Alice Anderson

Alice Anderson

Alice ANDERSON — née en 1972 à Londres (Royaume-Uni). Vit et travaille à Londres.

Alice Anderson est une artiste contemporaine franco-britannique dont la pratique inclut sculpture, performance et vidéo. Elle est surtout connue pour ses objets et structures enveloppées de fil de cuivre. Enveloppements donnant lieu à des performances. Ce faisant, Alice Anderson développe un processus de conservation mémorielle des objets : en les enroulant dans du fil de cuivre, elle les préserve de toute désagrégation supplémentaire. En 2001, la Galerie Yvon Lambert organise sa première exposition personnelle ; en 2013, elle participe à la Biennale de Venise.

Alice Anderson : vidéos et performances, entre contes de fée, tragédies freudiennes et filiation aux cheveux roux

Alice Anderson a étudié à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (1998-2001). Puis au Goldsmiths College de Londres (2002-2004). Film, performances… Une partie de ses œuvres explorent les liens filiaux dysfonctionnels, entre contes féeriques et histoires freudiennes. À l’instar de sa série de films Ma mère (1999-2000). En 2008, sa vidéo The Doll’s Day (basé sur une nouvelle de Carine Cadby), met en scène une jeune fille aux cheveux cuivrés, jouant à la poupée, dans une mise en scène psychodramatique. Elle-même dotée d’une longue chevelure roux cuivré, Alice Anderson explore par son travail le parcours d’une sublimation, au sens freudien. La métamorphose progressive d’un élément mémoriel en création féconde. En 2010, sa pièce Immured consiste ainsi en une vaste sculpture-installation impliquant trois kilomètres de cheveux de poupée roux. Semblant sortir d’une ouverture du mur, en hauteur, une longue chevelure synthétique envahit l’espace.

Sculptures mémorielles et objets enroulés de fil de cuivre : performance, rituel et ‘mummification’

À partir de 2011, les cheveux mutent en fil de cuivre et commencent alors les enroulements. La série des Memorised Objets (2011 – en cours) se décompose ainsi en « objets reconnaissables » et « objets abstraits ». Video Camera, recognisable object (2011), Oil Paint Tubes, recognisable object (2012), Tools, recognisable object (2012), Albums, abstract objects (2012), VHS, abstract object (2013)… Les objets frôlant l’obsolescence sont ainsi convertis, par le rituel d’enveloppement, en œuvres. La gestuelle devenant à son tour chorégraphique, objet de performance. Avec 181 Kilometers (2015), Alice Anderson enveloppe une immense sphère de fil de cuivre. Tandis qu’avec Memory Movement Memory Objets (2015), avec des performeurs, elle procède à l’enveloppement d’une Ford Mustang. Jouant sur les mots et lapsus, Alice Anderson parle de ‘mummification’ (entre maman et momie). De la tragédie des métamorphoses (Arachné) aux contes de fée des frères Grimm (Raiponce)… Alice Anderson joue sur l’inquiétant du portrait de l’artiste en araignée.