chute d’eau voit-elle ses couleurs ramenées à un dégradé de gris, blanc et noir qui réduit le ciel à une bande grise et le bas de la chute à une bande noire, la cascade qui s’étend entre les deux devenant ainsi semblable à un mur.

Le traitement appliqué aux vidéo par Anne-Charlotte Finel concerne également le grain de l’image, rendu très épais et visible, brouillant lui aussi la vision par un flou quasiment pointilliste qui tend parfois à l’abstraction comme dans la vidéo La crue. Ainsi le grain, par sa présence extrêmement marquée, devient-il un des éléments déterminants de l’image, jusqu’à prévaloir sur l’objet filmé.

Quand la vidéo exploite la matérialité de l’image et rejoint le dessin ou la gravure

La vidéo est perçue chez Anne-Charlotte Finel comme un outil de création plastique qui permet d’exploiter la matérialité de l’image. Au-delà d’un style visuel qui rappelle avec une certaine nostalgie celui des premiers films, c’est un traitement très pictural de l’image qui s’impose, qui rapproche la vidéo d’autres disciplines comme la peinture, le dessin ou la gravure.

Les paysages constituent le motif récurrent des vidéos d’Anne-Charlotte Finel qui les filme toujours à des périodes d’entre-deux. A l’aube où lorsque le soleil se couche, lorsqu’il ne fait ni tout à fait jour ni tout à fait nuit, ils sont saisis dans les intervalles où le temps paraît suspendu, où tout peut se produire. L’indétermination de ces moments, conjuguée au traitement appliqué aux images, charge celles-ci d’une aura mélancolique et romantique.

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