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Des chiffres, un visage

26 Juin - 19 Juil 2014
Vernissage le 26 Juin 2014

Bertrand Gaudillère s’attache à montrer la réalité du quotidien des sans papiers, ceux dont on ne parle trop souvent qu’en termes de statistiques et de pourcentages. Des chiffres, un visage aborde la question des expulsions à travers l‘histoire de Guilherme Hauka Azanga, travailleur sans papiers angolais de 45 ans vivant en France depuis 9 ans.

Bertrand Gaudillère/item
Des chiffres, un visage

Des chiffres, un visage, c’est avant tout le récit d’une lutte. Celle d’un homme, Guilherme, migrant angolais sans papiers, qui se bat pour continuer à vivre en France. Celle de centaines d’anonymes qui ont décidé de s’élever collectivement contre la politique du chiffre. C’est aussi le travail du photographe Bertrand Gaudillère qui s’est attaché à rendre compte des multiples épisodes qui construisent cette histoire singulière où l’acharnement de l’administration n’a d’égal que la détermination collective pour mener à bien un combat contre l’arbitraire.

Bertrand Gaudillère est membre fondateur du collectif item. Créée à Lyon en 2001, cette structure de production indépendante composée de huit artistes, axe son travail sur le développement de compétences en écriture photo-journalistique. La production photographique fonctionne sur la base d’un dialogue permanent entre travaux individuels et projets collectifs, résultant d’initiatives personnelles ou de commandes.

Le collectif Item est un espace de diffusion s’ouvrant au public lors d’expositions individuelles ou collectives. Le mode de fonctionnement du collectif offrant indépendance et solidarité aux artistes permet une préservation de la démarche d’auteur, de la production et de la diffusion de leurs travaux. C’est dans le cadre d’une réflexion sur les problématiques sociales et politiques françaises, que Bertrand Gaudillère s’intéresse, depuis 2007, à la question des sans papiers.
Loin des seuls évènements spectaculaires qui défraient la chronique, il s’attache à montrer la réalité du quotidien de ceux que l’on désigne comme des clandestins et dont on ne parle trop souvent qu’en termes de statistiques, de pourcentages ou de nombres de reconduites à la frontière. Il rappelle que derrière les chiffres il y a des hommes. Le premier volet de son travail Les chiffres ont un visage a été projeté au festival «Visa pour l’image» en 2009 et au festival «images singulières» de Sète en 2009.

La série photographique Des chiffres, un visage interroge cette même question des expulsions par le biais d’une histoire en particulier, celle de Guilherme Hauka Azanga, travailleur sans papiers angolais de 45 ans vivant en France depuis 9 ans. Elle montre également la solidarité, l’engagement, et la détermination qui animent le comité de soutien de Guilherme. Leurs actions et leur pugnacité sont là pour rappeler la capacité d’indignation de chacun face à d’insupportables situations où l’injustice se mêle à l’arbitraire.
Ensemble, ils s’inscrivent dans la désobéissance civile pour dire non à ce qu’ils estiment être une violence faite à un homme. C’est le combat du légal face au juste, celui de citoyens face à un appareil d’état dont ils dénoncent l’acharnement à l’encontre de leur voisin ou de leur ami, dont le seul délit est de ne pas être né en France.

L’histoire de Guilherme et de son entourage n’est pas unique, elle est simplement le résultat d’une volonté politique à appliquer des directives toujours plus nombreuses et plus restrictives à l’égard de l’entrée et de la régularisation des étrangers sur le territoire. Un durcissement des lois justifié par un discours politique sécuritaire, qui, avec les ministres de l’immigration successifs, Brice Hortefeux, Eric Besson et Claude Guéant sous la présidence de Nicolas Sarkozy, tend à rendre l’immigration responsable de l’insécurité… alors même que le solde migratoire n’a quasiment pas bougé en 10 ans, se situant aux alentours de 75000 migrants.

Vernissage
Jeudi 26 juin 2014 à 18h30