logo
BF15DemocraciaTxT02
AUJOURD'HUI EXPOSITIONS EVENEMENTS SPECTACLES VERNISSSAGES EDITOS
parisART recherche un-e COMMERCIAL-e MOTIVE-e connaissant le marché de l'art
RECHERCHER


ECHOS

Changer le regard sur les arts plastiques
02 août 2012

Disons-le clairement: la gauche socialiste donne quelque fois le sentiment de ne pas voir le sens et la portée exacte du secteur des arts plastiques. Méconnaissance profonde de la place et de la fonction des institutions d'art contemporain dans notre pays. Il faut qu'un changement de focale ait lieu, c'est urgent, afin que nos élus retrouvent une vision plus juste et plus... prometteuse!


carre_rouge  Par Emmanuel Latreille

La promesse écrite au Syndeac par le candidat François Hollande de dégeler les crédits de la création a été partiellement tenue par Mme Filippetti juste avant l'ouverture du Festival d'Avignon : les 23,5 millions d'euros des institutions du spectacle vivant ont été arrachés à Bercy, tandis que le 1,5 million correspondant à l'ensemble des structures d'art contemporain a été différé en une nouvelle promesse, automnale cette fois, promesse réitérée le 5 juillet par la ministre à l'inauguration du nouveau Frac Bretagne. Elle s'efforcera de trouver ce million et demi qui, a-t-elle déclaré, ne représente effectivement pas tant que ça... Malheureusement, il n'est que trop évident que cet oubli, ainsi que son hypothétique rattrapage, «représentent» bien plus qu'une simple maladresse. Ils révèlent sans doute une méconnaissance profonde de la place et de la fonction des institutions d'art contemporain dans notre pays.

Disons-le donc clairement: la gauche socialiste donne quelque fois le sentiment de ne pas voir le sens et la portée exacte du secteur des arts plastiques. La première raison vient de l'histoire même du projet d'émancipation par l'art et la culture, qui est d'abord pour elle un héritage de la formidable aventure du spectacle vivant initiée par Jean Vilar. De cette aventure, de ce grand projet d'éducation et de transmission de savoirs par l'art au profit du mieux vivre des individus et du groupe, les arts plastiques sont fondamentalement écartés.

L'art contemporain n'est-il destiné à apparaître, alors, que comme une affaire de placement, de défiscalisation, de mécénat, en somme de «grosses valeurs»? Les Frac eux-mêmes n'auraient-ils été institués au début des années 1980 que pour éviter de passer à côté des chefs-d'œuvre que toute grande nation se doit de posséder? Le cas échéant, la finalité première (et dernière) de l'art contemporain se trouverait alors, non dans les idées de Duchamp, de Filliou ou de mille artistes vivants, mais chez François Pinault! Mais comment, avec un tel point de vue, légitimer foncièrement le travail de médiation que font les lieux de diffusion de l'art en direction de tous les publics? Comment considérer les expérimentations innombrables que les centres d'art permettent à des jeunes artistes afin d'inventer des modes inédits de questionnement sur les déterminations sociales qui nous conditionnent, dont la principale est justement la Valeur? Comment estimer vraiment la formation et l'émancipation intellectuelle et sensible offertes par les écoles d'art à d'innombrables individus qui ne courent assurément pas tous vers le star-system?

La seconde raison consiste à ne reconnaître les activités artistiques qu'à travers le filtre du spectaculaire, du visible, de l'événementiel, que sont des variantes de la valeur. L'art, avant d'être un espace privilégié de la pensée, devrait servir à l'animation des grands centres urbains, ou être porté par de grandes institutions ou expositions médiatiques. Depuis dix ans, les gouvernements qui se sont succédés n'ont fait qu'amplifier cette tendance, à Paris ou dans les capitales régionales. Or le réseau des structures d'art contemporain a, dès les années 1980, été pensé à l'opposé de tout centralisme: il est l'émanation d'une vision dont on reparle désormais, mais dont on se demande bien si elle va être relancée comme il faudrait: la décentralisation. Si le dégel des arts plastiques ne devait pas avoir lieu, c'est bel et bien à une vision décentralisée que la gauche portera le premier mauvais coup.

Le non-dégel des arts plastiques, pour qu'il ne reste pas un acte manqué incompréhensible, et pour qu'il ait la moindre chance d'être réparé, exige que le nouveau gouvernement change ses lunettes de manière radicale: oui l'émancipation, la recherche et la formation sont au cœur des arts plastiques, et n'ont peut-être pas de meilleur contexte de développement aujourd'hui que dans les arts visuels. Oui, ce pays ne pourra redémarrer qu'en renforçant les acteurs qui, dans les régions, construisent les conditions d'un «vivre ensemble» qui n'oublie personne et surtout pas ceux de nos concitoyens qui sont loin de tout.

