ART | CRITIQUE

Christmas Show

PSarah Ihler-Meyer
@04 Jan 2011

Comme l’atteste le «Christmas Show» de la galerie Laurent Godin, à l’heure de la postmodernité l’art sort de sa hotte des œuvres sous le signe de la «postproduction», à savoir du recyclage de signes et d'objets qui lui préexistent.

Loin de l’idéologie du nouveau et de la création ex-nihilo propre à la modernité artistique, les artistes de la postmodernité se situent le plus souvent du côté de la «postproduction», c’est-à-dire de la remise en jeu d’objets, de signes et d’œuvres qui leur préexistent.

C’est ce que semblent signifier de manière littérale et ironique le Pauvre sapin de Sven’t Jolle, reproduction en métal d’un sapin de Noël duquel seraient tombées toutes les épines, les Color Study/Doughface de Mika Rottenberg, soit des photographies de chewing-gums mâchés et remâchés collés sur des plaques de bois, mais également Untitled (hulk) de Haim Steinbach qui présente à côté du buste en plastique du personnage éponyme, apparemment en train de forcer, des objets aux allures d’étrons stylisés.

Plus sérieusement (?), avec Zéro [4] et [5] Claude Closky inscrit sur des feuilles de papier blanc des cercles qu’il sous-titre et titre du mot «zéro», créant ainsi des tautologies qui paraissent réfléchir le Carré blanc sur fond blanc de Malevitch, la I Box de Robert Morris ou encore One and Three Chairs de Joseph Kosuth.

Plus classiques –si tant est que cette catégorie existe dans le genre de la «postproduction»–, Cornucopia #2: Mythological creatures de Scoli Acosta met en scène des figures mythologiques dans un style pictural entre la miniature perse et le Picasso des années 1930, mais aussi Gorgo #23 de Peter Buggenhout, une sculpture réalisée à partir de multiples rebus. On pense pour la première de ces deux œuvres aux artistes de la Trans-avant-garde italienne (1979), pour la seconde, aux pièces de Robert Rauschenberg et des protagonistes du Nouveau Réalisme.

Claude Closky
Trop tôt / Trop tard, 2006. Stylo bille noir sur papier. 2 dessins. 35 x 25,5 cm.
Zéro (4), 2009. Stylo bille noir sur papier. 30 x 40 cm.
Zéro (5), 2009. Stylo bille noir sur papier. 30 x 40 cm.

Haim Steinbach
Untitled (hulk), 2009. Etagère en bois stratifié, jouet pour chien, minuteur, figurine Hulk. 74 x 185,5 x 38 cm.

Gérard Traquandi
Sans titre, 2010. Huile sur papier Japon. 43 x 52 cm.
Sans titre, 2010. Resino-pigment type. 200 x 250 cm.

Peter Buggenhout
Gorgo #23, 2010. Technique mixte (déchets couverts de peinture, crin de cheval, sang, bois, cadre en métal, cuir, cire, polyester, papier, aluminium, polystyrène). 69 x 93 x 186 cm.

Delphine Coindet
Corde, 2008. 1 corde à 13 noeuds en chanvre et lin. 26 mm de diamètre x 5,40 m de long.

Mika Rottenberg
Color Study / Doughface, 2010. Lambda print. 60 x 90 cm chaque.

Scoli Acosta
Cornucopia #2: Mythological Creatures, 2005-2007. Peinture acrylique, graphite, bande aluminium, medium en gel, papier. 180 x 120 cm.
White Pentagonal Monochrome (Tambourine), 2009. Toile, mine de plomb, gesso, bouchons de bouteille, bois. 190,5 x 198 cm.
Murmur (tambourine), 2009. DVD. 2’19” (boucle).

Sven ’t Jolle
Pauvre sapin, 2008. Bois, métal, boules de Noël. 196 x 80 x 80 cm.
Sketchbook drawing – Claire et nette, 2008. Encre et crayon sur papier. 41 x 32 cm.
Sketchbook drawing – Main invisible, 2009. Encre et crayon sur papier. 41 x 32 cm.
Sketchbook drawing (sans titre), 2009. Aquarelle, encre et crayon sur papier. 41 x 32 cm. (x3)
Sketchbook drawing – Le pauvre canard et la grande déconfiture, 2009. Fusain, pastel, peinture à la bombe, encre et crayon sur papier. 40,5 x 51,5 cm encadré.
Sketchbook drawing – Diabolo, 2009. Fusain, sanguine, encre et crayon sur papier. 40,5 x 51,5 cm encadré.
Sketchbook drawing – Savoir survivre ou Chiyoko guidant le peuple, 2009. Aquarelle, encre et crayon sur papier. 41 x 32 cm.
Sketchbook drawing, 2009. Aquarelle, encre et crayon sur papier. 40,5 x 31, 6 cm (encadré).
Sketchbook drawing, 2009. Crayon sur papier. 41 x 32 cm.
Sketchbook drawing, 2009. Aquarelle sur papier. 41 x 32 cm.
Sketchbook drawing, 2009. Encre et crayon sur papier. 40,5 x 51,5 cm (encadré).

Publication
Nicolas Bourriaud, Postproduction, 2003, Presses du réel, Dijon.