DANSE | SPECTACLE

Dbddbb

14 Mar - 14 Mar 2017

La Filature présente Dbddbb de Daniel Linehan, un spectacle écrit autour des rapports intimes de la voix et du mouvement. Dbddbb développe une chorégraphie singulière sur le thème de la marche devenant danse, en s'appuyant sur le rythme imprimé par la voix.

Avec Dbddbb, le chorégraphe américain Daniel Linehan se propose de rapprocher le mouvement, sous la forme essentielle de la marche, et la voix, inspirée de la poésie dadaïste, selon le principe formulé par Tristan Tzara : « La pensée se fait dans la bouche. »

Dbddbb : la marche

Pièce écrite pour cinq danseurs, parmi lesquels Daniel Linehan, Dbddbb s’ingénie à recourir à des jeux de décalages entre sons et gestes, entre gestes et images. Dbddbb se présente comme une pièce composée selon des gestes élémentaires, des mouvements communs, ceux définissant la marche. Comment faire alors de la marche une danse ? Comment faire d’un son articulé un langage à part entière ?

Dans Dbddbb, les interprètes tentent sur scène de répondre à la fois à ces deux questions. Le rythme de la marche doit susciter le langage et, en retour, celui-ci doit être à l’origine même du mouvement. Dbddbb s’emploie donc à combiner étroitement la marche à des poèmes notamment empruntés à Hugo Ball ou Kurt Schwitters. Dès lors, la pièce de Daniel Linehan se développe selon des oscillations et des mouvements aux rythmes différents.

Dbddbb 

Sur scène, les cinq danseurs évoluent selon un même schéma : chacun a un mouvement, un rythme, un cri qui lui est propre, cette individualisation du geste et de la voix trouvant à se fondre dans une chorégraphie collective où s’allient danse et langage, avant que ne se dissolve cette communion. Les interprètes semblent donc osciller entre individualisation et communion en imprimant à leurs mouvements des cadences variées.

D’emblée semble primer l’individualisation comme en témoigne les visages grimes peintures et les costumes singuliers, décousus, portés par les danseurs. Ici, pas de toutes sortes et gestes quotidiens se mêlent.soutenus par les voix, ou plutôt les sons scandés, qui imposent un rythme particulier. Et de telles séquences se répètent, allant de la singularité individuelle à la cohésion collective, conduisant sans cesse à se demander : quand devient-elle parole véritable, quand le geste spontané devient-il voulu ?