Nous savons donc que le million et demi qui doit revenir aux arts plastiques représente à la fois peu et beaucoup. Car les professionnels de l'art contemporain mesurent pourquoi, depuis tant d'années et au contraire des autres secteurs de la création, il leur est si difficile d'obtenir une reconnaissance sociale et politique digne de ce nom (convention collective, statut, dégel...). Ils se mobiliseront dans les mois qui viennent pour qu'une politique claire et ambitieuse des arts plastiques soit définie, sur la base d'une réévaluation radicale du sens que l'on donne à l'art contemporain et à l'engagement artistique. Il faut qu'un changement de focale ait lieu, c'est urgent, afin que nos élus retrouvent une ...

Dans la même rubrique

fleche Exposition de l’artiste palestinienne Ahlam Shibli: le Jeu de Paume répond aux accusations

fleche Etienne Balibar: «Non au retour de la dictature en Grèce!»

fleche Polémiques autour des photos des martyrs palestiniens d’Ahlam Shibli

fleche Lancement d’une mission consacrée au design

fleche Camille Henrot, Lion d’argent à la Biennale de Venise

fleche Acte II de l’exception culturelle à l’ère du numérique

fleche Vente de la Maison de France à Berlin

fleche Renouvellement de José-Manuel Gonçalvès à la direction du Centquatre

fleche Fermeture de la galerie Jérôme de Noirmont, à Paris

fleche Marseille: 400 000 euros pour David Guetta, sans rien pour les associations

fleche Israel Galvan danse pour les Roms de Ris-Orangis

fleche Décès du photographe Gabriele Basilico

fleche Annonce des nommés du prix Marcel Duchamp 2013

fleche Pas d’art pour les pauvres, les sales et les méchants!

fleche Eric Cantona, la Rolls de l’Abbé Pierre

fleche Andrée Putman: luxe, mesure et simplicité

fleche Egalité des chances dans l’accès aux grandes écoles de la culture

fleche Mort, à 104 ans, de l’architecte brésilien Oscar Niemeyer

fleche Europe: Les ministres de la Culture veulent faire de la création culturelle un enjeu majeur

fleche Décès du peintre Ladislas Kijno

fleche Inauguration du Louvre-Lens le 4 décembre 2012

fleche Le Louvre signe un partenariat avec les musées de San Fransisco

fleche Le gouvernement lance le projet national de l’éducation artistique et culturelle

fleche Paris Photo 2012

fleche Ouzbékistan: des céramiques de Picasso retrouvées

fleche Daniel Dewar et Grégory Gicquel, lauréats du Prix Marcel Duchamp 2012

fleche Ouverture de la 39e édition de la FIAC

fleche Taxation des œuvres d’art: sept directeurs de grands musées réagissent

fleche Un nouvel espace à New-York pour Perrotin

fleche Tate Modern: une toile de Rothko vandalisée


puce rouge Page 1 / 2 fleche suivante Page suivante

site_com


130614jdpShibli
ÉDITORIAL fleche_rouge
Jeu de Paume: terreur dans la culture
L'exposition «Phantom Home» de l'artiste palestinienne Ahlam Shibli, au Jeu de Paume à Paris, donne lieu à de vives réactions de la part de certains secteurs de la communauté juive, en particulier du Crif qui dénonce une «apologie du terrorisme». Après des protestations officielles adressées à la directrice du musée et à la ministre de la Culture, une véritable offensive s'est enclenchée: clameurs dans les réseaux sociaux, appel à manifester devant le musée, déferlement...
">fleche Lire la suite
130616MarechWomenGR
130609JdPmvt300
130408VilletteKawa
acting01 acting02
ÉCHOS fleche_rouge
puce rouge  Exposition de l'artiste palestinienne Ahlam Shibli: le Jeu de Paume répond aux accusations
puce rouge  Etienne Balibar: «Non au retour de la dictature en Grèce!»
puce rouge  Polémiques autour des photos des martyrs palestiniens d’Ahlam Shibli
puce rouge  Lancement d'une mission consacrée au design
puce rouge  Camille Henrot, Lion d’argent à la Biennale de Venise
puce rouge  Acte II de l'exception culturelle à l'ère du numérique
puce rouge  Vente de la Maison de France à Berlin
puce rouge  Renouvellement de José-Manuel Gonçalvès à la direction du Centquatre
puce rouge  Fermeture de la galerie Jérôme de Noirmont, à Paris
puce rouge  Marseille: 400 000 euros pour David Guetta, sans rien pour les associations
puce rouge  Israel Galvan danse pour les Roms de Ris-Orangis
puce rouge  Décès du photographe Gabriele Basilico

DIAPORAMA

echoLe miroir est devenu un objet de décoration primordial et apprécié de tous. Un beau miroir design peut être le détail qui change une pièce ! Découvrez la gamme miroir design sur le site de PIB.
pub pub

Art culture paris - art culture France - evenement culturel - agenda culturel paris - actualité art culture - photo art - agenda design - exposition design - éditeur design - spectacle danse - spectacle danse contemporaine - festival danse - marché art - exposition art contemporain - galerie photo - exposition video - art numerique - livre sur l’art - catalogue art - galerie art contemporain paris - musee art moderne contemporain - centre d'art contemporain - frac - drac - cnap - fiac - festival danse paris - festival danse montpellier - interview artiste - art virtuel - graff - foire art

parisART  |  Partenaires  |  Contact  |  Équipe  |  Publicité  |  Mentions légales