Corneille

Corneille

CORNEILLE (Guillaume Cornelis Beverloo) — né le 4 juillet 1922 à Liège (Belgique) ; décédé le 5 septembre 2010 à Auvers-sur-Oise (France).

Corneille est un artiste moderne néerlandais. Son travail se déploie essentiellement sous forme de peinture, mais aussi de gravure, de sculpture ou de céramique. Il est l’un des fondateurs du mouvement CoBrA (pour : Copenhague, Bruxelles, Amsterdam). Vivement colorées, avec des contours nettement dessinés, les formes dansent sur les toiles de Corneille. Dans un style faussement naïf qui n’est pas sans rappeler Gauguin et Matisse, les peintures de Corneille cultivent une rondeur enfantine, où l’imaginaire charnel du corps féminin rejoint le corps félin. Femmes opulentes, chats, oiseaux, soleils, visages en demi-lune et pleine lune simultanées… Ses tableaux sont imprégnés d’Afrique du Nord et laissent poindre des rémanences de mythologies égyptiennes (comme la déesse lionne, Sekhmet).

Corneille : CoBrA (1948-1951), la peinture expressive et les imaginaires féconds

Avec CoBrA, la peinture s’émancipe des contraintes et conventions de l’art moderne pour mieux s’ouvrir aux imaginaires culturels internationaux. Explorer les mythologies, les images des magies et croyances. Si CoBrA est une aventure fulgurante dans le ciel de l’art européen, elle n’en persiste pas moins sous forme d’une longue traîne lumineuse dans le travail postérieur de Corneille. Tout un vocabulaire visuel de la fécondité peuple ses œuvres. Et de la fascination pour les déserts arides (Mexique, Afrique du Nord…) émane une promesse de fertilité, de création. L’arc-en-ciel, signe de pluie irrigante, revient ainsi de manière récurrente dans ses toiles.

Saisir la fugacité du vif au moyen de symboles éternels (figures, couleurs, rythmes)

Si la peinture de Corneille se nourrit des imaginaires culturels du monde entier, elle ne semble en prélever que la partie charnue, la part de joie. Ces tableaux fonctionnent ainsi comme une ode à la force vitale, au féminin, aux fruits édéniques à goûter sans délai. Et paradoxalement, à force de tumultes colorés, d’oiseaux de paradis et de passage, d’arcs-en-ciel et de poitrines généreuses, c’est aussi l’éphémère de la vie qui exsude. Mais le travail de Corneille est également intimement lié à la reconstruction de la scène artistique européenne de l’après Seconde Guerre mondiale. En 1959 et 1964, Corneille participe ainsi successivement à la Documenta II et à la Documenta III. En évoluant au fil de cinq décennies, l’œuvre de Corneille aura ainsi progressivement dépassé la quête des archétypes. Y renonçant même, en un sens, pour se concentrer sur des symboles de joie plus intimes.