DANSE | SPECTACLE

Je danse parce que je me méfie des mots

03 Mai - 11 Mai 2017

L’espace Cardin présente Je danse parce que je me méfie des mots de Kaori Ito, un spectacle par lequel elle tente d’approfondir ses rapports complexes avec son père, avec lequel elle forme sur scène un duo.

En partenariat avec le Théâtre de la Ville, l’Espace Cardin présente Je danse parce que je me méfie des mots de la danseuse et chorégraphe japonaise Kaori Ito. Dans cette pièce, Kaori Ito tente d’approfondir ses rapports complexes avec son père, le sculpteur Hiroshi Ito, avec lequel elle forme sur scène un duo.

Je danse parce que je me méfie des mots : une perte essentielle

Dans Je danse parce que je me méfie des mots, l’intention de Kaori Ito n’est autre que retrouver ce qui fut perdu. Retrouver son père, le sculpteur Hiroshi Ito, dont elle est séparée par une distance à la fois géographique et culturelle. Sur scène, Kaori Ito raconte son départ du Japon à l’âge de dix-huit ans, et ses retrouvailles familiales, lors desquelles son père lui demande de danser avec lui.

Mais la distance, seule certitude, conduit inévitablement à exprimer son amour de façon «plus subtile». Nécessité d’autant plus grande, rappelle-t-elle, que les sentiments doivent au Japon être voilés. Cette intimité tue et limitée à la seule proximité de ses proches, devient alors étrangeté d’être et, en quelque sorte, défaut d’appartenance, lorsque l’on vit à l’étranger.

Je danse parce que je me méfie des mots : la présence du père

Par delà la distance, il importe d’effacer cette même étrangeté et rétablir l’intimité d’une filiation. Je danse parce que je me méfie des mots est une telle entreprise voulant, par le détour de la création chorégraphique, instaurer un dialogue avec le père éloigné. Pourquoi ne pas créer avec ce dernier un «objet d’art» ? Pourquoi ne pas l’inviter à danser sur scène ? Et Kaori Ito remarque : «Peut-être que le dessein de ce spectacle est la danse que nous ferons ensemble, après avoir dit ce qui peut l’être par la parole».

Pourtant, les mots sont premiers. Kaori Ito n’a de cesse, d’abord, de questionner son père et elle-même. Questions formulées d’une même manière, sous la forme d’un «pourquoi ?» proliférant qui ne renvoie qu’à lui-même, ou au silence. Mais sur scène, le père répond à ces interrogations qui, cessant, laissent place à la danse. Je danse parce que je me méfie des mots exprime alors l’inévitable complémentarité des mots et de la danse.